Le vol de l'ours, conte pour tout petits enfants

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Le vol de l'ours  


             manege

 

ici   version racontée et animée de ce conte.


    Le soir tombe sur la ville.

 C’est une grande ville très moderne, avec de hauts gratte ciels qui se découpent, tout bleus, sur le ciel doré par le soleil couchant. On dirait un magnifique jeu de construction géant.

Dans la ville bleue, les gens se pressent de quitter leur travail pour rentrer chez eux. Si on les regardait depuis un hélicoptère, on les verrait courir partout comme des fourmis minuscules. Ils montent dans leur voiture, ou prennent le métro ou l’autobus pour regagner leur maison.

Et bientôt la ville est calme et prête à s’endormir…

C’est l’heure où les petits enfants se blottissent dans leur lit douillet, serrant contre eux leur doudou, à qui ils chuchotent des secrets. Quelques uns, (des garçons pour la plupart), ont glissé sous leur oreiller un petit camion de pompier avec qui ils espèrent partager les aventures de leur rêve.

Et aussi, il faut bien l’avouer, pour que leur frère ne puisse pas le trouver.

Mais au numéro 10 de la "rue des petits pas", cette rue pavée qui descend vers le vieux quartier, où les maisons basses sont roses ou jaunes, une petite fille est bien malheureuse.

C'est Caroline, qui pleure dans les bras de sa Maman.  Elle ne veut pas se coucher parce qu'elle a perdu Bibou, le fidèle teddy bear tout doux qui ne la quitte pas depuis sa naissance.

- Allons ma Calinette, dit maman, nous le retrouverons demain, il a sans doute glissé de la poussette dans le jardin, ou le garage ! Il va juste passer la nuit dehors, et sais-tu ce que nous lui ferons demain matin ? Un bon shampoing !

Mais Bibou n'est pas du tout dans le  jardin ou le garage. Il est ... sous un banc, dans le jardin public du vieux quartier. Là où Maman et Caroline sont allées se promener cet après midi. Caroline s'est bien amusée : elle a fait de la balançoire, et a sauté dans la piscine à ballons. Et elle a joué avec Mister Joe, le petit chien de Madame Butterfly,  la vieille dame qui tricote des mitaines en coton blanc, chaque jour, sur  le banc près du manège, parce qu'elle adore écouter la musique...

Le temps a passé si vite que tout à coup Maman a dit :

- vite vite, ma Calinette, il faut rentrer, je dois passer à la pâtisserie avant la fermeture, tu sais que Oncle Bobby et Tante Bridget viennent déjeuner demain.

Elle a attaché Caroline dans la poussette, lui a mis sur les genoux son gros sac et a couru vers la sortie.

De sorte que la petite ne s'est pas rendu compte que Bibou n'était pas là.

Bibou a glissé sous le banc de Madame Butterfly, et en ce moment, alors que la nuit est presque  noire, il est là tout seul, dans une touffe d'herbe, un peu poussiéreuse, à cause de tous les pas des petits enfants. Et il a fini par s'endormir...

Jusqu'à ce qu'une voix aigüe le réveille

- C'est qui celui là ?

C'est Mimi la souris qui pose la question à Babette la pie.

- Je m'appelle Bibou.

Il faut que je vous explique. Le jardin public du vieux quartier rose et jaune n'est pas tout à fait comme les autres. La nuit, les animaux y parlent, comme vous et moi. Et même les ours en peluche. On ne sait pas comment cela se fait, peut être parce que madame Butterfly est une fée ?

Toujours est-il qu'il y a maintenant un cercle d'animaux curieux autour de Bibou : Mimi la souris, Babette la pie, mais aussi Zimbabal le perroquet vert échappé d'une cage, Rosie et Rosa, les mésanges jumelles. Leur bavardage a réveillé Monsieur Fred, l'écureuil soigneux, qui, pour la nuit, avait déjà rangé sa belle queue dans une feuille de rhubarbe.

Un peu plus loin la nombreuse famille Lapinot observe la scène prudemment.

- Tu sais voler ? interroge Zimbabal

- sauter ? demande Monsieur Fred

- rien de tout ça, répond Bibou. C'est toujours Caroline qui me promène, me porte, me sort, me couche. Et je dors toujours avec elle. Je ne sais pas pourquoi je suis ici cette nuit.

- Eh bien dis donc, en voilà une vie ! soupirent en chœur Rosie et Rosa

- Mais c'est très bien, proteste Bibou, je suis toujours au chaud et elle me câline gentiment.

- On ne peut pas le laisser là ! intervient Monsieur Lapinot père. La balayeuse publique qui passe tous les matins aura tôt fait de l'arroser et de l'aplatir, et peut être pire !

