Publié le 14 Janvier 2017

voyelles...

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu.

 

Pas de jaune.

Pas de Y.

 

A noir, comme le p’tit, au comptoir.

Il est terrible, le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain…

Eteins, veux-tu, que je caresse par cœur l'idée de ta peau blanche.

 

Blanc le E, et celui de l'œil.

Ou de l'œuf dur, qui sans mayo n'a pas de goût.

Blanc comme le bec, le mariage, le fer, et le drapeau...

 

Drapeau bleu comme la grande, blanc comme le petit, et rouge comme le gros.

(Jolie famille !)

 

Bleu est le O, dit Arthur.

Bleus les O, et les bas,

le sang, le cordon, et les casques.

 

U Vert comme le feu rouge,

l'habit et le billet.

Sans odeur, selon Vespasien.

 

Vraiment le I, tu vois rouge, Arthur ?

Pour le taureau, rouge, ou vert, c'est kif kif.

Es lo mismo ! C'est vache.

 

Pas de jaune, Arthur ? Que des pages blanches ? noircies dans la fièvre...

T'aurais pu voir jaune le I grec ? ils rient jaune, les Grecs quand on parle d'Europe….

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #vaguement poétique, #pochade

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Publié le 6 Janvier 2017

seriez vous tentés par un petit jeu à la façon de Pérec ?

https://img.over-blog-kiwi.com/0/66/73/70/20161221/ob_57f738_plaque-perec.JPG

crédit image Parisette clic

 

par exemple en réécrivant un conte ou une fable, récit  dans lequel une voyelle aurait  disparu ?

(exemples dans l'article ci dessous réédité)

il suffit de poster votre proposition dans un com ci dessous

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #jeux d'écriture

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Publié le 6 Janvier 2017

réédition

parler du nez, c'est mission impossible après les géants

mais on peut s'amuser

 

Parler du nez sans utiliser la lettre E

Discours du blair

Il avait un grand, un grand…

Un grand blair, oui,

Fort long

Un roc, un pic, un cap

Un pif à piafs !

Humant blizzards, aquilons,

mistral aussi parfois,

il guidait marins ou paysans.

Un vrai gnomon aussi :

Rubicond, il indiquait

Trois pastis un quart,

soit midi.

Ninon, qui passait par hasard

Un soir fort tard

"Aux trois canards"

S'y accrocha sans façon,

Pour toujours ...

Un grand blair, dit-on,

vaut bon contrat d'amour

 

Parler du nez sans utiliser la lettre A

 

Disons-le tout net : pour votre nez, vous pouvez remercier père et mère.

Cette bosse, sur un nez grec, c'est moche, sur un bourbon comme le vôtre, c'est horrible.

Et de profil, le bout touche le menton.

Hi Hi, vous nourrir doit relever de l'exploit !

Que dites-vous ? c'est un confrère qui vous fit ce nez ? Misère, c'est criminel !

Comment ? Plus fort ! Ok c'est difficile pour vous de prononcer, j'en conviens.

Quoi ? Ce nez, c'est mon oeuvre ? Et vous me poursuivez en justice ?

Quelle honte ! une minute : je relis le dossier. De votre nez trop fin, impersonnel, je fis celui-ci, délicieusement recourbé, et vous êtes mécontente ?

Poursuivez donc, très chère, si vous l'osez : mon frère est procureur, mon père au ministère, et mes fils sont boxeurs !

 

Parler du nez sans utiliser la lettre I

 

Ah belle Cléopâtre, du vôtre encore on jase.

Vous menâtes par le nez tous les beaux généraux

de la grande Rome, en seyante jupette.

Partout, en toute époque, combattant au repos

Réclame amphores et almées. Alors, ce nez,

Peut-être que plus court, peut être que plus long…

Allons, Pascal, du flacon, on se fout, pourvu…

 

Parler du nez sans utiliser la lettre U

 

- Oh oh oh ! Votre majesté est admirable montant ce gros baril comme cheval ardent!

La majesté de Votre Majesté, ainsi fièrement cambrée, dépasse celle de Napoléon devant le pont d'Arcole.

En avant ! semble dire votre trogne, resplendissante comme l'ostensoir de la chapelle.

En avant, nez cramoisi, vers l'olympe de Dionysos, la vigne sacrée, le nectar des amygdales, l'ivresse des riches, l'amnésie de la misère.

Enfin roi, le pinard !

 

- Bon Marcel, je comprends ta fierté d'avoir été fait ce matin chevalier de taste vin de Cigalon les olivettes, mais là, stop ! J'ai fait dix photos, tes potes apprécieront ; mais le repassage n'attend pas !

 

Parler du nez sans utiliser la lettre O

 

Il en avait du flair, l'inspecteur Labavette !

Et du nez, il en faut, dans certaines enquêtes.

C'était un fin limier, et il avait du pif.

Il reniflait la piste du tapin et du kif

Dès qu'un de ses indics le mettait au parfum.

Quelques bavures, inévitables dans ce turbin

(car qui n'a jamais eu un verre dans le nez ?)

Une manière musclée de tirer les vers du nez…

Mais l'un dans l'autre il eut une carrière exemplaire.

Et sans ses supérieurs, qui l'avaient dans le nez,

Sa fête de retraite fut restée légendaire,

Avec du vrai champagne, et même des canapés

Au lieu de cacahuètes et de verres en papier…


—Voilà ce qu'à peu près, Edmond, vous m'auriez dit
Si vous aviez eu moins de lettres et d'esprit ...

