Publié le 26 Février 2017

la légende

          Il s'ennuie un peu, Carolus, le stagiaire du commissariat d'Aasgaardstrand, depuis que le grand manitou l'a chargé d'avoir à l'œil le pont sur le fjord, haut lieu, selon son indic, du trafic d'huile de foie de morue avec la Suède.

 

Alors, tandis qu'il se les gèle, en planque sur le banc à la lisière de la forêt, avec vue imprenable sur le dit pont, Carolus s'imagine agent secret au NSM (Nasjonal Sikkerhetsmyndighet).

Il s'est fabriqué une légende : il est peintre. Pour décourager les admiratrices indiscrètes qui pourraient venir glousser devant ses piètres aquarelles, il précisera qu'il ne fait que des esquisses rapides, brouillons pour de futurs tableaux.

Encore qu'elles soient rares, au final, les admiratrices.

Il faut être un peu maso pour tenir là des heures, dans le froid, avec ce vent piquant qui monte avec la marée, même si sa légende autorise une couverture sur les genoux, comme les vieux de St Olaf qu'il a vus passer en fauteuil sur le pont, l' après-midi de mercredi, poussés par de sévères bénévoles emmitouflées.

A part les vieux (dont il faudra vérifier le harnachement par acquit de conscience), il n'a pas vu grand trafic sur le pont : deux élans lundi matin, et un loup boiteux grisonnant en soirée ; il n'a pas jugé utile de les croquer, vu l'heure avancée. Dimanche est passé un tracteur maquillé en traineau, conduit par un dénommé Hans Andersen, qui se rendait au festival des pères Noel. Pas net non plus, il l'a inscrit sur son carnet de signalements.

Les humains sont rares, ah si, il a vu passer un mec bizarre qui courait en hurlant, les mains sur les oreilles[1], visiblement égaré. Sans valise ni sac à dos.

Mardi, il a fait un temps radieux, quelques oiselles en robes printanières[2], (bien trop légères) se sont pavanées à son intention, de face, de dos…

 

Mais là, il regretterait presque de ne pas savoir peindre. Sur le pont, (que pour lui-même il a baptisé "pont de la rivière Kwaï "pour lui donner un petit air vaguement japonisant en hommage à Monet, même si cela ne le réchauffe que fort peu), s'avance un groupe de dames chic.

Il les reconnait, le chef les lui a présentées à la sortie de la messe, en bafouillant un peu : ce sont les quatre filles du docteur Munch, et leur Mère, qui se pique de culture française au point de questionner en cette langue les demoiselles chapeautées : n'entendîtes vous pas un cri, Kristina ? N'avez-vous rien ouï, Luiza ?

 

Carolus sait bien d'où vient ce cri, qui imite -fort mal- celui du guillemot de Brünnich en période de reproduction : de l'un des trois pingouins appuyés contre la balustrade, qui cherche à attirer l'attention des donzelles ; ils portent l'uniforme de l'école des croque morts d'Oslo, Carolus les a croisés à la taverne où leurs frasques guillerettes semblaient modérément appréciées ; ils feignent d'être passionnés par le débit de l'eau et le passage furtif de sombres bancs de morues, voilà qui est très très louche, du repérage sans aucun doute !.

Vite ! Filons au rapport !


[1][1] Le Cri adjugé 119,9 millions de dollars en 2012

[2] Les Filles sur le pont, vendu 54,5 millions de dollars en 2016

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #à propos de la peinture, #fantaisie, #jeux d'écriture

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Publié le 16 Février 2017

Logorallye avec des verbes qui n'existent pas : scrafouiller, vernifler, courouler, hurlir, cagnasser, berçoire, violoner, vichtailler, crascatuer, pirpurer, trochoire, loloyer, hurspender, sisselir, épurler, écriper, scrafougner, groudir, flagir.

 si nécessaire des exemples ici  >>> clic

(référence image ici >>> clic)

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Rédigé par Emma

Publié dans #jeux

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Publié le 14 Février 2017

C'est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l'on sent la musique et le parfum des herbes
Le fromage de chèvre et le pain de froment
[1]

Une langue qu'on aime au point de s'étriper au sujet de l'accent circonflexe, ou la féminisation des noms de métier, dans un pays où la dictée a été élevée au rang de jeu télévisé…

 

Une langue de pinailleurs, qui a un mot précis pour désigner “la répétition de groupes de mots qui semblent fonctionner de manière autonome alors que la poursuite du texte montre que ces termes étaient en réalité les annonces d’un développement dont ils constituent les éléments” (épanode), ou "la répétition de formes morpho syntaxiques sur la base d'un parallélisme grammatical des morphèmes" , (homroptote), qui a décidé que la forme de rime  interne dans "Du pain, du vin, du boursin"  s'appellera : homeoteleute !!!!

