Dimanche 25 octobre 2009


pardon pour le québecois fantaisiste...
 

 Rose d'Alsace, le Blog de Marine  Braun, 10 février

- vu dans la Gazette : dimanche, au 5 de la rue Patricia Kaas, à Colmar, Jean Claude Schweizer, négociant en spiritueux,  a eu la surprise, en ouvrant la porte de son garage, de se trouver nez à nez avec un superbe Gnou.

 
les Commentaires

 

 1. Voilà ce que c'est que de boire son fond. Pipistrelle.

 

2. l'idée  de rentrer au pays en stop m'est venue en voyant le film "Madagascar". Le Gnou.

 

3. Pipistrelle et le Gnou, vous n'êtes pas sérieux, imaginez la peur de cette pauvre bête! Sais-tu, Marine, d'où venait l'animal ? A-t-il été correctement traité ? Angélique.

 

4. Encore heureux s'ils l'ont pas pleumé ! Chez nous,  c'est les mermetes qui brettent dans les jardins. Céline, du Québec

 

5. Bonjour Céline, c'est quoi les mermetes ? Eva.

 

6. Il parait que les spécialistes lui ont injecté de l'anesthésiant à distance, et ensuite ils l'ont chargé sur un camion du zoo. Marine.

 

7. Pauvres bêtes, confinées dans des zoos, c'est inhumain. Je vous rappelle que vous pouvez signer la pétition contre les parcs animaliers sur blog de notre association "laissez les libres"  Angélique.

 

8. C'est une sorte de pingouin, ça retourne les poubelles pire que les ours. Et ça bouffe les salades. Céline.

 

9. Et gna et gna et gna. Le Gnou.

 

10. C'est facile, le Gnou, de persifler quand on se dissimule derrière un pseudo. Angélique.

 

11. Parce que tu trouves qu'Angélique ou Eva c'est plus transparent, peut être ?  Erich von Birgenstein.

 

12. Moi c'est simple, je signe Pipistrelle, parce qu'en vrai je m'appelle aussi Marine Braun. Pipistrelle.

 

13. Je m'insurge de la façon dont est relaté cet incident, il aurait pu être grave, la bête était énorme et affolée. Mon épouse a dû s'aliter. Jean Claude Schweizer.

 

14. T'as eu un accompagnement psychologique ? Le Gnou.

 

15. Rigole, petit malin, va donc voir sur face book les photos que mon fils Albert a pris avec son téléphone. Tu vas voir les cornes ! Jean Claude Schweizer.

 

16. C'est full hot que tu sois venu en personne, Jean Claude Schweizer, je te fais un bec. Dis nous comment il était ton Gnou, bleu, ou noir ? Parce que je vois dans google qu'il y en a de deux sortes,

- Le Gnou bleu (Connochaetes taurinus), ou Gnou à queue noire

- Le Gnou noir (Connochaetes Gnou), ou Gnou à queue blanche

Et le noir serait en voie de disparition. Alors magne à voir qu'on l'a pas molesté, ton Gnou. Céline.

 

17. Et toi, le Gnou malin, t'es bleu ou noir ? Angélique

 

18. Je te propose de venir voir toi-même, Angélique. Le Gnou.

 

19. Bon, il est minuit, Monsieur Schweizer, les chums, je vous laisse placotter,  becs à tous. Céline. 

 


Par alinea - Communauté : La récréa - Bigornette
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 octobre 2009

La culture est ce qui reste quand on a tout oublié…

(E. Herriot)

Sur une idée de Jean.

 

En admettant que j'aie  le temps de faire le bagage adéquat, quels livres emmènerais-je sur une île déserte, en prison, ou dans l'au-delà ?

C'est une question que je me pose souvent à moi-même. Vu que personne ne me la pose. Vu que je ne suis jamais interviewée à la télé. Et vu que j'ai une certaine propension à me livrer à des occupations parfaitement inutiles.     

Donc : "le cheval d'orgueil", "la recherche", et "la vie devant soi".

- Oh ! (Là, c'est Jiminy Cricket qui intervient, il faut toujours qu'il se mêle de tout !)

- Oh, quoi ?

- Oh, arrête de frimer, t'es pas à la télé, là. Pas plus tard qu'hier, je t'ai entendue fredonner "c'est pour toi, Lola, que j'me lave sous les bras" (Arno)

- D'accord.

D'accord, je ne vais pas emmener des monuments, à moins d'avoir un semi-remorque pour les bagages susnommés. "La vie devant soi", quand même.

 - N'oublie pas qu'il faudra aussi pêcher dans le lagon, ramasser des noix de coco et faire du feu en frottant des bouts de bois. Et rafistoler le pagne de Vendredi. Pendant un demi siècle, peut être ! Prends plutôt de quoi te soutenir le moral.

