le violon de Chagall
05 mars 2019
Ce violon qui gît dans la poussière
n'a jamais triomphé sur des scènes glorieuses.
C'est le violon errant,
avec son long manteau,
la musique sauvage
qui se joue à l'oreille.
LA musique.
Il est plein de vent, de fêtes et de larmes.
du fond des siècles il traverse les steppes
caresse le tronc rêche des bouleaux blancs,
au bord des lacs gris
s'ébroue dans le léger feuillage,
d'un coup d'archet râpeux.
Ce violon-là est plein du vent descendu des montagnes,
qui rend les chiens peureux, aplatis, gémissant
sous les maisons de bois.
Trop joyeux quand il joue sur le toit
pour des mariages fantômes,
parce que le temps est tragiquement compté
qui se noie dans les cris et les larmes
en des endroits plus noirs que l'enfer.
Collez l' oreille sur le violon
qui gît dans la poussière :
on entend souffler le vent des steppes
comme bruisse la mer au fond des coquillages...
bonus>>> CLIC