A l'occasion de la st valentin, miletune[2] propose de broder sur cette image

 

          Les journalistes ne doivent pas oublier qu’une phrase se compose d’un sujet d’un verbe et d’un complément. Ceux qui voudront user d’un adjectif passeront me voir dans mon bureau. Ceux qui emploieront un adverbe seront foutus à la porte.

circulaire de G. Clémenceau (alors rédacteur en chef de L’Aurore)

 

Hugo disait que l'adjectif est la graisse du style, et il est vrai que l'adjectif est souvent superflu, et inutilement explicatif ;  de même que l'adverbe, qui en est en quelque sorte la paraphrase lourde et appuyée, pour  répondre à la question "comment ?" avant même qu'elle se pose, et même si elle ne se pose pas.

 

Comme la musique des films qui dit : c'est là qu'il faut avoir peur, ou préparez les mouchoirs, adjectifs et adverbes explicitent, zooment, insistent, surlignent ; didascalie, indication de jeu. Du théâtre, en somme.

 

L'adverbe en "ment"  ment, quelquefois,  flatte, dissimule, embobine…

 

Sincèrement vôtre. Tu parles !

Les formules de politesse sont l'héritage des courbettes du grand siècle,  respectueusement, je vous baise les mains, monsieur le député, votre honneur, votre sainteté, votre grandeur… à défaut de pouvoir dire ce que je pense réellement de vous, qui allez me refuser, une indemnité, un  passe-droit, un emploi…

Dis-moi ce que t'en penses, sincèrement ! est carrément blessant, cela présuppose que d'ordinaire l'interlocuteur ment !

Il l'a fait sciemment, ne qualifie  pas  le savoir ou la compétence du personnage, mais sous-entend  sa perversité.

Et combien d'adverbes en ment dans les éléments et les tics de langage si contagieux, dès lors qu'il faut convaincre ou manipuler ! Combien de personnages médiatiques emploient "effectivement " toutes les deux phrases, comme s'ils avaient besoin de se  persuader eux-mêmes;?

 

Clairement, (ou il est clair que…) est un fleuron de la langue de bois[3], précisément quand le propos n'est pas clair du tout, voire trafiqué.

 

Et que pense la dame (du siècle dernier) qui reçoit une lettre terminée par   "celui qui t'aime sincèrement "?

 "je t'aime", voire JTM, aurait été sans doute plus percutant ; encore que follement, passionnément, éperdument, accompagnés de quelques petits cœurs irrésistiblement féminins, délicieusement rétrogrades auraient été joliment décoratifs, en ce jour de ST Valentin…

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #divers, #société

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Publié le 10 Février 2017

               

source image clic

          Il y avait, à Oxbridge, un très sérieux professeur d'histoire ancienne, nommé Willybillie Poe, que la reine avait anobli  pour avoir trouvé en Éthiopie orientale des vestiges des écuries d'Alexandre le grand.

Au cours d'une mission dans les monts désertiques du Globaï, il découvrit, dans une grotte à demi bouchée par le sable, une tablette d'argile gravée de signes.

La découverte était d'importance, car, selon la théorie du professeur Poe, Zarathoustra aurait fini sa vie exilé  dans le désert du Globaï.

Willybillie Poe entreprit donc de comparer les signes de la tablette, qu'il avait appelés "écriture globaïlienne", avec toutes les écritures qu'il connaissait : Chaldéen, Assyrien, Hittite, Egyptien de toutes les époques. En vain. Au mépris de toute logique, il étendit les recherches au Chinois antique, au Tartare moyen et bas, au Sibérien, à l'Iroquois, au Navajo, et aux signes des pyramides Maja… à toutes les langues répertoriées dans la grande bibliothèque d'Oxbridge. Aucun résultat.