Le petit Nicolas, et Vialatte. Et un dictionnaire, évidemment.

Voilà ! Des livres de chevet, qu'on peut ouvrir à l'importe quelle page et y trouver sa provende.

Vialatte, (almanach des quatre saisons) :

Les pères, sont d'une énorme importance. Ils ont joué un rôle presque toujours obscur, mais capital dans la succession incessante des innombrables générations depuis le début de notre espèce... Malheureusement le nombre des pères est en diminution constante. Il est difficile en effet d'appeler pères ces hommes sans barbe  et sans bretelles qui n'ont pas de ventre et ne réclament pas de leur fils le respect de leurs ridicules.

Ou…

Les Anglais ont de longues jambes cylindriques et ligneuses, et ils se reproduisent comme l'homme par viviparité. Ignorants jusqu'au XX e siècle de cette particularité, en raison de la pruderie de la cour, ils l'apprirent par ouïe dire par les confidences d'un garde chasse mélancolique qui écrivit un roman osé dont le succès fut retentissant….

Et je lui parlerais, à Vendredi, de ces pépites que la mémoire charrie en vrac comme des épaves :
 Odeur du temps, brin de bruyère... un trou de verdure où chante une rivière... mon enfant ma sœur… Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur... frères humains,  frères humains… à la septième fois, les murailles tombèrent…

 Pourquoi celles là ? Pourquoi est on foudroyé par tel assemblage de mots, telle image, telle fulgurante évidence de beauté, comme par les coups d'archet au début "du" Requiem ? Grand mystère ! Sans doute cela entre-t-il alors en résonance avec une corde intérieure...

Je lui dirais les mots qui montrent si charnellement le soleil ou la pluie, la terre chaude, le blé en herbe, tout ce qu'il sera si dur de quitter  :

La prune de Jérusalem tombe avec un bruit mou dans le jardin du presbytère. Une guêpe en suce la blessure d’or  (Vialatte)

J'avais aimé à la folie mon passage sur cette terre, le soleil, l'espérance, le bruit de l'eau sur les pierres, les lendemains, ne rien faire, les clochettes des chèvres qui passaient en troupeau le long de la maison blanche, le silence, et les mots (J. D'Ormesson)

Quand le jour se lève comme aujourd'hui, et qu'on a tout perdu, et que l'air pourtant se respire, cela a un très beau nom, femme Narsès, cela s'appelle l'aurore (Giraudoux)

Et puis nous ouvririons au hasard le dictionnaire, pour découvrir chaque fois un trésor : asphodèle, hétaïre, pangolin,  ou rhapsode….

Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle

Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.(V.Hugo)

Asphodèle… si la fleur n'a pas d'odeur, le mot a le parfum des amours défuntes "mon ami, l'air fraîchit, rentrons, voulez-vous ?" dit le fantôme de Louise, ramenant sur sa poitrine le châle brodé d'asphodèles qu'il lui a ramené de Venise…

Voix off qui murmurent des mots, des bribes de beauté, qui se superposent… et finiront  en tourbillon de borborygmes dans le trou du lavabo…

 

Par alinea - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 21 octobre 2009




C'est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l'on sent la musique et le parfum des herbes
Le fromage de chèvre et le pain de froment

Et du Mont-Saint-Michel jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant parler les gens de ce pays

On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il en a gardé toutes les harmonies

Dans cette langue belle aux couleurs de Provence
Où la saveur des choses est déjà dans les mots
C'est d'abord en parlant que la fête commence
Et l'on boit des paroles aussi bien que de l'eau

Les voix ressemblent aux cours des fleuves et des rivières
Elles répondent aux méandres, au vent dans les roseaux
Parfois même aux torrents qui charrient du tonnerre
En polissant les pierres sur le bord des ruisseaux

C'est une langue belle à l'autre bout du monde
Une bulle de France au nord d'un continent
Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
Enfermée dans les glaces au sommet d'un volcan

Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout,
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre les trésors de richesses infinies
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

Et l'Île d'Orléans jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays

On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie

Et de l'Île d'Orléans jusqu'à Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie.

Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009

le titre est proposé par Solange


Le rital de l’aéroport

 

Deux heures de retard.

Pas assez pour retourner à la maison.

Donc poireauter  dans ce lieu que j’exècre.

Rien que penser au mot "avion" me terrifie. Il faudrait me ligoter pour me faire embarquer. Mais il faut bien  venir accueillir les amis, et c'est pourquoi me voilà coincée dans cette  demi- sphère de verre et d'alu perchée dans le ciel, comme un vaisseau de science fiction.

Et l'avion de Judy a 2 heures de retard !

