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Allons, bas les masques !
J'ai beaucoup ri, beaucoup dansé.
Mais là, dans la sombre ruelle,
cernée par votre groupe qui me parait hostile,
je vous demande, je vous supplie, enlevez donc vos masques.
Toi le sphinx, noir et figé,
es-tu le damoiseau qui m'envoie les billets
que ma chambrière me donne sous le manteau ?
Ou bien quelque valet qui aurait à se plaindre ?
Toi le moine louvoyant vêtu d'austère bure,
dont la barbe noire dépasse de la cuculle baissée,
serais-tu chevalier ? ou un fieffé bandit ?
Vous me faites peur, vous dis-je,
Enlevez donc vos masques…
Ils sont moins drôles que ceux du bal, hier
Où lapines et cocottes valsaient avec des cochons roses
Laissez mon chapeau, monsieur, vous avez pris mon loup, cela suffit !
Osez encore un geste et je crie !
Que n'ai-je écouté mon père, il était clairvoyant.
Mais il a fallu que je sorte du château, à son insu…
Et puis tenez, approchez donc, si vous le voulez tant.
Mes douze petits frères sont étendus fiévreux tout en haut de la tour,
Marion la nourrice remue pour eux la panacée de frère Blaise
dans la cocotte en cuivre qu'elle a mise sur le feu.
Ils ont la scarlatine, qui a fait, vous le savez, huit mille morts à Padoue,
et moi-même je ne me sens pas très bien…
Approchez donc si vous l'osez, et venez m'embrasser…
à moi la garde, à l'aide !!!