Sir Poe passait toutes ses nuits dans une fièvre de plus en plus troublée. Il en perdit son latin. Puis sa santé. Puis sa femme. Enfin il fut licencié par l'université pour manque de résultats, avant de mourir victime d'une infection transmise par les cloportes des grottes.

Or donc il arriva que le mois suivant, Harry Beans, Californien de 16 ans et demi, surfeur sur la vague le jour et  sur internet la nuit, tomba sur la photo de la plaque du Globaï dans National geographic.
 
Ayant forcé quelques codes secrets en moins de temps qu'il ne faut pour saisir la souris, il lui fallut exactement 11 minutes pour déchiffrer les signes, après s'être connecté à "CIA cryptoservice niveau 7".
 
                       Et il lut :
 
- un sac de farine
- 2 poulets
- une jarre d'huile
             et ne traîne pas en route !
 
 

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Rédigé par alinea

Publié dans #contes

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Publié le 4 Février 2017

les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux.

Alphonse Allais
 
(plein écran en haut à droite, couper le sifflet à Gerschwin, en bas à gauche)
 
 

https://fr.calameo.com/read/000888158f6e0363e94c5

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #société, #vaguement poétique, #fantaisie

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Publié le 30 Janvier 2017

Rédigé par Emma

Publié dans #videos du web et autres coups de coeur, #société

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Publié le 29 Janvier 2017

source photo clic

Une heure avant de mourir, qui le sait, à part a posteriori votre biographe ?

 

Sauf bien sûr si vous avez décidé de vous jeter aujourd'hui même sous le 17 h 39.

 

Ou encore qu'à votre question angoissée "docteur, j'en ai encore pour combien ?" l'homme de l'art n'ait répondu "une heure ", ajoutant possiblement, (si les horaires démentiels que lui impose l'administration n'ont pas encore eu totalement raison de sa compassion) : "mais ne perdez pas espoir, la science avance à grands pas."

 

Ou que la voix qui tient le canon sur votre tempe (fondu raccourci) n'ait annoncé ce timing précis.

 

Mettons.

 

Mettons que vous le sachiez.

"Vaatielma", c'est un postulat, comme disent nos amis Finlandais, qui occupent la longue nuit polaire comme ils peuvent. Eventuellement à la roulette russe.

 

Qu'allez-vous faire ?

Selon votre personnalité, (oui oui, exactement, celle-là même que vous êtes sur le point d'abandonner):

dans 30% des cas, vous mettre à hurler, 20%, vous jeter à genoux : "pourquoi moi ?" à supposer que vous soyez en état de le faire. 10% d'entre vous allez vous précipiter sur la vodka, da ! qui traine pas loin.

Les 40% restants ne manifestent plus de réaction depuis longtemps.

Bref, rarement quelque chose de bien théâtral et digne d'être rapporté avec admiration par les générations qui vous suivront.

 

Méfiez-vous.

Méfiez-vous des dernières phrases, si vous êtes cabotin jusqu'au bout, ou si vous voulez soulager votre conscience.

Certes : "mon père, je vous avoue, Dante m'a toujours emmerdé" (Lope de Vega) a fière allure, mais encore faut–il avoir sacrément bien répété le rôle, et être assuré d'un auditoire réceptif, et même d'un auditoire tout court.

Il est plus probable que vous allez misérablement avouer : "Marie-Thérèse j'ai couché avec ta soeur " qui risque de vous valoir l'enfer sur terre, on n'est jamais à l'abri d'une rémission.

 

Ou bien rien de spécial.

A 15 heures, Madeleine était passée chez sa fille Martine, ma voisine, lui apporter quelques courses. A 16 heures, elle se pendit dans son hangar. Non sans avoir décroché et plié soigneusement le linge qui avait séché au soleil, puis tondu la pelouse et rangé la tondeuse, après avoir nettoyé et graissé la lame.

 

"é il destino ", disent nos amis Siciliens en soufflant sur le canon fumant de leur magnum 50.

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Rédigé par Emma

Publié dans #romanesque

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Publié le 14 Janvier 2017

voyelles...

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu.

 

Pas de jaune.

Pas de Y.

 

A noir, comme le p’tit, au comptoir.

Il est terrible, le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain…

Eteins, veux-tu, que je caresse par cœur l'idée de ta peau blanche.

 

Blanc le E, et celui de l'œil.