Je m'assois sur un banc de métal rutilant.
Les silhouettes se découpent en ombres chinoises sur la lumière de la coupole panoramique. Peut être que ce ne sont que des ombres, des fantômes d'anciens vols jamais arrivés, ou des figurants qui jouent éternellement le même rôle…

Des hommes d'affaires cravatés : ils effleurent un écran tactile, ou  marchent de long en large, vissés à leur portable. La terre ne saurait tourner s'ils s'accordaient une minute d'inactivité. Peu de familles, on est en période scolaire. Une équipe de sport, il en faut une. Un groupe de retraités dont les valises arborent des autocollants voyants " Djerba, Airpascher ". Migrants accablés qui trimballent d'énormes sacs rayés sur des chariots à bagages. Des patibulaires que tout le monde espère voir embarquer ailleurs.

Je vais à la boutique acheter quelque chose à lire. Un polar en poche, ça convient à la situation. N'importe lequel. De toutes façons j'oublie toujours les titres de ceux que j'ai déjà lus.
Comme je vais prendre "Nina la rouge", un homme derrière moi allonge le bras vers "l'insomnie du chacal" et dit :

- Prenez plutôt celui-là, il vous ira mieux.

Je me retourne vers l'homme. Un italien, bien sûr, je l'avais entendu au soleil de son accent. Mûr, ma non troppo. Des yeux gris dans un visage bronzé, pull en cachemire noir, du genre par exemple à vous convertir illico au café en capsules alors que vous ne prenez que du thé.

Comme il me tend le livre, je reçois une légère bouffée de Acqua Di Gio.

Les play-boys sûrs d'eux ont le don de m'énerver.

- Comment savez vous ce qui me va ?

- Vous êtes une femme raffinée, cela se voit. Et "le chacal" vous plaira, plus subtil que violent.

Un bon point pour lui, s'il avait parlé de mes yeux ou autre détail anatomique, je l'aurais envoyé promener.

- Vous l'avez lu ?

- Mieux que ça, je l'ai écrit !

- Gino del Pozzo, c'est vous ?

-Nul n'est parfait, comme vous dites chez vous… Avez-vous le temps pour un café ? J'attends un ami, mais son avion a 2 heures de retard

- Ah, Amsterdam ?  Moi aussi j'attends ce vol. Volontiers, mais je préfère un thé.

Gino recule ma chaise avec élégance. Un écrivain ! Quand je raconterai cela à Judy !!!!

- Et vous, belle dame, que faites vous, laissez moi deviner… Antiquaire ? Libraire?  Comédienne ?

Je ne suis pas menteuse, mais, de même que les policiers se disent "fonctionnaires" en société, il m'est impossible d'avouer mon métier. Principalement en présence de Casanova en personne. Je suis professeur de mathématiques, et beaucoup trouvent que c'est un tue l'amour garanti. Mais il n'est pas question d'amour, évidemment.

- Je suis illustratrice. De livres pour enfants.

Je ne mens pas tout à fait, j'ai décoré récemment de clips arts  un poème écrit par mon neveu.

- Alors nous sommes collègues ! Parlez moi de votre métier.

- Vous d'abord.  C'est quoi, la vie d'un écrivain ?

Gino est charmant, plein d'humour. Les deux heures passent vite, trop vite. La voix d'outre galaxie qui tombe des hauts parleurs annonce l'arrivée du vol d'Amsterdam.

- Claire, ce n'est pas possible que nous ne nous revoyions pas, je vous note mon numéro de portable sur le ticket de caisse, appelez moi, je vous en prie.

Il pose légèrement sa belle main sur la mienne, et file.

Un peu chavirée, je me rends dans la zone de débarquement, il y a foule et je perds Gino de vue. Qu'importe, j'ai son numéro !

Voilà Judy, épuisée par les péripéties de son voyage. Elle a toujours une foultitude de bagages, je m'attelle à sa grosse valise à roulettes, tandis qu'elle harnache son énorme sac à dos.

Comme nous nous éloignons, j'entends crier "Fausto ! Fausto !". Je me retourne. Bien sûr, c'est l'ami que Gino attendait ! Elle a une somptueuse crinière blond foncé, un blouson de fourrure, un pantalon de cuir, et une silhouette à faire damner tout le vaisseau spatial. Elle se jette sur lui et, hélas, je ne peux que  constater qu'il manifeste le même enthousiasme.

Je fais une boulette du ticket du buffet, et le lance dans une poubelle.

- Allons, dis je à Judy, as-tu des souhaits pour ton séjour ?