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #jeux d'écriture

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Publié le 3 Janvier 2017

Ma vie avec Mozart par Eric Emmanuel Schmitt (extrait)

 

Cher Mozart,

 

C’était hier.

Alors que la ville ployait sous Je vent et la neige, tu m’as surpris au détour d’une rue. Les larmes que tu m’as arrachées m’ont réchauffé d’une façon essentielle, le visage autant que l’âme. ]’ en tremble encore.

Noël avait jeté sur les trottoirs des centaines d’humains affolés à l’idée de manquer de cadeaux et de nourriture lors des festivités à venir. Les mains chargées de sacs qui formaient autour de moi une corolle multicolore, bruissante et enrubannée, j’avais l’impression d’avoir changé de siècle, de sexe et de porter une large robe à crinoline Napoléon III dont le volumineux jupon contraignait les passants à sauter sur la chaussée lorsqu’ils me croisaient.

Sous un ciel bleu-noir, les flocons flottaient dans l’air du soir, suspendus, hésitants, alors que les vitrines se réchauffaient d’éclairages orangés. Accaparé par une frénésie d’achats, je courais, les pieds gelés dans mes bottines humides, d’une boutique à l’autre, inquiet devant chaque caisse de me trouver à court d’argent, fier d’en avoir assez, me répétant vingt fois la liste de mes invités pour m’assurer que chacun recevrait son présent, désamorçant les réactions de susceptibilité. Si l’on décernait un diplôme au meilleur dépensier à la dernière minute, j’aurais pu postuler. Une fois que mes sacs eurent englouti l’ultime cadeau nécessaire, je songeai à me réfugier dans un taxi pour rentrer et je trottai vers une station.

C’est là que tu intervins.

Une musique me fit pivoter ; une chorale chantait.

Il y avait dans l’air quelque chose de probe, de recueilli qui m’immobilisa.

A cause de la neige, je ne pouvais poser mes paquets au sol par crainte que l’humidité ne les amollisse ; je demeurai donc debout, les bras chargés, les épaules lourdes, les paumes sciées, à me laisser pénétrer par le mystère qui envahissait l’espace.

Quelques secondes plus tard, les larmes jaillirent de mes paupières, violentes, chaudes, salées, sans que je puisse les essuyer.

……

Sur les marches, réfugiés sous les ogives qui les protégeaient des flocons, les chanteurs, collés, anorak contre anorak, des glaçons en formation sous les narines, émettaient de la buée chaque fois qu’ils ouvraient la bouche. Je m’approchai et les voir redoubla ma surprise ; était-il possible qu’un chant si beau sorte de ces faces sexagénaires, aux allures rustiques, à la peau rissolée, aux traits creusés par les années ? D’une chorale de vieillards naissait une musique ronde, neuve, lisse comme un bébé qui sort du bain.

J’avisai la partition du chef : Ave, verum corpus de Wolfgang Amadeus Mozart.

…..

Insistant, mélodieux, d’une douceur inexorable, tu me contraignais pourtant à un examen critique. Pourquoi fêtes-tu Noël ? me demandais-tu. Pourquoi dépenses-tu tant d’argent ? Les réponses arrivaient à ma conscience et me faisaient peur. Alors que je me croyais bon depuis le matin, je découvrais que j’étais surtout très Content de moi : j’effaçais l’égoïsme qui avait réglé mon comportement durant l’année, je compensais en cadeaux les intentions que je n’avais pas eues, les coups de téléphone que je n’avais pas rendus, les heures que je n’avais pas consacrées aux autres. Au lieu de rayonner de générosité, je m’achetais une tranquillité d’âme. Ma frénésie de dons n’avait rien d’évangélique : un placement précis pour m’acquérir une bonne réputation. Je ne souhaitais pas la paix, je ne désirais que la mienne.

Or tu me rappelais que nous fêtions la naissance d’un dieu qui parle d’amour...

Alors, peu importe que j’y croie ou non, à ce dieu ; dans la mesure où je m’autorisais à fêter Noël, au moins devais-je célébrer l’amour...

J’ avais compris.

A la fin du morceau, bien que pesant toujours aussi lourd dans mes paumes déchirées, mes paquets avaient un sens différent : ils étaient lestés d’amour.

Le chœur apaisé qu’avaient exhalé ces vétérans, il me désignait un monde dont je n’étais pas le centre mais dont l’humain est le centre. Il exprimait une attention des hommes pour les hommes, un souci quant à notre vulnérabilité, notre condition mortelle. Voilà ce que disaient les tortues en bonnets de laine sous les portiques de Saint-Jean.

Dans la nuit obscure de l’hiver et de la chair, nous étions frères en fragilité. Tu me révélais qu’il y avait un univers purement humain, établissant ses propres fêtes, ses règles, ses croyances, ses rendez-vous où les voix s’enlacent en harmonie pour délivrer une beauté qui ne peut naître que de l’accord, de l’entente, au prix d’une recherche commune, d’un but consenti, d’une émotion partagée ... Surgissait un monde parallèle à la nature, celle-là même que le gel, le froid, la nuit pouvaient anéantir. Un univers inventé, le nôtre. - Cet univers-là, par ta musique, tu le reflétais, tu le dessinais. Peut-être le créais-tu ?

A ce royaume - au-delà du christianisme et du judaïsme, indépendant des religions -, je voulais croire. Aujourd’hui, je ne sais si Dieu ou Jésus existe.

Mais tu m’as convaincu que l’Homme existe.

Ou mérite d’exister.

