réédition à l'occasion de la

 

sn (2)

 
Marceline, c'est moi,
ta petite Camille, que tu appelles "ma douce".
 
Je te trouve fort jolie
avec la capeline que tu dis "impériale"
parce qu'elle te rappelle un portait d'Eugénie,
et ta "petite laine" tendrement assortie.
 
Vers quel monde englouti plonge ton regard vide ?
 
Quand parfois tu souris, en m'appelant "madame",
je me prends d' espérer :
peut-être, 
peut être qu'en déblayant les gravats
qui bloquent le passage vers  ton âme,
tu vas soudain surgir :
"Coucou je t'ai bien eue,
j'étais là-haut cachée
tout au fond du grenier."
 
Et quand le vieux Socrate
vient soulever ta main de sa truffe fidèle,
tes doigts, sur le poil doux,  savent encore la caresse.
Tu n'es pas si loin,
dis,
tu t'es juste absentée ?
 
Tu ne vois pas sans doute
le livre de photos que je t'ai apporté.
Mais tu tournes les pages.
Te voilà en mariée
et si mal fagotée, disais-tu en riant,
parce qu'il avait fallu, de peur de lui déplaire,
porter la robe faite par ta gentille marraine.
Lui, que tu ne vois pas,
il était ta chaleur,
et tu étais sa flamme.
 
Encore cette musique
qui est censée sans doute
stimuler la mémoire
avec le "bon vieux temps" :
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou, de l'homme trouble l'âme.
 
Si tu étais ici,
cela te ferait rire,
toi que j'entends encore chanter
en m'apprenant les pas du rock and roll :
One, two, three o'clock, four o'clock, rock,
Five, six, seven o'clock, eight o'clock, rock…
 
Marceline, je t'en prie
ne me laisse pas seule
frissonner au soleil… 

 

les mots de la fin, ici ...CLIC

peinture Sixte pour Miletune


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