La ferveur.
10 déc. 2017La mort commence trop tôt On ne connaît rien à la vie, et la voilà déjà ! Oh ! comprenez donc qu'il n'y a que l'amour qui compte et que nous devons nous unir en face de cette chose noire qui vient de s'installer dans notre maison. (La chatte sur un toit brûlant)
L'un incarnait l'énergie vitale, maintenant tout de suite. L'autre la grâce de l'esprit, la grandeur du passé, le goût de la beauté. Le prince et le pauvre. Le yin et le yang, tout l'humain à eux deux. C'est épatant.
Nous déléguons à quelques icônes le soin de nous représenter sur le podium (les écrans, ou dans l'Olympe), parce qu'ils ont le charisme, le toupet, le talent, le charme, le "too much" qui nous manquent ; à eux de tenir notre rôle par procuration, en retour nous nous réservons le droit d'admirer, idolâtrer... et railler.
Quelle importance pourrions-nous attacher aux choses de ce monde ? La renommée ? Vous la partagez avec la médiocrité ou le crime. disait Chateaubriand qui pourtant ne crachait pas dessus !
La notoriété n'est pas la jauge incontestable de la valeur. Combien de merveilleux artistes et écrivains ont quitté cette terre dans la plus grande discrétion, ou l'indifférence.
Mozart lui-même, Mozart ! a été enterré à la tombée de la nuit au cimetière Saint Marx, dans une fosse commune.
La foule est versatile : comme les insectes sont attirés par la lampe, elle peut s'enflammer pour le meilleur, comme elle peut suivre la musique militaire, la flûte de Hans de Hamelin, les orateurs les plus diaboliques…
Mais pourquoi ce besoin de se rassembler, de communier, quelle qu'en soit la raison ? Selon les bouddhistes, parce qu'aucun être humain ne peut se résoudre à être coupé du "grand tout".
Par définition, l'homme est situé dans l'espace et dans le temps et il n'accepte ni l'un ni l'autre.
… Tout être humain dès sa conception, dès qu'un ovule et un spermatozoïde ont fusionné, se trouve devenu une individualité parmi beaucoup d'autres, coupé du Tout ou de
Et si notre âme a valu quelque chose, c'est qu'elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.
Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l'aube ; lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots - et que chaque caresse de l'air riant m'a fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire, Nathanaël.
Je t'enseignerai la ferveur.
(Gide, Les Nourritures terrestres)
le paradis sur terre est ici en son entier