 

Ave, verum corpus, sur des images de pictozoom

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Publié le 1 Janvier 2017

Rédigé par Emma

Publié dans #divers, #fantaisie

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Publié le 20 Décembre 2016

jeu  d'écriture (logorallye) pour miletune

 

En même temps qu'elle apportait  solennellement  la bûche, Maman coupa la lumière.

Instant magique : la pièce n'était plus éclairée que par les flammes du poêle à bois et la lueur bleutée intermittente de la guirlande de leds sur le sapin en plastique ignifugé.

Par précaution la crèche était momentanément enfouie sous du papier rocher, pour éviter les habituelles diatribes de Papy Robert, libre penseur canal historique.

Au pied du sapin, un grand carton rouge affichait la touchante prière de Miss France, soigneusement calligraphiée à l'encre dorée par Léa :

 

Merci la vie

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté

Que chacun mange à sa faim, boive à sa soif !

 

Sous laquelle une main sacrilège avait ajouté subrepticement au feutre noir :

 

AVEC  MODERACION

 

Le père Noël pouvait entrer.

Il entra, l'échine courbée sous un gros sac mou qui s'appelait "la hotte".

Jojo nota qu'il n'avait pas recousu la fourrure qui pendouillait déjà de sa capuche l'an dernier.

- Voilà les cadeaux ! dit le père Noël avec la voix rocailleuse de Nounours dans bonne nuit les petits, mais joyeuse malgré la fatigue qui devait être la sienne.

Il s'assit sur le fauteuil préféré de Papa et renversa le sac sur le tapis.

Après distribution on fit le constat :

- pour papy Robert, un chapelet en bois brut dans un pochon de commerce équitable.

- pour Tante Adèle, fervente vegan, la réédition à tirage limité de "83 façons de cuisiner le bœuf".

- Maman et Tonton Boule, l'une souffrant d'insomnies, l'autre d'un excès de poids, avaient droit respectivement à "apnées fatales" et "manger tue", de la collection "DANGERS MORTELS" du docteur Lajoie.

- Léa, qui occupait deux chaises à cause du gros plâtre sur sa jambe droite, avait reçu une corde à sauter.

- Jojo, qui, par pure curiosité scientifique, avait soigneusement pilonné au marteau celui de l'an dernier, écopa d'un Rubik’s Cube.

 

Devant tant de cruauté, chacun n'était pas loin de penser que le père Noël était vraiment une ordure.

Sauf bébé Mathis dans sa chaise haute, apparemment ravi de sa perceuse visseuse sans fil.

 

C'est alors que le père Noel s'écria "surprise ! ", en ouvrant sa houppelande qui cachait dans sa doublure pressionnée une grande boite économique de Ferreros, comme dans les réceptions de l'ambassadeur, et un sachet d'oeufs Kinder, qui auraient ressuscité les fastes de Fabergé s'il y avait eu des érudits.

 

La joie avait chassé l'amertume.

Et je me hâtai de poster la vidéo sur YouTube.

 

bonus :

 

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Publié le 18 Décembre 2016

Cybercadeau !

un joli cadeau que nous offre l'aminaute Alain Yvars en proposant généreusement ici (clic) la lecture en ligne de son roman "que les blés sont beaux", consacré à Vincent Van Gogh

 

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Publié le 15 Décembre 2016

 

L' association Des Livres à Lire et à Entendre rend accessibles à tous les joies de la littérature.

Pour rejoindre les 259 donneurs de voix qui ont déjà enregistré 5 805 Livres Audio Gratuits, c'est ici   : http://www.litteratureaudio.com/

 

clic

 

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #videos du web et autres coups de coeur

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Publié le 25 Novembre 2016

Pour qui est fatigué des femmes retrouvées atrocement mutilées, des sempiternels duos de flics stéréotypés : le roman le plus rafraichissant depuis bien longtemps, une histoire inventive, et fichtrement originale, de loosers infiniment sympathiques qui réussissent malgré eux des mauvais coups qui n'en sont pas vraiment,  en dépit de toute morale... Jubilatoire.

Les perles noires de Jackie O., de Stéphane Carlier

Une perle sous le sapin ?

La presse (clic) :

Vous succomberez à cette comédie irrésistible. Ce roman est le livre qu’on n’attendait pas, un bonbon acidulé qui peut faire penser aux films des frères Coen, ou encore à ceux de Woody Allen. Dès les premières pages, Stéphane Carlier  parvient à conjuguer la finesse et l’intelligence avec l’art de divertir son lectorat qu’il agrippe avec frénésie. Notons que l’écriture est d’une fluidité incroyable, les dialogues percutants, les situations incongrues s’emberlificotent à tout va. On ne lâche plus le roman, on l’avale avec gourmandise, on rit aux éclats, on le lit d’une traite. Et arrivé au bout, on n’a envie d’une seule chose : conseiller cet excellent bouquin à son prochain. Indispensable !

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Rédigé par Emma

Publié dans #au fil des livres, #coups de coeur

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Publié le 11 Novembre 2016

et la terre hurle encore...
source image clic
 de Jules Romains
 
Je témoigne que le soldat
Qui vient de reposer son verre
Ne veut pas entrer dans la gare
Ne veut pas monter dans le train
 
Il ne veut pas qu’un wagon morne
Le bouscule dans la nuit ;
Il ne veut pas qu’on le réveille
Sous un hangar plein de caissons.
 
Il ne veut pas d’un tas de paille
Dans la masure bombardée,
Ni de l’encoignure de glaise
Qui se dérobe sous les reins.
 
Ses lèvres se révulsent
A l’idée de l’arme qui plonge
Dans une poitrine vivante.
Il ne veut plus du sang séché
Dans les rainures du métal.
 
