un p'tit coin d'parapluie

  • alinea
  • burlesque

Cours de civilisation contemporaine. (pour Miletune)

 

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Première diapositive,  s’il vous plait.

 

Un parapluie.

Un pépin, un pébroque, un riflard.

Objet banal aux yeux du commun, qui n'y voit qu'un accessoire destiné à protéger de la pluie.

Pourtant, parfois, le  poète y trouve  un p'tit coin d’p’aradis, et le danseur un agréable et très discipliné partenaire...

 

Malgré son apparente discrétion, le parapluie a été choisi, vous le savez, pour  être expédié dans les galaxies lointaines, à destination des habitants éventuels de l'espace-temps,  parmi  cent objets  témoins de notre société, au nombre desquels l'IPad, le préservatif, et la poêle téfal, déjà traités précédemment.

 

Qui dit "parapluie" pense à la fois  "élégance", et "pratique".

Le parapluie fut un accessoire indispensable à l'élégance du gentleman en chapeau melon.

Détail amusant : en Anglais, parapluie se dit “umbrella”, ce qui est un bel exemple du "nonsense" de nos amis d'outre-manche. Ou de leur foi en la méthode Coué, eu égard à leur climat.

Au cours des siècles précédents, et jusqu'à l' invention du grotesque Kway, aucun homme d'un certain rang ne sortait sans son parapluie, ou sa canne, (une proche parente sans ailes), auxquels il confiait parfois des missions de confiance, comme de transporter des liqueurs roboratives dans le pommeau, une épée dans la tige, ou du cyanure dans la pointe, ce qui lui permettait de régler ses  problèmes relationnels avec distinction et discrétion.

Notons,  tout récemment encore, le développement " jamesbondien" du parapluie des gorilles  (ceux du président, bien sûr) : le para pactum blindé destiné à servir de bouclier.

 

Ma grand-mère m'a raconté une anecdote de son enfance. Il y avait  au village, comme dans tous les villages d'alors, des notables respectés : le curé, le docteur, le notaire. Ce notaire-là s'appelait Mr Dautelle, autrement dit c'était "Maître Dautelle", ce qui faisait s'esbaudir le manant (traduction :"LOL, mec"). Du moins celui qui n'avait pas affaire à lui, parce qu'il était rare qu'on s'amusât dans les occasions qu'on avait de le voir, succession belliqueuse ou âpre contrat de mariage, rendues plus éprouvantes encore du fait de son apparence aussi affriolante que celle d'un prêtre de l'inquisition.

Or, raconte ma grand-mère, cet homme était aussi pingre que riche. On disait qu'il dinait d'un œuf dur partagé avec sa triste épouse. Malgré, ou plutôt à cause, de cet ascétisme, il ne manquait aucun lunch de mariage auquel sa fonction le faisait inviter, ni vin d'honneur de la fanfare, ni même petit blanc du 14 juillet qu'on aurait  pourtant cru incompatible avec ses opinions. Ou ce qu'on en imaginait, car l'homme était taiseux.

Toujours nanti de son inséparable grand parapluie noir, quel que soit le temps, il manifestait alors grand appétit.

Mais un jour, au cours d'une de ces fêtes villageoises, des gamins en courant firent dégringoler dans un escalier le parapluie de Maitre Dautelle.

On vit alors s'en échapper, comme d'une corne d'abondance, plusieurs quartiers de tarte et une ribambelle de petits choux à la crème.

Ce qui illustre bien le côté "compagnon pratique" du parapluie, en ce sens proche de nos sacs à main.

 

Mais reprenons les fondamentaux.

Un parapluie, nous dit l’encyclopédie virtuelle, un parapluie est un dispositif portable et se repliant, permettant de se protéger de la pluie.

 Un dispositif portable et se repliant.

 Portable.

Et se repliant.

 C’est ENORME !

 Encore que le mot “dispositif” prête à discussion,  mais ne pinaillons pas.

Le dispositif, donc, poursuit l’encyclopédie, varie en taille et en forme, mais sa conception est fondamentalement la même : un bâton central soutient des tiges articulées, ou baleines, par l’intermédiaire d’un anneau coulissant. Lorsque l’anneau est en position basse, les baleines sont complètement aplaties le long du mat.

Complètement aplaties le long du mat !

 Saisissez l’allégorie.

C’est littéralement HOMERIQUE.

Les baleines, ces malheureux cétacés décimés par une chasse effrénée, cruelle et irresponsable, se réfugiant, apeurées, aplaties, suppliantes, le long du mat où Ulysse est attaché, bouchons de cire dans les oreilles.

C'est pour éviter des pépins avec les défenseurs des animaux que désormais les baleines ne sont plus en baleine.


Bien. Un volontaire pour l'exposé sur le coton tige ?


 

Lorraine 31/01/2014 10:36

Tu as tout dit sur le parapluie et de quelle belle manière! J'ai eu le sourire tout le temps, chère Emma, et je t'en remercie. J'essaie une fois,encore de te joindre...

Lorraine

m'annette 13/10/2011 12:54


je trouve que tu fais ça très bien, pourquoi te retirer cette occupation???
Le parapluie, version ancienne du tupperware....
bizzzzzz


Quichottine 11/10/2011 22:17


Je me demandais où tu voulais en venir...

Me voilà rassurée, et je me sauve avant d'être envoyée au tableau...

Superbe texte !


Lorraine 11/10/2011 21:14


C'est absolument charmant, cette histoire de parapluie; tu y as mis la fantaisie, la véracité, les explications utiles, le sourire et le brin d'humour qui fait qu'on se réjouit à te lire. Bravo!


Solange 10/10/2011 20:20


Je l'ai lu ce matin sur miletune et ici, c'est du beau travail moi je n'ai pas encore trouver l'idée.


Sagine 10/10/2011 10:29


Bravo, Emma, j'ai adoré ce sourire que tu as forcé sur mes lèvres enrhumées.
Je suis un peu restée sur ma faim concernant le KWay (il me reste Dany Boon)et j'aurais aimé que tu n'oublies pas l'"imperméable italien" (c'est comme ça que l'appelait ma mère) qui se repliait en
pochette et qui, si je me souviens bien, ne m'empêchait pas d'être trempée.
Un p'tit coin d'paradis sous un coin d'parapluie...


sophie 10/10/2011 09:17


J'ai toujours depuis quelques temps pour mes balades un parapluie qui m'aide à marcher droit...
Une baleine défaillante que je recadre lorsque je dois l'ouvrir, sa couleur bleu et vert écossais et me voilà partie en balade.
Belle histoire ici ce matin Emma.


valdy 09/10/2011 20:45


On aura attendu longtemps mais cela valait la peine... Un vrai brain-storm pour un parapluie ! Et moi j'ajoute pour toi Emma : Chapeau !
Inconditionnellement vôtre,
Valdy


aimela 09/10/2011 17:09


Un sourire ce matin sur miletune, un sourire ce soir sur ton blog . Il fait froid mais bon cela ne nous empêche pas de nous amuser . Bises


Martine27 09/10/2011 13:27


Excellent le coup de la corne d'abondance. J'avais fait une blague à une collègue en mettant dans son parapluie les confettis récupérés dans la trouillouteuse !


Nina Padilha 09/10/2011 13:17


Je préfère les parasols.
Je n'utilise jamais de coton-tige !
Allez : je retourne sous la couette !
Bisous !


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