Le sacrifice de l'agneau. V1

Publié le 22 Décembre 2011

 

à la façon du cantique des cantiques


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Quel est cet homme, ma mère, qui partage ma couche ?

Ma mère, je ne le connais point.
Je vis ce matin pour la première fois
Sous le chèche son oeil perçant comme le dard du frelon
Qui butine les fleurs sucrées de l'acacia.
Sa peau est noire, brûlée par le soleil…
Quel est donc cet homme, ma mère, qui dort là dans ma couche ?
Son poil est comme la laine que laissent les moutons aux épines du myrte.

Ô Bethsabée, ma mère, tu le sais,
Quand il vient sous le grand cèdre au milieu des brebis,
Mon bien-aimé a des boucles blondes comme les copeaux
Que mon père fait jaillir du bois de l'olivier,
Ses yeux sont des oiseaux au-dessus du désert
Qui fondent sur mon âme affolée.
Ses lèvres ont la couleur de la grenade mûre,
Et ses dents sont telles les perles blanches de la mer rouge…
Cet homme qui dort là, les a noires et rares.

La voix de mon bien-aimé est comme une cascade de miel qui dévale les rochers.
Celle de cet homme endormi que vous m'avez donné
Gronde comme l'orage quand son char de feu embrase les collines.

Ô Bethsabée, ma mère,
Moi Sarah, fille de Loon,
Je jure que ce n'est pas pour celui-ci que mon cœur palpite
Comme celui de la proie dans les serres de l'aigle.
Qu'adviendra-t-il ma mère, si mon sein porte le fruit de mon bien-aimé ? ….


 

 

 

Rédigé par alinea

Publié dans #vaguement poétique

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Jackie 02/05/2012 21:19

Un très beau poème Emma.
Merci

valdy 26/12/2011 21:37

C'est magnifique Emma

Solange 23/12/2011 02:55

Et dire que ça se pratique encore de nos jours.Belle complainte et belle peinture.

Aimela 22/12/2011 12:37

pauvre femme, le pire c'est qu'elle ne se révolte pas.Elle est très jolie ta peinture Emma

Aimela 22/12/2011 12:36

pauvre femme, le pire c'est qu'elle ne se révolte pas.Elle est très jolie ta peinture Emma

Quichottine 22/12/2011 11:13

Il ne devrait pas y avoir ces moments où ce n'est pas celui que nous aimons qui partage notre vie.

Merci pour ce poème, Emma.

Lorraine 22/12/2011 10:57

Ce chant murmuré ne se révolte pas, il a la douceur de l'agneau sacrifié et pourtant ta plume poétique donne le frisson. O Bethsabé, pourquoi sacrifier ta fille à un rite? Pourquoi, si ce n'est que
le père tout-puissant exige. Et que tu fus aussi la sacrifiée, comme toutes les femmes avant toi. Emma, comme tes paroles sont belles!

libre necessite 22/12/2011 07:50

Ce qui fait frémir c'est que la pratique se perpétue encore aujourd'hui et sans laisse libre cours à une telle plainte. Bises Dan

Nina Padilha 22/12/2011 07:16

Eh oui... Les unions arrangées dérangeantes...

louv' 22/12/2011 06:39

j'aime beaucoup la plainte de cet agneau..