Ce qu’il veut à en défaillir,
A s’en laisser crouler par terre,
C’est être chez lui, ce soir même,
Chez lui, dans la pièce du fond.
 
Il veut mettre sa vieille veste,
Il veut s’asseoir dans le fauteuil
Qu’on a poussé vers la fenêtre,
S’asseoir, les jambes allongées..
 
Il veut entendre un pas dans l’ombre,
Un meuble qui craque, une voix,
Un roulement rieur de bille
Qui va se perdre sous l’armoire.
 
Et je parle quand même au nom
De ces hommes sans importance.
J’ai l’audace de faire comme
S’ils méritaient d’être entendus.
 
Ils disent, puissants de ce monde,
Qu’ils sont bien fatigués de vous
Qu’on vous a vus jouer cinq ans
Avec la chair et les canons.
 
Et qu’il est temps, qu’il est grand temps
D’éponger notre sang qui fume
Et de laisser enfin la paix
A ces hommes sans importance..
 
Ne prenez donc pas tant de peine
A forger des malheurs sublimes.
Je vous assure que la paix
Est plus facile qu’on ne dit.
 
Relâchez un peu votre zèle
Dormez, il fait si bon dormir.
Nous ne penserons pas tout seuls
Au rassemblement des armées
 

bonus >>>> clic*

*****************************************************
.... Dieu offrira aux humains la vie éternelle dans le paradis sur la terre. L’unité et la paix régneront. La douleur, la souffrance auront disparu. Les humains pourront profiter pleinement des merveilles de la nature (Isaïe 65:21-23). 
>>>> clic
*****************************************************

traduction ici >>> clic

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Rédigé par Emma

Publié dans #la guerre

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Publié le 10 Novembre 2016

Rédigé par Emma

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Publié le 17 Octobre 2016

nommé et nominés

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #fantaisie, #divers

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Publié le 12 Octobre 2016

par Felix Nadar ... et son atelier, car il a parfois été difficile d'attribuer certains clichés à Felix, ou à son frère Adrien,  ou son fils Paul qui avaient plus ou moins usurpé son pseudo

voir en complément l'article consacré à d'autres aspects de

la vie étonnante de Félix Nadar ici clic

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #fantaisie, #société, #romanesque, #coups de coeur

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Publié le 8 Octobre 2016

pour les impromptus littéraires, le jeu consiste à employer dans leur sens littéral des expressions imagées , comme : Avoir un cœur d'or, Battre la campagne, Coûter les yeux de la tête, Faire les quatre cents coups, A dormir debout, C'est la mer à boire, Aimer à corps perdu, Passer l'arme à gauche, il tombe des cordes, Avoir la dent dure, Lécher les bottes, L'estomac dans les talons, Avoir un pied dans la tombe, Mettre les pieds dans le plat, Poser un lapin, Tenir la chandelle, S'envoyer en l'air, etc…

Le roi de la toundra (drame écologique)

source image ici clic

Dix jours que Boris et Sacha battaient la campagne et défonçaient la steppe à coups de serpe et de pioche ; déjà la remorque était bien chargée, principalement de défenses de mammouth que rendait  le permafrost, dont la boue dégelée leur léchait les bottes.
Et là, круто*! Une tombe ! Génial !  Les ancêtres ont toujours adoré se couvrir de bijoux pour le grand voyage.
Le recéleur d'Irkoutsk allait se frotter les mains !
Le coffre disjoint était planté verticalement, ils devaient dormir debout il y a  2000 ans !
Il y avait un  grand plat en métal oxydé sur lequel on avait dû, semble-t-il, poser un lapin, ou un chat, comme en-cas, ou compagnon de route ; et apparemment, en glissant, l'ancien avait mis les  pieds dans le plat ! Du moins  il avait un pied dans la tombe et l'autre à un mètre  de là ; le bas des côtes s'était effondré en accordéon, l'estomac était dans les talons de ce qui avait dû être des chausses  en fourrure, à en juger par les gros tas d'arêtes à cet endroit. Une sorte de poignard noirci était fiché dans le bois en travers, et Boris dut passer l'arme à gauche pour dégager le reste.
Le crâne était bizarre, orbites énormes, les yeux plus grands que le ventre, encore qu'il était assez difficile de situer le ventre. Une seule dent dans la mâchoire, mais il avait la dent dure, le bougre !
- Hourra** ! il a un cœur d'or ! s'exclama Sacha, et au même moment, sa lampe frontale s'éteignit.
- Allume la bougie, dit son comparse, on va devoir dégager fissa, la route est longue.
Alors que Boris tenait la chandelle devant le briquet de Sacha, la poche de méthane qui tenait compagnie à la momie depuis des millénaires s'enflamma.
 
Et c'est comme ça que deux filous s'envoyèrent en l'air avec un roi de la toundra.
 
