fenêtre sur cour

C'est un type qui porte des cartons sur l'escalier côté cour d'un immeuble (pour miletune)

 

 

 

Les voisins d'en face.

 

-Jeannot, viens vite !

- Attends, c'est à moi de jouer, j'ajoute un X à ton CHOU, le mot compte triple, 24 !

- Viens, je te dis ! Vite !

- Quoi encore ? Les éboueurs sont enfin passés ?

- Prends l'appareil ! Regarde le type, prends une photo !

- Ça va pas ? Pourquoi veux-tu que je le prenne en photo, ce mec ?

- Pour la police. Tu vois pas qu'il sort de chez cette pauvre madame Lenska ?

- Qu'est-ce qu'elle a cette "pauvre" madame Lenska ? Elle est malade ?

- Mais j'en sais rien si elle est malade, on s'en fout ! Mais regarde, c'est pas normal. Il est en train de la déménager.

- Ah bon, elle déménage, la petite Lenska?

- Comment ça la "petite" Lenska, je la trouve pas « petite », moi ! Elle est plutôt boulotte, même…

- Boulotte ? Bien roulée je dirais... Et gentille en plus, dommage qu'elle déménage…

- Mais elle déménage pas ! Enfin pas que je sache. Ça te manquerait, hein, de ne plus pouvoir la zieuter pendant son bain de soleil sur le balcon ?

- Ça va pas, la tête ? Moi ? Je la zieute ? D'abord elle prend pas de bain de soleil sur son balcon, elle travaille sur son portable.

- Ah oui, et comment tu sais, ça, on la voit même pas quand elle est sur son balcon, vu qu'elle se cache derrière un affreux treillis en bois ...

- Oh tu m'agaces, je l'ai vue une fois sortir avec son portable.

- Tu crois que je te vois pas la reluquer dès qu'elle sort ? Fais l'innocent.

- Et alors, le déménageur, il fait quoi, dans ton délire ?

- C'est pas un déménageur, j'suis sûre, c'est un cambrioleur, enfin t'as pas vu à la télé? Ils opèrent au grand jour maintenant, ils amènent des camions, et ils vident les maisons comme ça, devant tout le monde, sans se gêner. Du coup les voisins croient que c'est un vrai déménagement.

- Mais ce type n'a que 2 petites caisses, c'est pas un gros cambriolage.

- Attends, ils sont peut-être plusieurs.

- Il a pas l'air méchant.

- Tu veux parier que c'est son Jules qui se taille avec ses bijoux ?

- Ses bijoux, elle doit pas en avoir tant que ça, Irina ! En tout cas pas deux caisses !

- Irina ! Carrément ! Tu l'appelles par son prénom maintenant !

- Mais, Choupette ! On était à côté d'elle au repas des voisins, rappelle-toi, on avait bien sympathisé…

- Ouais, je sais bien où elle se loge, ta sympathie. D'ailleurs elle doit pas en avoir qu'un, de Jules, la belle Irina, çui-là, c'est un de ses clients, si tu vois c' que j'veux dire…

- Là t'exagères, elle travaille à la poste !

- Justement, on a bien vu à la télé que c'est fréquent de nos jours, le "double-emploi" des madame-tout-le-monde pour arrondir ses fins de mois…

- Eh ben t'en sais des choses ! Bon, je l'ai prise, la photo du déménageur/souteneur/cambrioleur. T'es contente ? On peut la finir, la partie ?

Tiens, là tu peux pas faire PARANO ? Ça compte double….

 

Le type lui-même

 

La vache, la vache, la vache !!! Vieille vache !

Me ficher dehors, comme un malpropre ! Ma propre mère !

Pas croyable.

Et sans sommation, enfin presque. Parce qu'est-ce qu'elle m'a laissé comme préavis ?

3 jours ! C'est quand, lundi, ou mardi, qu'elle m'a fait ce sale coup ?

Ah la vache !

La bouche en cœur :

"Tanguy, mon grand, il est temps de prendre ton envol".

Mon envol ! Je t'en ficherais des envols ! C'est toi, vieille folle qui devras le prendre, ton envol, quand cet imbécile t'aura plumée ! Et là tu auras beau pleurer, je ne reviendrai pas.

Non mais quand même, à son âge !

"Je vais vivre avec Marcel Dupipau, tu sais, mon copain de chorale ?".

Pathétique. Ce blaireau avec une queue de cheval jaunâtre ! Une queue de rat plutôt.

C'est vrai qu'elle, elle n'est pas beaucoup mieux ! Un petit peu quand même, au moins elle est bien coiffée.

Mais qu'est-ce qu'ils vont pouvoir faire ensemble ? J'aime mieux ne pas y penser, c'est dégoutant. Si c'est pour jouer aux cartes, ça je pouvais le faire, maman !

Au blaireau, les petites blanquettes et le cake aux figues ! Ah la vache !

Elle pèse des tonnes ma collection de fossiles ! Même pas pu prendre la vitrine !

Quelle radine !

"Mon grand, tu as des sous à la banque, beaucoup, même, puisque t'as pas payé de loyer jusqu'ici. Tu t'achèteras une autre vitrine. Celle-là vient de papa, je la garde, d'ailleurs j'y remettrai ses pipes qui sont dans le garage".

Papa ! Tu parles d'une fidélité alors qu'elle va amener son amant !

Son amant ! Bouac !

Et cruelle avec ça :

" Et avec tes économies, profites en pour te relooker ! Tes affreux polos, ça fait années cinquante, tu trouveras pas une petite femme si tu restes fringué comme ça ! Secoue toi, t'as quand même quarante ans le mois prochain !"

Et qui c'est qui va me faire mon gâteau, cette année ?

 


 

DADA 12/06/2011 19:20


Me revoilà !
J'ai lu avec retard tes articles
J'aime beaucoup celui-là
un petit film à lui tout seul !
Un régal ! !
Bisettes


Francois Lagane 12/03/2011 14:00


Excellent ce texte.Belle retombée sur ce "type".Drole de cambrioleur.


Solange 11/03/2011 02:52


Très intéressant ton texte, je l'avais vu également sur miletune. Il est chanceux le monsieur dans son fauteuil il y a de l'animation.


aimela 10/03/2011 12:10


j'ai déposé un commentaire pour Tanguy sur miletune donc je ne reviendrai pas dessus. Grave l'affaire des voisins surtout de la bonne femme, c'est en racontant de telles inepties que les ragots
courent et font du mal surtout dans les petits villages ( tout le monde se connaît )heureusement que chez toi c'est juste un texte qui est justement très bien décrit( on s'y croirait) .


Martine27 10/03/2011 10:07


Très amusant ces deux points de vue !


Mony 10/03/2011 09:08


Et moi, je préfère les voisins aux voisines !
Très drôles ces situations et pourtant elles sont tellement réelles. Mony


Nina Padilha 10/03/2011 08:09


C'est marrant. Coïncidence.
J'ai demandé au fiston de déguerpir.
Non pas parce que je convole mais parce qu'il m'agresse tout le temps. Et j'emploie un euphémisme...
Allez. Bonne journée quand même !


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