le nid, fantaisie volatile
photo pictozoom
 
La vocation, Tanguy Loiseau l’avait eue tôt.
Poulet ! Comme Navarro qui était son héros.
Oh, c’était pas un aigle, mais il était zélé,
Il traquait les faisans, et il coffrait les grues.
Beau palmarès, ma foi. Jamais une bavure !
 
Côté cœur, en revanche, c’était le calme plat.
Puceau à quarante ans, ça n' le tourmentait pas.
Tu travailles trop, mon cœur, disait Colombe, sa mère
Qui faisait comme pas deux la terrine de canard,
le pâté d'alouettes, et le cake de courgettes.
(la crème aux œufs aussi)
 
Les galons, les médailles ? Miroir aux alouettes !
Fils, ne fais pas l’autruche ! Ça ne serait pas chouette
D’avoir une petite caille qui t’attend chaque soir ?
Je te le dis tout net, ici c’est trop petit.
J’ai besoin d’un peu d’aise : tes bottes, tes flingues,
Les posters de Rambo, il y en a partout !
Et puis, ta collection de dentiers, c’est morbide.
Marcel, mon cavalier du salon de tango,
Voudrait vivre avec moi. C’est quand même mon droit !
 
Alors je n’en peux plus. Où trouver l’oiseau rare ?
Je t’ai présenté Jeanne, la caissière de Franprix,
tête de linotte, dis-tu, et bavarde comme une pie !
Paloma, ma coiffeuse, Mélodie la pompiste. Je te cite :
«L’oie blanche est trop grasse. Et la dinde était froide
Qu’est devenue, au fait, la brune volcanique
Qui a de si grands pieds et une belle voix basse,
Avec qui je t’ai vu dans la rue l’an dernier ?
 
Il est temps, mon petit, que tu quittes le nid !
 
qui a dit que ça ne casse pas trois pattes à un canard ? si si je l'ai entendu !!!!
 
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