(* krouta      ** hourra)
 
bonus >>>>clic

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Rédigé par Emma

Publié dans #fantaisie, #jeux, #jeux d'écriture

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Publié le 30 Septembre 2016

                      Antonin Artaud

Antonin Artaud

Crépuscule des idoles

Dernière lettre de Nietzsche à Jacob Burckhardt :   "Finalement, j’aimerais bien mieux être professeur à Bâle que Dieu"

"Cher Monsieur le Professeur,

Finalement, j’aimerais bien mieux être professeur à Bâle que Dieu ; mais je n’ai pas osé pousser si loin mon égoïsme privé que, pour lui, je renonce à la création du monde. Voyez-vous, on doit faire des sacrifices quels que soient la manière et le lieu où l’on vive. – Pourtant, je me suis réservé une petite chambre d’étudiant, qui fait face au Palazzo Carignano ( - dans laquel je suis né en tant que Vittorio Emanuele), et qui, de surcroît, me permet d’entendre la superbe musique en dessous de moi, dans la Galleria Subalpina, de ma table de travail. Je paye 25 frs., service compris, je m’occupe de moi-même de mon thé et de tous les achats, souffre de mes bottes déchirées, et remercie à chaque instant le ciel pour ce vieux monde, pour lequel les hommes n’ont pas été assez simples et silencieux. – Comme je suis condamné à distraire la prochaine éternité par des mauvaises plaisanteries, et bien j’ai ici une paperasse, qui ne laisse vraiment rien à désirer, très jolie et pas du tout rébarbative. La poste est à cinq pas d’ici, c’est là que je dépose moi-même les lettres, pour donner dans le feuilletoniste du grande monde. Je suis naturellement en relations étroites avec Le Figaro, et afin que vous puissiez entrevoir à quel point je peux être innocent, écoutez donc mes deux premières mauvaises plaisanteries :

[...] Cet automne, aussi légèrement vêtu que possible, j’ai assisté deux fois à mon enterrement, tout d’abord en tant que conte Robilant ( - non, c’était mon fils, dans la mesure où je suis Carlo Alberto, ma nature foncière), mais j’étais moi-même Antonelli. Cher Monsieur le Professeur, vous devrez voir cet ouvrage ; vu que je suis complètement inexpérimenté dans les choses que je crée, c’est à vous qu’échoit toute critique, j’en suis reconnaissant, sans pouvoir promettre d’en tirer profit. Nous les artistes sommes inenseignables. – Aujourd’hui j’ai vu mon opérette – géniale-mauresque -, à cette occasion également constaté avec plaisir, qu’aujourd’hui Moscou tout comme Rome sont des choses grandioses.

Voyez-vous, pour le paysage également, on ne conteste pas mon talent.
- Réfléchissez, faisons-nous un beau, bellissime, brin de causette, Turin n’est pas loin, aucune obligation professionnelle très sérieuse en vue, il faudrait se procurer un verre de Veltliner. Négligé de la tenue exigée.

Avec ma plus sincère affection, votre

Nietzsche

 

Lettre d’Antonin Artaud à Madame Jean Dubuffet :    "Je suis allé au Mexique faire cesser au sommet de la montagne à plus de cinq mille mètres certaines manœuvres christiques de magie blanche"

"Chère Madame et grande amie,

Je voulais spécialement vous remercier de la si affectueuse attention que vous avez eue de m’envoyer du beurre, des sardines et du café vert, c’est-à-dire d’avoir compris que c’était l’absence de matières grasses et mon état de sous-alimentation qui occasionnait l’état de désarroi où se trouvent à de certaines heures du jour les consciences de tous mes amis qui sont toutes emportées par un vent de déroute soufflé des manœuvres d’envoûtement obscène des moines de l’Himalaya, et des populations de Birmanie, du Bengale, du Turkestan et de l’Afghanistan. A ces manœuvres dissociatrices haineuses le peuple de Paris et d’autres villes de France de même par instants aussi à de certaines heures sous la protection de la police, comme je vous l’ai dit. – Cet état de choses abominable doit cesser car si, comme vous le savez, j’ai la haine de Jésus-Christ, j’ai celle aussi de antichrist qui ne fut jamais que son séide et lui-même son envoûté. Je suis allé au Mexique faire cesser au sommet de la montagne à plus de cinq mille mètres certaines manœuvres christiques de magie blanche de par lesquelles toute magie noire fut toujours fomentée et directement et par esprit de contradiction et aussi par un autre esprit qui n’a jamais supporté le blanc. J’irai donc, et je veux y aller tout de suite, au Tibet achever cet épouvantable travail. Mais pour cela il me faut une canne que j’ai préparée expressément dans ce sens et dont le prototype manqué est cette canne de saint Patrick avec laquelle j’ai fait mon voyage en Irlande et qui est maintenant aux mains de cette soi-disant Anie Besnard, 45 quai Bourbon, laquelle n’est plus qu’une sosie puisque la véritable Anie Besnard a été assassinée après le 14 octobre 1944, date à laquelle elle avait pris le train Gare d’Orléans à Paris pour venir me retrouver ici. […]

Je vous rappelle pour finir que j’ai de l’or à la Banque de France et que voilà huit ans qu’on me l’avait fait oublier par envoûtement afin de me faire croire que j’étais sans un sou et de m’obliger à vivre d’aumônes de la part de ceux qui m’aiment, alors que c’est à ceux qui me haient [sic] que ceux qui m’aiment doivent arracher l’or qu’ils m’ont volé. – J’ai fait en 1918 un dépôt d’une somme importante à la Banque de France de Marseille, cette somme a été transférée à Paris quand j’y suis allé en 1920, et une masse de barres d’or correspondant à cette somme a été entreposée dans les caves de la Banque, rue de La Vrillière. J’en ai tiré à diverses reprises plusieurs chèques dont plusieurs m’ont été soutirés par envoûtement, j’en ai très peu donné de bon cœur et de bonne volonté. Mais j’ai donné en juillet ou août 1937 un chèque de dix millions à mon amie Anie Besnard qui n’était pas d’ailleurs même pas ma maîtresse pour l’aider à vivre quand elle était sans moyens d’existence et avait fait à un moment donné quelque chose comme le trottoir pour arriver à gagner sa vie. […]"

Antonin Artaud

 source :  deslettres

voir aussi : pas de génie sans un grain de folie clic

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Publié le 24 Septembre 2016

Ce que chuchotent les murs…

E. Hopper. pour miletune

lorsqu’on livre aux flammes
les débris des vieilles maisons,
le rêveur sent brûler des âmes
dans les éclairs bleus des tisons.        
Sully Prudhomme (Les vieilles maisons)

- Là les ordis, là l'imprimante, et d'abord un bon coup de  peinture ! Y'en a des travaux à faire, dites donc !!!

