On dirait qu'on serait des Pinocchio bricolés par un Gepetto qui s'ennuyait dans les nuages, fatigué d'avoir longtemps joué à la guerre des étoiles.
Il a dit "maintenant que j'ai le temps, rebosons nous"
Nous gambadons plus ou moins joyeusement au bout des ficelles qu'il manipule distraitement. Il attend en fait que sa créature arrive à lui échapper, et se libère.
C'est ça, son but, à Gepetto.
Une fois il a bien cru que ça y était.
Lorsqu'un joli champignon s'est élevé au dessus d' Hiroshima, il a levé un sourcil intéressé :
" ça y est, ce con, il va réussir à se faire sauter ! "
Et puis, les choses ont trainé, il a repoussé ses lunettes sur son front dégarni, et s'est replongé dans ses mots croisés.
Dirige le monde, en quatre lettres… Dieu ? Ah non, fric…
Quelques secondes plus tard, Pinocchio s'est mis à manipuler les gènes et à cloner, et d'orgueil dont il était bouffi se tambourinait la poitrine
comme le gorille qu'il était encore un peu.
Pas mal, dit Gepetto... pour le concours Lépine.
Dites donc, les anges, c'est l'heure de la sieste, vous voulez bien aller jouer de la harpe un peu plus loin ?
Réveillez-moi dans mille ans…
*
L'homme
(en cette journée de la femme)
L'homme dit :
Je sais, je peux.
Je suis Dieu.
Je sais créer le feu, la lumière, l'énergie.
Je peux plonger dans les abysses.
Les atomes, je les fuse et je les fisse
dans d'admirables pyrotechnies.
Je peux voler
plus haut que les oiseaux,
plus vite que l'éclair,
plus loin que la lune.
Je vois ce qu'on ne peut pas voir,
et même ce qui n'existe plus.
Je peux, d'un claquement de doigt,
ou un clic,
mobiliser des foules,
les faire danser,
ou marcher comme de braves petits soldats.
Je peux ôter la vie à tout être,
et fabriquer de beaux massacres sur écrans géants.
Je peux semer la vie dans des ventres séniles,
Je peux la créer sans parents.
Je sais transmuter en or
des cartes, des bourrins,
de la poudre, ou des filles.
Il répète :
je suis Dieu.
Puis il crie : "où t'as encore foutu mes lunettes ?"
Bien vu !<br />
De la profondeur et de l'humour, c'est quasiment parfait.<br />
Bien entendu ce sera tout à fait parfait quand Dieu sera une femme !<br />
Et sinon, l'idée d'un cataclysme thermonucléaire a quelque chose d'apaisant.<br />
Longtemps on s'échinait avec « c'est la lutte finale ! » Et rien du tout au final.<br />
Alors : « c'est le cataclysme final ! » Ça un petit côté : ouf ! Enfin ! On en a assez ch....
Dieu est noir, et c'est une femme... c'est ce qu'avait chanté Hugues Aufray il y a longtemps.<br />
"Car si un Dieu unique un jour nous a créé<br />
Il n'est pas pour le moins comme vous l'imaginez<br />
Je me dois aujourd'hui de dire ce que j'ai vu<br />
À vous de décider si vous êtes déçus<br />
Car le Bon Dieu du ciel, maintenant, c'est certain<br />
Est un être charmant de sexe féminin<br />
Et je dois ajouter à sa plus grande gloire<br />
Que c'est une jolie fille et qu'en plus, elle est Noire"<br />
J'avais adoré cette chanson, comme j'aime énormément ta page.<br />
Merci pour le partage.
M
Mo
08/03/2022 15:20
Un texte aussi profond qu'amusant...<br />
Bon après-midi<br />
Mo
Les humains vivront en paix lorsque certains arrêteront de jouer à Dieu avec toutes les conséquences qui vont avec mais n'est ce pas trop tard ? J'espère que non
Einstein dit un jour, il y aura une troisième guerre mondiale, terrible, pluis une quatrième avec des pierres et des bâtons, vu ce qu'il restera des hommes et de ses pouvoirs....