 

 

Par alinea - Communauté : Se sentir liVre
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 8 octobre 2009
Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 7 octobre 2009

Cher portable


 


- Salut !
- …
- Ouais. Oh dis donc, c'est un truc que je ne souhaite à personne ! D'avoir des parents comme les miens ! Ça non alors ! Même à mon pire ennemi.
Quoique… à l'ignoble Mélodie, peut être. Et aussi à cette vieille toupie de Selena, et sa crête de punk, à son âge ! Bon, ça, c'est crétin, vu que c'est ma sœur, Selena. On voit où ça l'a menée d'avoir des parents comme ça ! " Pandora et Selena, les filles Alien, vous connaissez ?" Heureusement les copains croient que ce sont des noms de série télé ! S'ils savaient ! Mortes de honte on serait, la Sélène et moi.
Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents Hellénistes. Hellénistes distingués on dit. Faut croire qu'il n'y a pas d'Hellénistes vulgaires. Selena, elle est née quand le pater finissait sa thèse "survivance des rites séléniens dans l'Athènes de Périclès". Kévin, il dit qu'on l'a échappé belle, on aurait pu s'appeler Mnémosyne et Tisiphone.
 -…
- Kevin! Mais si, tu sais bien, mon cousin, celui qui se la pète en moto, avec des dreadlocks supercrados et des ti shirt à triskel.
-...
- Ah, tu vois qui ?
-...
- Non je sais pas pourquoi le triskel ; il dit que c'est la marque de sa tribu, mais je crois bien qu'il est tout seul dans sa tribu. Ça empêche pas qu'il s'est fait étriller samedi dernier derrière le phare, par une autre tribu. Les "antimatière". Eux ils sont deux. Parait que l'endroit est à eux, ces nases. Il la ramenait pas après ça, le Kevin, tout péteux et pantelant, ils lui ont bombé sa moto, dis donc !
Pour en revenir à mes parents, tu sais ce qu'ils m'ont fait, hier ? M'ont carrément oubliée. OUBLIEE. Devaient venir me chercher après la repet' de "Ophélie et les asphodèles". M'ont oubliée. Pas de manteau, pas de change ! Ils étaient repartis avec mon sac en me déposant à la bourre.
Me suis retrouvée dans le métro en tutu, les chaussons trempés ! Rigole pas, c'est pas drôle. Et deux grands imbéciles en costard sont venus me serrer de près, un de chaque côté, pour se foutre de moi.
Et tu sais où ils étaient les parents Alien pendant que je me tapais en tutu l'aftershave des deux gugusses ? Eh ben madame Alien était chez Papy Alien qu'a un ictère
- …
- Un ictère ! Une cirrhose si tu veux.
Et monsieur Alien baladait dans le 16e la pétition pour la sauvegarde des mots anciens, tu vois l'urgence… des mots qu'on dit plus depuis Vercingétorix, mais qu'il est INDISPENSABLE de remettre en service au plus vite : "argousin, peccamineux "… À côté de leurs pompes je te dis ! Mais " gourgandine", et "lupanar", ça a un petit air bio tu trouves pas ?
Pu… non ! Gourgandine ! déjà 9 heures, j'raccroche, j'vais louper le cours de Frankenstein !  Salut, à c'soir, c'est toi qu'appelles, hein ?

Par alinea - Communauté : mémoire et écritures
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 1 octobre 2009


La première phrase est proposée par Pélagie


"Et voilà qu'elle met ces quelques objets dans la valise : des bricoles, des presque riens, mais qui représentent toute sa vie !!"

Marielle la contemple, fascinée.

- Christine, tu n'auras pas besoin d'une poêle.

- Ce n'est pas UNE poêle, c'est la poêle pour les crêpes. Tu sais comme les petits aiment ça. ET mon livre de pâtisserie, parce que tu sais bien, je ne sais jamais s'il faut mettre la farine dans le beurre ou le contraire.

Elle pouffe.

Elle entasse encore. Deux paires de pantoufles, des grandes brodées "TOI" et des petites "MOI"

- Tu n'as besoin que des tiennes, murmure Marielle à sa sœur, s'attirant un regard courroucé.

- Et ma robe de soirée, où est elle ? Ah la voilà. Parce que tu sais, il est probable que le commandant va nous inviter à sa table.

Passe moi le portrait de grand père.

- Mais enfin, Christine, il est immense ; en plus tu ne l'as même pas connu. Attends, si tu veux, je te cherche une petite photo dans l'album de Maman

- Pas question, c'est celui là que je veux, je l'ai toujours vu là sur le mur. J'en ai besoin.

- Pas le cendrier chinois, quand même ! Tu ne fumes pas. Et la boite à boutons, Christine, je t'en prie.

Christine s'assied sur la valise, dans l'espoir vain de la fermer.

- Il me faut une autre valise.

Et soudain elle se fige

- Oh, Marielle, ma chérie ! Qu'est ce que tu t'es fait au visage?

Une longue estafilade strie la joue gauche de Marielle, s'arrêtant à quelques millimètres de l'œil, là où sa sœur l'a balafrée au cutter, il y a deux semaines.