Ou de l'œuf dur, qui sans mayo n'a pas de goût.

Blanc comme le bec, le mariage, le fer, et le drapeau...

 

Drapeau bleu comme la grande, blanc comme le petit, et rouge comme le gros.

(Jolie famille !)

 

Bleu est le O, dit Arthur.

Bleus les O, et les bas,

le sang, le cordon, et les casques.

 

U Vert comme le feu rouge,

l'habit et le billet.

Sans odeur, selon Vespasien.

 

Vraiment le I, tu vois rouge, Arthur ?

Pour le taureau, rouge, ou vert, c'est kif kif.

Es lo mismo ! C'est vache.

 

Pas de jaune, Arthur ? Que des pages blanches ? noircies dans la fièvre...

T'aurais pu voir jaune le I grec ? ils rient jaune, les Grecs quand on parle d'Europe….

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #vaguement poétique, #pochade

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Publié le 6 Janvier 2017

seriez vous tentés par un petit jeu à la façon de Pérec ?

https://img.over-blog-kiwi.com/0/66/73/70/20161221/ob_57f738_plaque-perec.JPG

crédit image Parisette clic

 

par exemple en réécrivant un conte ou une fable, récit  dans lequel une voyelle aurait  disparu ?

(exemples dans l'article ci dessous réédité)

il suffit de poster votre proposition dans un com ci dessous

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #jeux d'écriture

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Publié le 6 Janvier 2017

réédition

parler du nez, c'est mission impossible après les géants

mais on peut s'amuser

 

Parler du nez sans utiliser la lettre E

Discours du blair

Il avait un grand, un grand…

Un grand blair, oui,

Fort long

Un roc, un pic, un cap

Un pif à piafs !

Humant blizzards, aquilons,

mistral aussi parfois,

il guidait marins ou paysans.

Un vrai gnomon aussi :

Rubicond, il indiquait

Trois pastis un quart,

soit midi.

Ninon, qui passait par hasard

Un soir fort tard

"Aux trois canards"

S'y accrocha sans façon,

Pour toujours ...

Un grand blair, dit-on,

vaut bon contrat d'amour

 

Parler du nez sans utiliser la lettre A

 

Disons-le tout net : pour votre nez, vous pouvez remercier père et mère.

Cette bosse, sur un nez grec, c'est moche, sur un bourbon comme le vôtre, c'est horrible.

Et de profil, le bout touche le menton.

Hi Hi, vous nourrir doit relever de l'exploit !

Que dites-vous ? c'est un confrère qui vous fit ce nez ? Misère, c'est criminel !

Comment ? Plus fort ! Ok c'est difficile pour vous de prononcer, j'en conviens.

Quoi ? Ce nez, c'est mon oeuvre ? Et vous me poursuivez en justice ?

Quelle honte ! une minute : je relis le dossier. De votre nez trop fin, impersonnel, je fis celui-ci, délicieusement recourbé, et vous êtes mécontente ?

Poursuivez donc, très chère, si vous l'osez : mon frère est procureur, mon père au ministère, et mes fils sont boxeurs !

 

Parler du nez sans utiliser la lettre I

 

Ah belle Cléopâtre, du vôtre encore on jase.

Vous menâtes par le nez tous les beaux généraux

de la grande Rome, en seyante jupette.

Partout, en toute époque, combattant au repos

Réclame amphores et almées. Alors, ce nez,

Peut-être que plus court, peut être que plus long…

Allons, Pascal, du flacon, on se fout, pourvu…

 

Parler du nez sans utiliser la lettre U

 

- Oh oh oh ! Votre majesté est admirable montant ce gros baril comme cheval ardent!

La majesté de Votre Majesté, ainsi fièrement cambrée, dépasse celle de Napoléon devant le pont d'Arcole.

En avant ! semble dire votre trogne, resplendissante comme l'ostensoir de la chapelle.

En avant, nez cramoisi, vers l'olympe de Dionysos, la vigne sacrée, le nectar des amygdales, l'ivresse des riches, l'amnésie de la misère.

Enfin roi, le pinard !

 

- Bon Marcel, je comprends ta fierté d'avoir été fait ce matin chevalier de taste vin de Cigalon les olivettes, mais là, stop ! J'ai fait dix photos, tes potes apprécieront ; mais le repassage n'attend pas !