- Eh oui chère madame, c'est justement ce qui explique le prix de l'appartement ! Si vous trouvez moins cher dans le quartier,  faites-moi signe !!!

- Quand même, ces graffitis ! C'était un squat ici ?

Au-dessus des sombres lambris, le papier peint est gris clair rayé de blanc, avec des guirlandes de roses. Devant la fenêtre Père a installé une bergère pour Emeline. Elle  y languira quarante ans en regardant passer les saisons sur le jardin, tandis que la photo d'Albert fane sur le piano muet…

Le papier est à carreaux, pas de lambris, l'écrivain aux yeux délavés écrit  sur un bureau clouté de cuir vert ; dos à la fenêtre, car la nature l'ennuie, comme l'ennuient aussi les hommes. À heures fixes maman pose un plateau, thé matin et soir, purée le midi : il est frugal car il souffre de l'estomac depuis qu'il a été gazé. Après maman, il se nourrira exclusivement de petits beurres. A gauche de la fenêtre, oui, à mi-hauteur, sous le mauvais enduit, on devine la trace de la balle qui lui a emporté la cervelle.

Sur l'angle saillant du mur, la profonde encoche  a été creusée par le cheval à bascule des jumeaux, Charles et Colas ; leurs lits superposés sont dans le renfoncement, sous une vierge en porcelaine qui tient un rameau jauni. De joyeux garçons, que leur maman, qui danse au moulin rouge, a reçus en cadeau du duc de B… L'un deviendra ministre, l'autre bandit, mais ils se ressemblent tant qu'on ne saura jamais avec certitude lequel des deux le gendarme a abattu sur le trottoir de la banque.

Simone et Karl Friedrich avaient posé sous la fenêtre une précieuse coiffeuse en bois de rose, en attendant les autres meubles, lorsque l'armistice est  malencontreusement arrivé ; la coiffeuse de madame  Shlomo est restée là plantée pendant deux ans…

- On va réfléchir, Monsieur Martineau, je trouve l'atmosphère un peu étouffante ici.

- Comme vous voulez, mais j'ai  d'autres clients sur le coup, à ce prix là, ça ne va pas faire long feu, croyez moi !

Il est sur le camion, le grand lit de mémé
Il emporte notre histoire avec tous ses secrets.
Et tandis qu'il s'éloigne, je crois  voir voleter,
dans le pâle soleil, des ailes argentées.
Ce sera sans doute quelque  duvet léger
Que les gros édredons y ont abandonné… (clic)

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #romanesque

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Publié le 17 Septembre 2016

Alexandrie

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Nous étions fiancés, Yvan et moi, depuis plus de quatre ans.

Maman commençait à trouver que quatre ans de fiançailles, c'est un peu long.

- Tu vas finir par monter en graine, ma fille, disait-elle, Eva va se marier, alors qu'elle a trois ans de moins que toi ! Et à propos de graine, est-ce qu'il te respecte, au moins ?"

Ça, pour me respecter, il me respectait, mon Yvan. Il était si délicat, distingué, si doux, si attentionné :

- on n'est pas bien, comme ça, Charlotte ? Es-tu si pressée d'avoir des mômes braillards ? Plus de ciné, plus de concerts, plus de tennis, tu te rends compte-?"

Tel était le cas de mes amies, en effet, et je m'estimais privilégiée par rapport à elles !

Mais quand même, par moments, j'aurais aimé qu'il me respecte un peu moins.

Maman revenait à la charge :

-Tu es sûre qu'il ne voit pas quelqu'un d'autre ?

Cela me faisait rire. Plus sérieux qu'Yvan, il n'y a pas : en dehors de nos soirées à deux, rarement une sortie avec des collègues, et ses sacro saintes parties de tennis avec Marc, le cousin de Claude.

Et voilà que Claude et  ma petite sœur Eva se mariaient.

Quand j'ai vu arriver Yvan ce matin-là dans son costume bleu gris comme ses yeux, j'ai eu, comme souvent, le souffle coupé devant tant de beauté. Je me demandais souvent comment un être aussi magnifique avait pu tomber amoureux de la fille ordinaire que je suis.

Ce fut une belle fête, intime et chaleureuse. Sauf qu'en soirée le temps frisquet nous obligea à déserter la terrasse initialement prévue comme piste de danse, pour nous replier dans la maison.

Tout avait été parfait dans cette journée, et je chantais gaiment en karaoké  avec Eva "Alexandrie", quand mon attention fut attirée par mon père figé près de la porte fenêtre, qui semblait contempler fixement la nuit…

Je m'approchai de lui et suivis son regard.

Sur la terrasse plongée dans l'ombre, Yvan dansait, seul, en bras de chemise, les yeux fermés, comme en extase, ondulant avec une grâce féline.

Mais je ne compris vraiment ce qu'avait déjà saisi mon père, qu'en voyant Marc se lever d'une chaise invisible dans la nuit, et poser doucement la veste d'Yvan sur ses épaules.

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #romanesque

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Publié le 7 Septembre 2016

C'est le nord...