Mais celle-ci s'affaire à nouveau. Marmonne au sujet d'un porte documents. Puis s'étonne :

- Mais qu'est ce qu'ils font dans ma chambre, ces deux là ?

La patience des aides soignants a des limites.

- Allez ma petite dame, on y va, on reviendra chercher le reste demain !

 

Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 26 septembre 2009

 



La première partie du voyage, impec ! Pas trop de monde encore. Juju dort comme un bienheureux.

Trop beau pour durer. Au péage de Brise les Banesse, le voila qui se met à hurler à pleins poumons.

- Ah, s'il te plait, fais taire ton fils, dit l'homme.

- Ah oui ? et comment je fais taire MON fils ?

- Donne lui son Barnabé.

- Barnabé ? Barnabé, Barnabé, où il est Barnabé ? Tu l'as mis où son Barnabé ?

- Ecoute je conduis, zut, cherche, il est sans doute tombé.

- Non il n'est nulle part. Quand même c'est toi qui as installé le petit.

- Mais c'est toi sa mère, non ?

- Ça c'est l'argument qui tue ! Patrick ? Patrick, retourne, il va pas pouvoir passer quinze jours sans Barnabé…

- Retourner ? ça va pas, non ? 200 bornes plus 200 ; ça fait 400, tu te rends compte ? Juju, la ferme !

- Parle pas comme ça à Juju, c'est pas de sa faute !

- C'est la faute à qui ? Qui est ce qui a téléphoné à sa mère pendant une heure au lieu de vérifier les bagages ?

- Patrick, qu'est ce qu'on fait ? mon Juju pleure pas, s'il te plait, tais toi… Tu vas voir, la mer c'est chouette, il y a des petits crabes, on va faire des pâtés…

- JE vais faire des pâtés pendant que tu feras ta bronzette…Mais fais le taire ! Ecoute, j'en peux plus, on s'arrête à la prochaine aire de repos, tu prendras le volant et je m'occuperai de mon fils.

- D'accord.

C'est pas croyable les ressources d'énergie contenues dans un si petit bout de chou. Nous descendons, Juju toujours couinant, de façon pathétique maintenant, hoquetant, son petit visage congestionné et tordu de détresse, suivis par le regard suspicieux d'un couple de Hollandais entre deux âges qui saucissonnent sur une des deux tables en bois grisâtre de la petite aire. Nous nous installons sur l'autre.

- Tiens Juju, regarde le bel escargot, il est pas beau l'escargot à son papa ?

Juju tend la main vers la bestiole gluante et s'arrête brusquement de pleurer.

- Tu vas pas lui donner ça, c'est dégoûtant !

- Dégoûtant peut être, mais ça lui plait.

Juju est visiblement sous le charme. Il pelote l'escargot dans tous les sens, le met à sa bouche.

- C'est sale, Juju, donne à maman

Juju pousse un cri strident. Je lui rends l'animal. Juju est ravi, accepte son biberon…Nous voilà repartis. Juju s'endort, serrant la chose baveuse dans sa menotte potelée.

Ce qui m'évite provisoirement d'avoir à avouer que je viens de retrouver Barnabé dans le sac où j'ai rangé les pulls au dernier moment.

 

Par alinea - Communauté : La récréa - Bigornette
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Mercredi 23 septembre 2009

le début est proposé par Nadine



(Le Fantôme de l'Opéra de Paris  vient d'arriver a l'Opéra de Detroit)  

Le chef lève sa baguette et...celle-ci se recourbe gracieusement comme la tige d'une tulipe fanée.

En même temps, les cordes font des noeuds, les bois se tordent comme des boas, le triangle s'arrondit.
Matière molle.

La violoncelliste bouddhiste, le pianiste exhibitionniste, le flûtiste cryptocommuniste, la harpiste idéaliste, le cornettiste naturiste, le trompettiste pessimiste, le hautboïste unijambiste  et les violonistes tristes restent cois.

Quoi ? Cois.
Silence.
Pas un son.
Pause.

Derrière le rideau, la grande haridelle qui joue Giselle devient toute blanche et fait une syncope. Glissendo.
Octave le régisseur, pris de peur, fait une fugue.

Contretemps majeur.

Un soupir d'impatience monte de la salle. Un trio laid est secoué par une  quinte nerveuse.

Les choristes syndicalistes se lèvent. Ils se sont trompés de jour, ils croyaient qu'on donnait Aïda .

Dans les cintres le fantôme se lasse. Il tape le velours rouge de son éventail (il n'a pas eu le temps de se changer depuis le chevalier à la rose qu'il a perturbé à Berlin), et part s'enfiler une absinthe au bar. C'est pas tout ça, il doit encore faire le Met et les émirats dans la soirée.

La baguette se redresse, les cordes se tendent, slancio ! Giselle se met à gambader gaiement.