 

Parler du nez sans utiliser la lettre O

 

Il en avait du flair, l'inspecteur Labavette !

Et du nez, il en faut, dans certaines enquêtes.

C'était un fin limier, et il avait du pif.

Il reniflait la piste du tapin et du kif

Dès qu'un de ses indics le mettait au parfum.

Quelques bavures, inévitables dans ce turbin

(car qui n'a jamais eu un verre dans le nez ?)

Une manière musclée de tirer les vers du nez…

Mais l'un dans l'autre il eut une carrière exemplaire.

Et sans ses supérieurs, qui l'avaient dans le nez,

Sa fête de retraite fut restée légendaire,

Avec du vrai champagne, et même des canapés

Au lieu de cacahuètes et de verres en papier…


—Voilà ce qu'à peu près, Edmond, vous m'auriez dit
Si vous aviez eu moins de lettres et d'esprit ...

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #jeux d'écriture

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Publié le 3 Janvier 2017

Ma vie avec Mozart par Eric Emmanuel Schmitt (extrait)

 

Cher Mozart,

 

C’était hier.

Alors que la ville ployait sous Je vent et la neige, tu m’as surpris au détour d’une rue. Les larmes que tu m’as arrachées m’ont réchauffé d’une façon essentielle, le visage autant que l’âme. ]’ en tremble encore.

Noël avait jeté sur les trottoirs des centaines d’humains affolés à l’idée de manquer de cadeaux et de nourriture lors des festivités à venir. Les mains chargées de sacs qui formaient autour de moi une corolle multicolore, bruissante et enrubannée, j’avais l’impression d’avoir changé de siècle, de sexe et de porter une large robe à crinoline Napoléon III dont le volumineux jupon contraignait les passants à sauter sur la chaussée lorsqu’ils me croisaient.

Sous un ciel bleu-noir, les flocons flottaient dans l’air du soir, suspendus, hésitants, alors que les vitrines se réchauffaient d’éclairages orangés. Accaparé par une frénésie d’achats, je courais, les pieds gelés dans mes bottines humides, d’une boutique à l’autre, inquiet devant chaque caisse de me trouver à court d’argent, fier d’en avoir assez, me répétant vingt fois la liste de mes invités pour m’assurer que chacun recevrait son présent, désamorçant les réactions de susceptibilité. Si l’on décernait un diplôme au meilleur dépensier à la dernière minute, j’aurais pu postuler. Une fois que mes sacs eurent englouti l’ultime cadeau nécessaire, je songeai à me réfugier dans un taxi pour rentrer et je trottai vers une station.

C’est là que tu intervins.

Une musique me fit pivoter ; une chorale chantait.

Il y avait dans l’air quelque chose de probe, de recueilli qui m’immobilisa.

A cause de la neige, je ne pouvais poser mes paquets au sol par crainte que l’humidité ne les amollisse ; je demeurai donc debout, les bras chargés, les épaules lourdes, les paumes sciées, à me laisser pénétrer par le mystère qui envahissait l’espace.

Quelques secondes plus tard, les larmes jaillirent de mes paupières, violentes, chaudes, salées, sans que je puisse les essuyer.

……

Sur les marches, réfugiés sous les ogives qui les protégeaient des flocons, les chanteurs, collés, anorak contre anorak, des glaçons en formation sous les narines, émettaient de la buée chaque fois qu’ils ouvraient la bouche. Je m’approchai et les voir redoubla ma surprise ; était-il possible qu’un chant si beau sorte de ces faces sexagénaires, aux allures rustiques, à la peau rissolée, aux traits creusés par les années ? D’une chorale de vieillards naissait une musique ronde, neuve, lisse comme un bébé qui sort du bain.

J’avisai la partition du chef : Ave, verum corpus de Wolfgang Amadeus Mozart.

…..

Insistant, mélodieux, d’une douceur inexorable, tu me contraignais pourtant à un examen critique. Pourquoi fêtes-tu Noël ? me demandais-tu. Pourquoi dépenses-tu tant d’argent ? Les réponses arrivaient à ma conscience et me faisaient peur. Alors que je me croyais bon depuis le matin, je découvrais que j’étais surtout très Content de moi : j’effaçais l’égoïsme qui avait réglé mon comportement durant l’année, je compensais en cadeaux les intentions que je n’avais pas eues, les coups de téléphone que je n’avais pas rendus, les heures que je n’avais pas consacrées aux autres. Au lieu de rayonner de générosité, je m’achetais une tranquillité d’âme. Ma frénésie de dons n’avait rien d’évangélique : un placement précis pour m’acquérir une bonne réputation. Je ne souhaitais pas la paix, je ne désirais que la mienne.

