le fantôme de l'opéra
23 sept. 2009

Le début est proposé par Nadine (croquée ci dessus): le fantôme de l'Opéra de Paris vient d'arriver à l'Opéra de Detroit.
Le chef lève sa baguette et...
celle-ci se recourbe gracieusement comme la tige d'une tulipe fanée.
En même temps, les cordes font des noeuds, les bois se tordent comme des boas, le triangle s'arrondit.
Matière molle.
La violoncelliste bouddhiste, le pianiste exhibitionniste, le flûtiste cryptocommuniste, la harpiste idéaliste, le cornettiste naturiste, le trompettiste pessimiste, le hautboïste unijambiste et les violonistes tristes restent cois.
Quoi ?
Cois.
Silence.
Pas un son.
Pause.
Derrière le rideau, la grande haridelle qui joue Giselle devient toute blanche et fait une syncope. Glissendo.
Octave le régisseur, pris de peur, fait une fugue.
Contretemps majeur.
Un soupir d'impatience monte de la salle. Un trio laid est secoué par une quinte nerveuse.
Les choristes syndicalistes se lèvent. Ils se sont trompés de jour, ils croyaient qu'on donnait Aïda .
Dans les cintres le fantôme se lasse. Il tape le velours rouge de son éventail (il n'a pas eu le temps de se changer depuis le chevalier à la rose qu'il a perturbé à Berlin), et part s'enfiler une absinthe au bar. C'est pas tout ça, il doit encore faire le Met et les émirats dans la soirée.
La baguette se redresse, les cordes se tendent, slancio ! Giselle se met à gambader gaiement.
Un petit canard passe inaperçu : c'est Annette, la brunette à lunettes qui ne retrouve pas le do de sa clarinette.
Beau succès ! dira la presse demain, malgré quelques bémols : le tuba un peu bas, le basson molasson, trop de sanglots longs chez les violons, galipettes des trompettes dans les grimpettes, mais les cors étaient raccord, et le violoncelle a fait des étincelles...
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