Un petit canard passe inaperçu, c'est Annette, la brunette à lunettes qui ne retrouve pas le do de sa clarinette.

Beau succès dira la presse demain, malgré quelques bémols : le tuba un peu bas, le basson molasson, trop de sanglots longs chez les violons, galipettes des trompettes dans les grimpettes, mais les cors étaient raccord, et le violoncelle a fait des étincelles...

 

Par alinea - Communauté : Se sentir liVre
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 23 septembre 2009
hélas l'épatante vidée de Poiret et Serrault qui figurait ici a été supprimée. Il ne reste accessibles que quelques extraits

Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 21 septembre 2009

Le début est proposé par Serge




C'était le soir de Noël... blanc, froid, plein de petites lumières partout... Il avait décidé de partir. Définitivement

Il en était sûr depuis quelques minutes.
Depuis que ce gamin avait refusé de monter sur ses genoux pour la photo. Il y en avait souvent qui refusaient, qui hurlaient, ou enfouissaient leur tête dans le manteau de leur mère. Mais celui là, minuscule dans sa parka rouge, était resté froid, son regard de petit dur fixé dans le sien.

- Mais enfin, Gaël avait dit la mère, pense à grand-mère, elle sera ravie d'avoir ta photo avec le père Noël. Pourquoi ne veux tu pas y aller ?

- Il est gros et moche, avait répondu le gosse.

- Excusez le, avait bredouillé la dame avant d'entraîner son sympathique rejeton.

Petit con.

Qui ne faisait que résumer sa vie.

Gros et moche.

Gros, moche, et chômeur.

Gros moche, chômeur et diplômé.

Diplômé, mais gros. Recalé à tous les entretiens.

Obligé de faire le père Noël : un mois de demi-salaire Ensuite il avait un engagement pour tenir la caisse d'une remontée mécanique à la neige. Deux mois de bon. Ensuite rien jusqu'à la cueillette des fraises, du moins si on ne le trouvait pas trop gros. Trop gros, trop lent.

Il n'en pouvait plus des chants de Noël, petits chanteurs à la voix d'ange, crooners emphatiques. Marre de tout ce sirop.

- Vous pouvez prendre les jumelles en même temps ?

Bien sûr qu'il peut. Il y a toute la place qu'il faut !

Il sourit, il prend son air de "bon gros". Un gros se doit d'être jovial. C'est là qu'on l'attend, c'est ainsi qu'on l’accepte. Il a compris ça depuis l'école, Bruno, dit Bouboule, ou Bibendum. Gros bide au collège, parce que c'est au collège qu'on est le plus cruel. Né pour mettre de l'ambiance, de la gaîté. Confident aussi…

Terminé. Ça va changer. Bruno a compris ça au moment même où le sale gosse l'a rejeté Il va partir. Au soleil. Dans un pays où son diplôme de gestion sera bien accueilli. Il fera fortune. Il aura un costume blanc qui fera ressortir son bronzage. Les femmes le trouveront beau.

Tino Rossi pour terminer. Du vestiaire où il accroche sa houppelande, pour la dernière fois, pense-t-il, Bruno regarde les lumières, les automates qui gambadent sur des montagnes en plastique. Cela fait des années que Noël n'est plus blanc que dans les vitrines. Dehors il pleut. Mais là bas, là bas…

La sonnerie de son portable le fait sursauter.

- Oui Maman, je rentre. Oui j'ai mon imper. Une baguette ? je ne vais pas en trouver à cette heure, mais il reste du pain coupé. On le fera griller pour le foie gras que je te ramène.

 

Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 16 septembre 2009

L'effet papillon


les premiers mots sont proposés par Françoise (référence au poème d'Apollinaire chanté par Léo en fin de ce texte)


Un soir de demi-brume à Londres, un mardi de novembre précisément, à 19 heures,  Mary Butterfly monta dans l'omnibus près de Regent square.

Un homme maigre,  noir de poil, debout dans la voiture, émit un sifflement insolent à la vue du bord de son jupon à trou-trous[*]. Le regard que le voyou lui jeta lui fit baisser les yeux de honte.

Mary s'assit à côté d'un vieil homme dont la proximité lui paraissait rassurante. Elle devinait à sa mise qu'il était étranger : pas de chapeau, mais une longue écharpe rouge qui faisait deux fois le tour de son cou, sur un pardessus de bon faiseur, mais élimé jusqu'à la corde.

Mary serrait contre elle un petit panier dans lequel une cotonnade immaculée recouvrait des bas troués, et une chemise à l'ourlet défait. Elle y avait mis à l'aller les travaux de couture qu'elle avait livrés comme chaque quinzaine à Madame Abercromie, qui habitait au 10 de la Redhill street.