Or tu me rappelais que nous fêtions la naissance d’un dieu qui parle d’amour...

Alors, peu importe que j’y croie ou non, à ce dieu ; dans la mesure où je m’autorisais à fêter Noël, au moins devais-je célébrer l’amour...

J’ avais compris.

A la fin du morceau, bien que pesant toujours aussi lourd dans mes paumes déchirées, mes paquets avaient un sens différent : ils étaient lestés d’amour.

Le chœur apaisé qu’avaient exhalé ces vétérans, il me désignait un monde dont je n’étais pas le centre mais dont l’humain est le centre. Il exprimait une attention des hommes pour les hommes, un souci quant à notre vulnérabilité, notre condition mortelle. Voilà ce que disaient les tortues en bonnets de laine sous les portiques de Saint-Jean.

Dans la nuit obscure de l’hiver et de la chair, nous étions frères en fragilité. Tu me révélais qu’il y avait un univers purement humain, établissant ses propres fêtes, ses règles, ses croyances, ses rendez-vous où les voix s’enlacent en harmonie pour délivrer une beauté qui ne peut naître que de l’accord, de l’entente, au prix d’une recherche commune, d’un but consenti, d’une émotion partagée ... Surgissait un monde parallèle à la nature, celle-là même que le gel, le froid, la nuit pouvaient anéantir. Un univers inventé, le nôtre. - Cet univers-là, par ta musique, tu le reflétais, tu le dessinais. Peut-être le créais-tu ?

A ce royaume - au-delà du christianisme et du judaïsme, indépendant des religions -, je voulais croire. Aujourd’hui, je ne sais si Dieu ou Jésus existe.

Mais tu m’as convaincu que l’Homme existe.

Ou mérite d’exister.

 

Ave, verum corpus, sur des images de pictozoom

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Publié le 1 Janvier 2017

Rédigé par Emma

Publié dans #divers, #fantaisie

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Publié le 20 Décembre 2016

jeu  d'écriture (logorallye) pour miletune

 

En même temps qu'elle apportait  solennellement  la bûche, Maman coupa la lumière.

Instant magique : la pièce n'était plus éclairée que par les flammes du poêle à bois et la lueur bleutée intermittente de la guirlande de leds sur le sapin en plastique ignifugé.

Par précaution la crèche était momentanément enfouie sous du papier rocher, pour éviter les habituelles diatribes de Papy Robert, libre penseur canal historique.

Au pied du sapin, un grand carton rouge affichait la touchante prière de Miss France, soigneusement calligraphiée à l'encre dorée par Léa :

 

Merci la vie

Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté

Que chacun mange à sa faim, boive à sa soif !

 

Sous laquelle une main sacrilège avait ajouté subrepticement au feutre noir :

 

AVEC  MODERACION

 

Le père Noël pouvait entrer.

Il entra, l'échine courbée sous un gros sac mou qui s'appelait "la hotte".

Jojo nota qu'il n'avait pas recousu la fourrure qui pendouillait déjà de sa capuche l'an dernier.

- Voilà les cadeaux ! dit le père Noël avec la voix rocailleuse de Nounours dans bonne nuit les petits, mais joyeuse malgré la fatigue qui devait être la sienne.

Il s'assit sur le fauteuil préféré de Papa et renversa le sac sur le tapis.

Après distribution on fit le constat :

- pour papy Robert, un chapelet en bois brut dans un pochon de commerce équitable.

- pour Tante Adèle, fervente vegan, la réédition à tirage limité de "83 façons de cuisiner le bœuf".

- Maman et Tonton Boule, l'une souffrant d'insomnies, l'autre d'un excès de poids, avaient droit respectivement à "apnées fatales" et "manger tue", de la collection "DANGERS MORTELS" du docteur Lajoie.

- Léa, qui occupait deux chaises à cause du gros plâtre sur sa jambe droite, avait reçu une corde à sauter.