Le JT cherche- t -il une illustration pour un sujet misérabiliste ? ( logement sordide, surnatalité, alcoolisme, analphabétisme, délinquance, chômage, sinistrose ...), où envoie-t-il son équipe de reportage ? mais bien sûr dans le nord ! (le banditisme et et la drogue restant l'apanage de Marseille)  

Tous les clichés ont des racines réelles, bien sur, et Germinal a existé. Gommant des siècles de grandeur historique et artistique.  On a  tendance à oublier que le nord  minier a été sacrifié à la prospérité du pays pendant des décennies, puis abandonné par lui, éventré, et sinistré  quand le charbon a perdu son intérêt.

Mais les ciels des “hauts de France” sont les plus subtils du monde et les plus changeants, ses paysages les plus verts et doux, et il n’y pleut pas plus qu’à Paris et bien moins qu’en Suède !!! Et les gens n’y sont pas plus (ni moins ) débiles et tarés qu’ailleurs. Ces clichés sont entretenus par cinéma et médias ; et des films à grand succès comme “les chtis” ou “ptit quinquin”, sous des abords tendres et humoristiques, y contribuent largement. 

 la téléréalité, ou  le  trou de serrure depuis votre canapé.  

Le voyeurisme n’est pas propre à notre époque : avant la télé, il y avait les “zoos humains", exhibitions de “sauvages”,  exotiques  ou “monstres”,  qui ont promu le racisme scientifique au niveau populaire.  Le “bourgeois” ou la “dame du monde” (et par extension démocratique “n’importe qui” ) a toujours adoré se donner des frissons, en observant sans danger la canaille, la misère  ou l’horreur.   

“Le participant, inconnu ou non, veut se montrer, et le spectateur aime le regarder. Pour le psychanalyste cela porte un nom : Vouloir être vu dans son intimité s’appelle l’exhibitionnisme, et se passionner pour ce genre de spectacle se nomme voyeurisme.” 

 où est la frontière  entre la légitime curiosité pour son prochain, pour les peuples du monde, donc le reportage honnête, et le voyeurisme et la perversité ? très simple  : elle est franchie dès lors qu’il y a mise en scène, donc mensonge, que ce soit pour des raisons esthétiques, manipulation idéologique, ou racolage salace ou commercial.

C'est le nord...

photos de pictozoom

Qu'èm çò qui èm
De jamei en tostemps,
E d’ivèrn en primtemps,
Si n’i a qui an çò qui an,
Qu’èm çò qui èm.
Aimar sa tèrra dinc au mau d’amor,
I créder enqüèra dinc a la dolor,
Espiar cada matin com si èra lo purmèr matin.
 
(Nous sommes ce que nous sommes
De jamais en toujours,
Et d’hiver en printemps,
S’il y en a qui ont ce qu’ils ont,
Nous sommes ce que nous sommes.
Aimer sa terre jusqu’au mal d’amour,
Y croire encore jusqu’à la douleur,
Regarder chaque matin comme si c’était le premier matin.)
 

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Rédigé par Emma

Publié dans #videos du web et autres coups de coeur

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Publié le 2 Septembre 2016

Rien ne change...
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rien ne passe après tout, si ce n'est le passant.... (clic)
 
Rien n'a vraiment changé depuis le temps où Flaubert remarquait : "à propos d'une inondation, d’un orage, etc... les vieillards du pays ne se rappellent jamais en avoir vu de semblables".
 
A part que les vieillards sont promus séniors, et qu'ils s'expriment maintenant à la télé :
- Jamais jamais, disent-ils à la caméra, jamais ils n'ont vu les rivières monter si vite, si haut ! Jamais ils n'ont vu des grêlons aussi gros. Comme un œuf ! Comme mon poing ! Et ils vont chercher pour preuve le tupperware qu'ils ont mis au congélateur.
 
Autrefois, quand la presse était au creux de la vague, le serpent de mer sortait fort à propos de son Loch pour la renflouer.
 
De nos jours la vie des people et les articles "sexo" se chargent du racolage des lecteurs. La nature a horreur du vide, alors elle le remplit avec du vent.
Et les tribulations de la 7e compagnie sont à la télé d'été ce que Nessie était à la presse d'antan, un "marronnier" en quelque sorte. 
 
En vérité d'année en année, rien ne change.
 
Le prix du caddie de rentrée a encore augmenté.
-Jamais jamais je ne leur achète de marques, dit la maman à la caméra, mais celui-là a un caractère de cochon, il me fait des scènes. Je ne te prendrai plus, Donovan, tu me fais honte !
 
Les députés italiens ont encore fait le coup de poing hier à la chambre.
 
Explosion en Corse.
 
Va-t-on autoriser l'ouverture des commerces le dimanche ?
 
Toucher aux retraites ?
 
-Moi j' m'en fous dit l'homme à la caméra, j'srai crevé avant. "Ils" nous ont tout pris de toute façon : on espérait passer entre les gouttes, vu que l'entreprise a triplé ses bénéfices, mais "ils" ont fermé quand même.
 
Heureusement qu'il y a les feux de l'amour dans ce monde de brutes !
 
Mais ce qui captive vraiment les descendants de tricoteuses que nous sommes, ce sont les crimes de sang : faites entrer l'assassin ! Le top : le serial killer qui prend son bâton de pèlerin pour tailler la route de l'horreur. Frisson …
- Jamais jamais disent les voisins, jamais on n'aurait imaginé ça ! Un homme si poli, si aimable, et serviable en plus !  Il m'avait aidé à réparer ma clôture !
 