La brave dame était si contente de ses services qu'au billet d'une livre que Mary serrait dans son gant, elle ajoutait toujours le prix de la course en omnibus, ce dont la jeune fille lui était infiniment reconnaissante. 

Ce mardi elle avait tenu à ce que Mary prit le thé avec elle,  ce qui expliquait l'heure tardive de son retour. Elle n'avait néanmoins pas osé refuser. Madame Abercromie, dont la vue était déficiente, s'ennuyait beaucoup depuis la mort de son mari. Elle aurait aimé que la jeune fille devint sa gouvernante. Mais Mary devait s'occuper de Granny Beth, avec qui elle vivait dans une petite maison de briques non loin de la Tamise.

A côté d'elle, le vieil homme chantonnait doucement, et si  elle ne comprenait pas les paroles, elle en ressentait  la mélancolie

Les dimanches s'éternisent, et les orgues de Barbarie sanglotent dans les cours grises*

Le voyou la dévisageait toujours effrontément. Elle priait pour qu'il descende avant elle. Hélas il sortit avec elle à Aldgate. Elle avait encore un bout de chemin à faire à pied dans des rues sombres, où les maisons semblaient tomber en vagues de briques noircies. L'homme lui avait emboîté le pas.

Elle pressa l'allure, lui aussi. L'angoisse la saisit. Elle se prépara à lui donner son panier. Mais il ne se contenterait pas de cela, il lui faudrait aussi de l'argent ! Des histoires horribles couraient sur ce quartier de White Chapel.

Une femme sortit saoule d'une taverne. "Jack" cria-t-elle à l'homme à la moustache noire. Mary se retourna. L'homme semblait hésiter, mais la femme l'avait enlacé. "Jack, viens donc, j'ai une surprise pour toi"… Le voyou se laissa entraîner. Mary reprit sa respiration dans une encoignure. Puis retint un petit cri  quand un rat passa entre ses pieds.

Courant presque, elle atteignit Gower's walk. La nuit était tombée maintenant.  La rue était déserte, et un lampadaire tremblotait dans son halo laiteux. Encore quelques pas, elle arrivait enfin chez elle. La vieille Beth dormait la bouche ouverte sur le fauteuil décrépit. Malgré son châle épais, Mary Butterfly grelottait.

Elle éternua violemment.

 

Au même moment, découvrant sa crinière rousse et bouclée, un coup de vent subit emporta la grosse casquette à carreaux d' Angus O'Brian, ventre creux et sourire aux lèvres, qui sortait de l'échoppe de cette canaille de Billie Jones, sur Greene Street, où il venait de mettre en gage son saxophone pour la troisième fois. Il avait vingt quatre ans et se sentait immortel. Un petit soleil froid éclairait Manhattan.

 

Encore ce sacré effet papillon, qui s'efforce depuis des millénaires, et, il faut bien l'avouer, en dépit du bon sens, de réunir les moitiés de pomme éparpillées sur la planète.


(à supposer que vous ayez l'humeur primesautière) 

 


[*] En Français dans le texte

Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 16 septembre 2009
Par alinea
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 12 septembre 2009


l'introduction est proposée par Joëlle

- Très chère… vos homards bretons étaient parfaits ! Certes ils avaient beaucoup voyagé mais votre mayonnaise africaine a beaucoup aidé. Belle âme et tête sublime, j’aimerais tant pommader votre chair de cette sauce crèmeuse d'oeufs, d'huile et de moutarde et broyer vos os si délicats avec une pince à crabe toute de vermeil. Je vous dégusterai alors par petits bouts gourmands, tout en finesse sur un lit d’asparagus et nous serons comblés… Très chère dites-moi oui.

 

- Je me demande, Gonzague,  s’il ne faudrait pas vous interdire le champagne. Vous délirez, très cher, après deux coupes.

Et il passe alors, dans vos yeux gris, vos beaux yeux gris - vous rappelez-vous comme je les aimais, vos yeux, Gonzague ? - il passe dans vos yeux comme un voile glauque, peut être l’aboutissement de tous ces siècles de consanguinité. Votre sang bleu vire au glauque, Gonzague.

Vous rêvez de broyer mes os, très cher, Taïaut ! Moi je verrais bien votre belle tête à côté de celles des cerfs et sangliers que vous avez achetées  à la brocante pour décorer les murs. Un peu mitées, d’ailleurs. Cela vous siérait à merveille, j'ai toujours trouvé que votre visage a quelque chose de l’austérité mélancolique de l’élan du Canada.

Nonobstant vos fantasmes de meurtre érotico-gastronomique, suggèreriez-vous, Gonzague, que mes homards n’étaient pas frais ? Ils viennent de chez Vraichon, "à la fraîche nasse", la crevette au prix du caviar.

Demain vous aurez des radis.  