- Jojo, qui, par pure curiosité scientifique, avait soigneusement pilonné au marteau celui de l'an dernier, écopa d'un Rubik’s Cube.

 

Devant tant de cruauté, chacun n'était pas loin de penser que le père Noël était vraiment une ordure.

Sauf bébé Mathis dans sa chaise haute, apparemment ravi de sa perceuse visseuse sans fil.

 

C'est alors que le père Noel s'écria "surprise ! ", en ouvrant sa houppelande qui cachait dans sa doublure pressionnée une grande boite économique de Ferreros, comme dans les réceptions de l'ambassadeur, et un sachet d'oeufs Kinder, qui auraient ressuscité les fastes de Fabergé s'il y avait eu des érudits.

 

La joie avait chassé l'amertume.

Et je me hâtai de poster la vidéo sur YouTube.

 

bonus :

 

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Publié le 18 Décembre 2016

Cybercadeau !

un joli cadeau que nous offre l'aminaute Alain Yvars en proposant généreusement ici (clic) la lecture en ligne de son roman "que les blés sont beaux", consacré à Vincent Van Gogh

 

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Publié le 15 Décembre 2016

 

L' association Des Livres à Lire et à Entendre rend accessibles à tous les joies de la littérature.

Pour rejoindre les 259 donneurs de voix qui ont déjà enregistré 5 805 Livres Audio Gratuits, c'est ici   : http://www.litteratureaudio.com/

 

clic

 

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #videos du web et autres coups de coeur

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Publié le 25 Novembre 2016

Pour qui est fatigué des femmes retrouvées atrocement mutilées, des sempiternels duos de flics stéréotypés : le roman le plus rafraichissant depuis bien longtemps, une histoire inventive, et fichtrement originale, de loosers infiniment sympathiques qui réussissent malgré eux des mauvais coups qui n'en sont pas vraiment,  en dépit de toute morale... Jubilatoire.

Les perles noires de Jackie O., de Stéphane Carlier

Une perle sous le sapin ?

La presse (clic) :

Vous succomberez à cette comédie irrésistible. Ce roman est le livre qu’on n’attendait pas, un bonbon acidulé qui peut faire penser aux films des frères Coen, ou encore à ceux de Woody Allen. Dès les premières pages, Stéphane Carlier  parvient à conjuguer la finesse et l’intelligence avec l’art de divertir son lectorat qu’il agrippe avec frénésie. Notons que l’écriture est d’une fluidité incroyable, les dialogues percutants, les situations incongrues s’emberlificotent à tout va. On ne lâche plus le roman, on l’avale avec gourmandise, on rit aux éclats, on le lit d’une traite. Et arrivé au bout, on n’a envie d’une seule chose : conseiller cet excellent bouquin à son prochain. Indispensable !

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Rédigé par Emma

Publié dans #au fil des livres, #coups de coeur

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Publié le 11 Novembre 2016

et la terre hurle encore...
source image clic
 de Jules Romains
 
Je témoigne que le soldat
Qui vient de reposer son verre
Ne veut pas entrer dans la gare
Ne veut pas monter dans le train
 
Il ne veut pas qu’un wagon morne
Le bouscule dans la nuit ;
Il ne veut pas qu’on le réveille
Sous un hangar plein de caissons.
 
Il ne veut pas d’un tas de paille
Dans la masure bombardée,
Ni de l’encoignure de glaise
Qui se dérobe sous les reins.
 
Ses lèvres se révulsent
A l’idée de l’arme qui plonge
Dans une poitrine vivante.
Il ne veut plus du sang séché
Dans les rainures du métal.
 
Ce qu’il veut à en défaillir,
A s’en laisser crouler par terre,
C’est être chez lui, ce soir même,
Chez lui, dans la pièce du fond.
 
Il veut mettre sa vieille veste,
Il veut s’asseoir dans le fauteuil
Qu’on a poussé vers la fenêtre,
S’asseoir, les jambes allongées..
 
Il veut entendre un pas dans l’ombre,
Un meuble qui craque, une voix,
Un roulement rieur de bille
Qui va se perdre sous l’armoire.
 
Et je parle quand même au nom
De ces hommes sans importance.
J’ai l’audace de faire comme
S’ils méritaient d’être entendus.
 