C'est ça le problème avec les monstres, c'est qu'ils sont déguisés en gens.
 
Sauf celui du Loch qui justement n'est guère méchant.
 
A Drumnadrochit on peut l'acheter en plastique. Fabriqué en Chine, of course

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Rédigé par Emma

Publié dans #société

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Publié le 28 Août 2016

à la vôtre, Mrs Robinson !

pour Miletune, mot imposé : mercredi

à la vôtre, Mrs Robinson !
And here's to you, Mrs Robinson !
 
Mr Robinson ouvrit un œil, pour le refermer aussitôt.
- Ma tête, gémit-il.
 
Vu du drône, avec sa brassière de sauvetage rayée de jaune et son bermuda  noir, il ressemblait à une grosse guêpe échouée sur la  plage. Des heures qu'il était là étalé sous un soleil de plomb.
Il sentit un frôlement sur son bras et ouvrit à nouveau les yeux.
Du sable, du sable…
 
- S'il te plait, dessine-moi un mouton.
 
Insolation, diagnostiqua son cerveau logique d'expert-comptable.
Il se redressa sur les coudes. Le petit prince était là, à contre-jour.
 
- Eh ! dit-il, réussissant à s'assoir au prix d'un grand effort.
 
Le petit prince se déplaça pour se mettre dans son champ de vision.
Petit, gringalet, vieux comme Mathusalem. Nu comme un ver, à l'exception d'un chapeau mexicain bariolé, une longue barbe poivre et sel caressant ses genoux cagneux. 
 
- Hi guy ! Hey Mann. Hola , amigo. Salut, mec, yoroshiku onegai shimasu, psalmodia le vieux avec force courbettes.
- Vous êtes naufragé, vous aussi ?
- Colonel Hirikichu Sato. Mon zinc s'est scratché ici dans un vol de nuit sur Pearl Harbour
Après le tonnerre
Les nuages de la nuit
Ont le teint frais1.
-  quelle horreur ! 3/4 de siècle que vous êtes là ! Au secours, je ne veux pas finir ma vie ici !!!
- à vrai dire, reprit le colonel, qui s'était assis en tailleur,  à l'époque, j'ai passé ici un an seulement. La meilleure année de ma vie.
Sans rien dire
le silence
Le calme2.
Ensuite j'ai été rééduqué de ci de là…
Et je n'ai pas supporté le retour à la vie civile. Pousseur dans le métro de Tokyo, tu parles d'une vie pour un poète !
Les feuilles tombent
Sur les feuilles
La pluie tombe sur la pluie3.
Alors que j'étais pompiste dans le Nevada, j'ai vu que Channel 34 recherchait des Vendredis pour son parc d'iles désertes, MON île, mec ! Le destin.
J'ai postulé. Ac'qui parait, j'ai un profil atypique, alors ils m'ont appelé mercredi.
- Channel 34 ? Tu dire qu'on est filmés ? Ouf ! où est l'équipe ?
-  Pas d'équipe, mec ; que des caméras dans les cocotiers, et un drône qui fait le tour des iles pour repérer les naufragés.
- Mais je vais rester là longtemps ?
- C'est ça le deal, la navette passe le premier jeudi du mois, d'ici là tu dois pêcher à main nue, faire du feu, et rôtir des rats des cocotiers pour Channel 34.
Et sans moi,  parce que je suis vegan.
 
-Vegan ! s'écria Mr Robinson.
 
Tout lui revenait subitement : Margaret, le séjour dans l'ashram : méditation et macrobiotique ! et puis la location du voilier… et soudain les embarcations pirates qui grossissent depuis l'horizon…
Dans la dernière vision qu'il gardait, Margaret piaillait sur le pont en faisant tournoyer son sac comme un lance pierre.
Tandis que lui, n'écoutant que son courage, plongeait en criant : tiens bon, Margie, je vais chercher du secours !
 
- Mercredi, il faut que j'appelle le consulat, Mrs Robinson est en danger.
- Pas de réseau, mec !
Cool, elle risque rien, ta dame. Les pirates, c'est du bizness, tu vois, comme les ashrams, et les vendredis de Channel 34 !  Les temps sont durs pour tout le monde.
Être, ou ne pas être : la plus simple équation du monde.
Alors, pirates et loueurs, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, affaires de famille ; tout le monde y trouve son compte : ton consul va payer, il dira à la télé qu'il n'a pas payé, le pirate va briquer le bateau avant de le rendre à son cousin…
Bon, le soleil se couche, mon service est fini.
Si ça te dit, mec,  j'ai une petite maison sur le rivage de l'autre côté de l'ile,  je t'invite ! Coca cola et corned beef. Pas de télé, mais toute une valise de bouquins en plusieurs langues, et un phono "la voix de son maitre" avec les 78 tours de Joséphine Baker…
 
Et, dévoilant des fesses ratatinées, il se mit en marche en chantonnant "ma tonkiki, ma tonkiki", avec un accent d'Okinawa à couper au couteau.
 
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1.Hara Sekitei    2.Takahama Kyoshi     3. Katô Gyôdai

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque

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Publié le 23 Août 2016

- Le temps est bien long, soupire la petite météorite qui gît en un désert stupide, séparée de son trou noir natal par des millions d'années lumière. Te rends- tu compte que je suis là depuis la nuit des temps ?

- La nuit ?  s'étonne  l'éphémère qui vient de se poser sur elle, c'est quoi, la nuit ?

Relativité

source photo (clic) ,

musique ? aucun rapport mais ça balance !

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Rédigé par emma

Publié dans #vaguement poétique, #fantaisie

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