 

- Huguette, votre temps de parole est dépassé…

 

- Exact, mon ami. C'est donc à vous. Passez moi le rince doigts, je vous prie.

Par alinea - Communauté : La récréa - Bigornette
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 10 septembre 2009

La première phrase est proposée par Vianney



C'est donc ici que je vais mourir. Dans cette chambre. Avec vous. Vous qui serez ma dernière rencontre…

Je suis désolé, Marcelline. Mais je ne pouvais pas prévoir que vous alliez entrer dans ma chambre avec un passe  pour faire le ménage.  Vous comprenez bien que je doive vous garder avec moi. Vous le comprenez, n’est ce pas ? Vous avez vu mon flingue, et il n’est pas question que vous sortiez. Vous iriez aussitôt piailler dans le couloir. Il ne me reste que quelques minutes, une heure tout au plus. J’ai vu leur voiture en bas. Ils doivent être en train d’explorer les deux hôtels de la place. Donc ça ne durera pas longtemps, Marcelline. Mais j’y tiens, à ces quelques minutes.

C’est pourquoi je vous ai bâillonnée et attachée derrière le lit. Ça n’est pas très confortable, excusez moi, mais quand ils entreront, ils ne feront pas le détail, alors derrière le lit, vous serez plus en sécurité. Je tiens à vous Marcelline. Vous êtes la dernière personne à qui je peux parler.

N’ayez pas peur, je ne vous ferai aucun mal, vous êtes actuellement ce que j’ai de plus précieux au monde. J’espère que vous vous en sortirez, Marcelline.

Vous devez penser que je devrais téléphoner, appeler le standard ? Allons donc,  vous pensez bien qu’ils y sont déjà, au standard.
Ou la police avec mon portable ? Me faites pas rire. La police, c’est eux. Mais les sommations et tout le bazar, n’y comptez pas, on n’est pas à la télé. Ils ne feront pas de quartier, moi non plus, je n’ai plus rien à perdre.

Vous ne pouvez pas me répondre, mais cela ne fait rien. Il est probable que si je vous avais rencontrée avant, je ne vous aurais même pas vue. Vous n’avez rien de particulier, Marcelline. Rien qui séduise, rien même qui attire le regard, vous êtes aussi transparente que votre chariot à balais. Sans votre badge, je ne saurais même pas votre nom.

Vous ne devez pas être bien heureuse, Marcelline, n’est ce pas ? Laissez moi deviner. Votre mari vous a quittée il y a bien longtemps, et vos enfants se moquent pas mal de vous, c’est bien ça ? Peut être que vous buvez un petit coup le soir pour le  réconfort ? Une vie de merde quoi. J’en voulais pas, moi, de cette vie là. Vous me direz, c’est pas une réussite. Je l’ai même pas eue, la grande vie.

Tiens je vais vous demander quelque chose, Marcelline, vous pouvez pas refuser d’exaucer mon dernier souhait. Vous irez voir Simone Velicci, 3 impasse des  Bourdons. Ce n’est pas loin, c’est chez elle que j’allais quand j’ai repéré leur bagnole. Dites lui que j’allais chez elle. Dites lui ça, oui seulement ça. C’est ma vieille. Peut être que ça lui fera plaisir si elle se rappelle de moi. Dites lui qu’il y a un bon paquet de fric dans le sac de la moto que j’ai laissée chez Francis. Elle sait où. Ça, par contre, je suis sûr que ça lui fera plaisir ! J’aimerais vous dire qu’elle partagera avec vous, Marcelline, mais je la connais, cette vieille radine.

Mais j’y pense, dites lui que vous irez à la police si elle ne le fait pas.

Voilà, finalement c’est la chance qui vous a fait entrer dans ma chambre, Marcelline, vous allez pouvoir vous acheter un beau petit appartement ! Après tout, vous êtes la dernière femme de ma vie.

Couchez vous, Marcelline, ils sont là

Par alinea - Communauté : mémoire et écritures
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

  • : le blog d'Alinea
  • : mots, images, et sons........ les images sont des peintures et photos personnelles. La plupart des portraits sont peints d'apres des photos du web, s'il y a un probleme de droit à l'image, me le signaler, l'image incriminée sera supprimée, ou le lien vers l'auteur de la photo ajouté, si tel est son choix
  • Contact
  • Recommander ce blog

mode d'emploi

pendant tout l'été, chaque jour une nouvelle histoire
Ensuite Alinéa écrira à partir des introductions que vous lui proposerez (voir
http://eperluette.over-blog.com/article-35610557.html)

Utilisation des textes

pour l'utilisation ou la reproduction  des textes, ou tout commentaire (bienvenu) , contacter l'auteur (formulaire de contact dans "présentation", colonne de droite).

Recommander

Rechercher

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés