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En attendant Serguei.

 pour Miletune, sur un tableau d'A Mintchine


mintchine18
*
Non, non, mademoiselle Claudine*,  pas la peine de te déshabiller.
Je suis pas là pour des chienneries.
Je suis là parce qu’il fait rudement bon ici, et que dehors il fait rudement froid, tu vois ? Et j'ai encore deux heures à attendre le camion de Serguei. Et il se trouve que je suis riche. Je l'ai bien vendu, mon Josef. Trois cents kilos de côtelettes et de saucisses, pur glands et balles de seigle arrosées de kvas, rien à jeter. Sacrée bête. Ça m'a fait peine de le quitter, le Josef.
Alors je me suis dit : Alyosha Adamovitch, c'est pas souvent que t'es riche, alors pourquoi t'irais pas goûter le champagne de chez Tanina, qu'il parait que c'est du vrai champagne de Crimée ?
Eh bien tu vois, mademoiselle Claudine, c'est de la bibine, ton Champagne ! Au prix que je l'ai payé,  j'aurais bien aimé au moins qu'il ne soit pas tiède ! Fadasse ! Du breuvage de femmelette ! C'est pas ça qui va me tenir chaud derrière le camion de Serguei. Heureusement que j'ai mes provisions pour la route !
Et va pas croire que les chienneries,  j'en suis plus capable, mademoiselle Claudine ! Mais les dames, je les aime bien en chair, tu vois, et toi t'es maigre comme une ablette. Et puis, j'ai vu que tes amies sentent toutes bien bon, même la vieille Tanina, avec sa tête de chouette, et moi, j'me suis pas lavé depuis un mois, depuis que le puits est gelé, alors j'ai ma fierté.
Et arrête de te cacher dans ta perruque platinée, mademoiselle Claudine, tu crois que je t'ai pas reconnue, Yekaterina Feodorovna, derrière la peinture que tu te colles sur le visage ?
Tu t'imagines peut être qu'au village on croit ce que raconte Olga ? Que t'es partie travailler à la poste de Omsk ? Et que c'est la poste qui lui a payé sa cuisinière émaillée quand on a retrouvé ton père Fédor  noyé, le nez dans une flaque là où un moineau aurait passé à gué ? Dieu ait son âme, le plus grand buveur de vodka après le père Kostya !
Allons, Yekaterina, déjà fillette t'avais la croupe qui balance !
Et, tu veux que je te dise, Katerina ? T'as rudement bien fait. T'es mieux là qu'à ratisser la boue pour chercher des glands pour les cochons.
Même si, je peux bien te le dire maintenant, si mon Grisha est allé se faire tuer en Tchétchénie, c'est bien parce qu'un beau matin tu lui as annoncé que tu partais travailler à la poste à Omsk, et que t'as jamais écrit.
 
* en Français dans le texte

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D
Bonne & Heureuse Année 2012
Qu'elle t'apporte bonheur, prospérité ... et toujours imagination ...
Bises
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S
Que c'est intéressant à lire, la scène est si bien décrite c'est comme si on y était.Bonne fin de semaine.
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V
Mais j'adore, Emma ! Moi qui rêve en slavon depuis Yéléna, j'ui dirai à Alyosha Adamovith : le meilleur, c'est le bourgogne !
Amicalement,
Valdy
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Q
Il y a des moments comme ça, où tu racontes et je t'écoutes, et je vois se dérouler la scène, comme si le tableau s'animait.

Pauvre homme, et surtout pauvre vie gâchée, celle de celui qui n'est plus là...

Elle, elle en aura toute sa vie des regrets.

Merci pour cette émouvante page.
Douce soirée à toi.
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A
j'ai tant d'attirance pour la Russie que je n'ai pas pu m'empêcher de venir relire ce très beau texte
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N
Tranches de vies...
Et on plonge tête baissée, dans ce court récit.
Très bien écrit.
Bisous !
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D
Poignant de vérité, on sent même le froid de ce pays gélé. Bises Dan
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