Ils disent, puissants de ce monde,
Qu’ils sont bien fatigués de vous
Qu’on vous a vus jouer cinq ans
Avec la chair et les canons.
 
Et qu’il est temps, qu’il est grand temps
D’éponger notre sang qui fume
Et de laisser enfin la paix
A ces hommes sans importance..
 
Ne prenez donc pas tant de peine
A forger des malheurs sublimes.
Je vous assure que la paix
Est plus facile qu’on ne dit.
 
Relâchez un peu votre zèle
Dormez, il fait si bon dormir.
Nous ne penserons pas tout seuls
Au rassemblement des armées
 

bonus >>>> clic*

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.... Dieu offrira aux humains la vie éternelle dans le paradis sur la terre. L’unité et la paix régneront. La douleur, la souffrance auront disparu. Les humains pourront profiter pleinement des merveilles de la nature (Isaïe 65:21-23). 
>>>> clic
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traduction ici >>> clic

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Rédigé par Emma

Publié dans #la guerre

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Publié le 10 Novembre 2016

Rédigé par Emma

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Publié le 17 Octobre 2016

nommé et nominés

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Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #fantaisie, #divers

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Publié le 12 Octobre 2016

par Felix Nadar ... et son atelier, car il a parfois été difficile d'attribuer certains clichés à Felix, ou à son frère Adrien,  ou son fils Paul qui avaient plus ou moins usurpé son pseudo

voir en complément l'article consacré à d'autres aspects de

la vie étonnante de Félix Nadar ici clic

 

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Rédigé par Emma

Publié dans #fantaisie, #société, #romanesque, #coups de coeur

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Publié le 8 Octobre 2016

pour les impromptus littéraires, le jeu consiste à employer dans leur sens littéral des expressions imagées , comme : Avoir un cœur d'or, Battre la campagne, Coûter les yeux de la tête, Faire les quatre cents coups, A dormir debout, C'est la mer à boire, Aimer à corps perdu, Passer l'arme à gauche, il tombe des cordes, Avoir la dent dure, Lécher les bottes, L'estomac dans les talons, Avoir un pied dans la tombe, Mettre les pieds dans le plat, Poser un lapin, Tenir la chandelle, S'envoyer en l'air, etc…

Le roi de la toundra (drame écologique)

source image ici clic

Dix jours que Boris et Sacha battaient la campagne et défonçaient la steppe à coups de serpe et de pioche ; déjà la remorque était bien chargée, principalement de défenses de mammouth que rendait  le permafrost, dont la boue dégelée leur léchait les bottes.
Et là, круто*! Une tombe ! Génial !  Les ancêtres ont toujours adoré se couvrir de bijoux pour le grand voyage.
Le recéleur d'Irkoutsk allait se frotter les mains !
Le coffre disjoint était planté verticalement, ils devaient dormir debout il y a  2000 ans !
Il y avait un  grand plat en métal oxydé sur lequel on avait dû, semble-t-il, poser un lapin, ou un chat, comme en-cas, ou compagnon de route ; et apparemment, en glissant, l'ancien avait mis les  pieds dans le plat ! Du moins  il avait un pied dans la tombe et l'autre à un mètre  de là ; le bas des côtes s'était effondré en accordéon, l'estomac était dans les talons de ce qui avait dû être des chausses  en fourrure, à en juger par les gros tas d'arêtes à cet endroit. Une sorte de poignard noirci était fiché dans le bois en travers, et Boris dut passer l'arme à gauche pour dégager le reste.
Le crâne était bizarre, orbites énormes, les yeux plus grands que le ventre, encore qu'il était assez difficile de situer le ventre. Une seule dent dans la mâchoire, mais il avait la dent dure, le bougre !
- Hourra** ! il a un cœur d'or ! s'exclama Sacha, et au même moment, sa lampe frontale s'éteignit.
- Allume la bougie, dit son comparse, on va devoir dégager fissa, la route est longue.
Alors que Boris tenait la chandelle devant le briquet de Sacha, la poche de méthane qui tenait compagnie à la momie depuis des millénaires s'enflamma.
 
Et c'est comme ça que deux filous s'envoyèrent en l'air avec un roi de la toundra.
 
(* krouta      ** hourra)
 
bonus >>>>clic

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Rédigé par Emma

Publié dans #fantaisie, #jeux, #jeux d'écriture

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