- Ah non, ah non ! se mettent à pleurer bruyamment les douze petits lapinots !

Ce qui déclenche un vacarme, chacun y allant de son idée pour sauver le pauvre Bibou.

- J'ai trouvé ! annonce Monsieur Fred, on va le mettre à l'abri dans un arbre. Vos logements sont trop petits pour lui, mais vous savez que mon nid  dans le grand érable est très confortable, je l'ai garni de mousse, cette chose y sera très bien, pour la nuit du moins.

- je ne suis pas une chose, je suis un ours !

- ah ah ah ! Tous les animaux sont pliés de rire. Mimi se roule par terre de joie ! Toi, un ours ? Il y en a, des ours,  là bas, au fond du parc : à côté de toi, ce sont des montagnes !!!

- Et comment va-t-il monter dans l'arbre, cet ours riquiqui qui ne sait ni sauter, ni voler ?

 J'ai compris, dit Babette, c'est moi qui vais devoir le porter. Oh j'ai l'habitude, c'est moi qui dois ramasser les mouchoirs et les lunettes de soleil que les promeneurs oublient sur les bancs. J'ai déjà huit nids pleins, c'est moi qui fais tout le boulot, ici !!!

Allez, Maitre Bibou, je t'attrape dans mon bec, et on y va !!!

Ainsi est fait. Babette dépose Bibou dans le nid de Monsieur Fred, et chacun retourne, qui dans son nid, qui dans son terrier...

Et la nuit passe, douce et tiède.

Au matin la balayeuse passe bruyamment dans les allées du jardin public du village rose et jaune. Tous les animaux sont réveillés, mais vous savez ce que c'est, même dans les jardins magiques, les animaux ne parlent pas le jour, et par prudence, ils restent cachés.

Soudain un petit groupe apparait, très affairé. Il s'agit du Papa et de la Maman de Caroline, avec Caroline elle même dans sa poussette, accompagnés de Oncle Bobby et Tante Bridget qui viennent d'arriver. Ils n'ont trouvé Bibou ni dans la maison, ni dans le garage, ni dans le jardin du 10 de la "rue des petits pas", ni dans la "rue des petits pas" elle -même. Et donc Maman en a conclu qu'il devait être resté dans le jardin public.

Ils ont interrogé Monsieur Gepetto, le gardien, mais il n'a rien vu.

Madame Butterfly non plus.

- Mais ma vue est si basse,  dit-elle, que souvent je ne retrouve pas ma pelote de coton. Et je dois demander à Mister Joe de me la rapporter. Mais j'y pense ! Appelons-le, il va nous aider à retrouver Bibou.

Mister Joe, Mister Joe, Mister Joe !

Mister Joe cesse de courir après les papillons et, obéissant,  arrive  près de Madame Butterfly.

- faisons lui respirer l'odeur de la poussette, dit Oncle Bobby qui est policier à Chicago, il va nous conduire au disparu.

Mister Joe est un petit chien très intelligent, il connait bien Caroline et Bibou, il se précipite sous le banc où le petit ours a glissé la veille. Mais il n'y a rien.

Ouah ouah ! Il se met à aboyer furieusement au pied du grand érable. Et réveille Monsieur Fred.

D'un grand coup de sa belle queue, celui-ci expédie Bibou dans les airs.

Heureusement Mister Joe le  rattrape avant qu'il ne heurte le sol.

- Bibou, Bibou ! applaudit Caroline. Tu as vu, Maman, il vole !!!

- ça alors ! marmonne l'oncle Bobby, en quinze ans de carrière, j'ai jamais vu une chose pareille!

Mais Caroline s'en moque, elle est heureuse !

 

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Aimela 02/05/2010 11:00


Il est très joli ce conte et la peinture avec, je reste sous le charme de ces chevaux de bois :)


Annick Schulthess-Brillant 02/05/2010 10:46


Et dire que je ne suis pas encore grand - mère !

Quel dommage , en tous les cas, bravo pour ton imagination !


C'est vrai qu'elle est jolieSolange 02/05/2010 03:38


Très intéressante histoire, je vais la raconter à mon petit-fils que je garde régulièrement.Tu as toujours plein d'idées d'écriture.


domino 01/05/2010 18:46


Une belle histoire dans un jardin extraordinaire où les animaux ne parlent pas l'anglais mais savent prendre soin des doudous égarés! Je prends, je suis sûre que ma petite Lison va adorer cette
hisoire. Merci pour ce petit cadeau du jour!


ludmilla 01/05/2010 14:28


bien joli conte, je me suis téléportée quelques décades en arrière au temps où j'aurais bien voulu entendre cette histoire. ce qu'il y a de bien avec le merveilleux c'est après la tristesse ou la
peur revient la douceur.


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