Un soir à Tara (défi des amies de la toile)

 

rappel :

 

1.  dans l'extrait du  film "out of Africa" qui figure sur la page d'accueil  dans la colonne de droite, Karen Blixen disait,  par la bouche de Merryl Streep : quand je raconte une histoire à mes nièces, je leur demande toujours de me donner la première phrase....

 

Alors, passant qui passe, le plus souvent sur la pointe des pieds, voudrais-tu jouer, et pourrais-tu proposer la première phrase d'une possible histoire ?

 

soit dans un commentaire ci-dessous, soit en utilisant le formulaire "contact " ci-contre à droite, ou autrement

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2.  Les phrases proposées

Le jour était parti en laissant derrière lui, ses écharpes de brume... Nina

Le vieux Joe prit son banjo au rocking-chair dans la soirée chaude d'un été, sa femme quitta son tablier...Jill

Elle ouvrit la fenêtre et se pencha un peu...
Quichottine 

Il faut se faufiler, se gondoler en toute fluidité, se glisser... 
Aimela 

Elle saisit la loupe. Martine27

 C'était samedi le jour où elle va voir son frère en résidence... Solange

Ma nièce m'a dit: "Voudrais-tu me prêter ta robe de dentelle, tu sais, celle d'autrefois, toute garnie de volants, quand tu allais au bal..." Lorraine

Félix avait toujours cru qu'il disparaîtrait avant son arbre ....Martine du JdV

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Un soir à Tara


Ma nièce m'a dit :
 - "Voudrais-tu me prêter ta robe de dentelle, tu sais, celle d'autrefois, toute garnie de volants, quand tu allais au bal ? Allez, Tante Scarlett, s'il te plait, tu avais promis que tu me permettrais de la mettre quand j'aurai seize ans.
Je les ai eus hier.
Tu es tellement belle dans cette robe sur le portrait en pied qui est dans le hall de Tara. Je voudrais la mettre pour aller à la fête aux douze chênes ! Tu ne la mettras plus, puisque tu ne portes plus que du noir…"


Je regardai ma nièce Mélanie, toute excitée à l'idée de son premier bal. Je n'étais pas sûre que le blanc crémeux qui allait si bien à mon teint de brune soit exactement ce qui siérait à  sa pâle peau de blonde. Elle ressemblait à la pauvre Carreen.
Je doutais d'ailleurs qu'elle ait la taille assez fine pour entrer dans la robe.
-" Allons", lui dis-je, "sortons là du placard".
- "Quelle merveille" dit-elle, en dépliant le papier de soie qui l'enveloppait.


Elle saisit la loupe sertie d'écaille sur le petit bureau en bois de rose.
-" Incroyables, ces petits points délicats. Est-ce toi Tante Scarlett qui les as cousus ?"
- " Bien sûr que non, c'est  Mamma et Odalia qui ont tout fait.
Tu sais, ces robes anciennes sont très ajustées, baleinées pour hausser la poitrine, c'est tout un art pour les enfiler, Il faut se faufiler, se gondoler en toute fluidité, se glisser. Ensuite il faut une poigne solide pour lacer le dos. C'est Mama qui me le faisait, autrefois. Et je m'abstenais de respirer toute la soirée.
-" J'y arriverai, j'y arriverai " chantonna-t-elle, en sautillant comme une gamine sur le dallage à carreaux comme à la marelle.


Elle ouvrit la fenêtre et se pencha un peu...
-"Tante Scarlett, cria-t-elle, j'aperçois Mamma qui monte dans la calèche, où va-t-elle? J'ai besoin d'elle demain pour lacer la robe !"
Je me rappelais que c'était samedi, le jour où elle va voir son frère en résidence.
-"Tu sais bien qu'elle va voir le pauvre Félix chez les sœurs, à Atlanta. Il ne va pas fort ces derniers temps. Tu te souviens de Félix ? Il était si serviable avant de recevoir ce coup de baïonnette …"
-"Mouais, sacrément fêlé !!! Il priait devant le grand chêne près du portail, je l'ai entendu plusieurs fois l'appeler " mon grand bon Dieu"."
- "Félix avait toujours cru qu'il disparaîtrait avant son arbre.   Et puis un soir, la foudre a fendu l'arbre en deux, il a fallu le couper. Et Félix est resté prostré pendant des jours.

Il fait moins chaud, Mélanie, veux-tu faire quelques pas dans l'allée ?"

 
J'aimais bien Mélanie, de qui j'étais curieusement plus proche que de Ella, ma propre fille. Elle avait le visage pâle et romantique de ma sœur Carreen, mais une impétuosité qui me rappelait la mienne à son âge.
Le jour était parti en laissant derrière lui ses écharpes de brume qui s'effilochaient au loin sur les champs de coton.
Nous passâmes devant la maisonnette de Joe, le gardien. Il avait orienté sa jolie terrasse de bois de façon à bénéficier de la brise qui arrive certains soirs du lac Sidney Lanier. Une lampe à pétrole était  suspendue à l'angle du toit, assez loin, pour canaliser vers elle les nuées de moustiques.

Dans l'ombre on voyait rougeoyer le bout de son cigare.
Je revis cette fois, du temps du bonheur, où toute la famille était réunie sur la pelouse :  le vieux Joe prit son banjo au rocking-chair dans la soirée chaude d'un été, sa femme quitta son tablier et se préparait à nous servir une citronnade rafraichie, quand des soldats étaient arrivés du village en tirant des coups de fusil : "C'est la guerre !!!"


Allons, le vieux sud était encore  vivant.
-"Joe, dis-je à l'ombre noire sur la terrasse, Joe, je te prie,  peux-tu nous jouer " oh Suzannah" ?"

 

 

 


 

 

Martine27 04/02/2012 15:36

Défi réussi haut la main !

valdy 26/01/2012 20:24

Vraiment dans la veine de Margaret - mais ouf, la "soie et taffetas", pas celle de fer ...
Bisou Emma
Valdy

Quichottine 15/01/2012 15:14

Tu as inversé le commentaire d'Aimela et le mien... mais ce n'est pas grave, le défi est parfaitement réussi... je suis admirative.

Bravo pour ce texte. Il est superbe !

Passe un bon dimanche, Emma.

libre necessite 14/01/2012 11:15

On est parfaitement dans l'ambiance. Il te reste juste à vendre les droits cinématographiques. Bises Dan

Mony 14/01/2012 10:48

Un sans faute qui nous mène loin, dans un autre époque, dans un autre sud. Amusant exercice.

aimela 14/01/2012 09:10

Défi réussi haut la-main, bravo Emma mais entre nous, je savais très bien que tu allais briller sur le sujet ( sourire)

Solange 13/01/2012 21:10

Je savais bien que tu pondrais un texte merveilleux, ça semble tellement facile pour toi. Mais je sais qu'il y a beaucoup de travail et tu mérites toute notre admiration. Bravo c'est une belle
histoire.

jill-bill.over-blog.com 13/01/2012 18:47

Bonsoir Emma ! Ce n'est jamais chose simple d'écrire un texte avec un mélange de phrases venues d'ailleus, celles des aminautes, tu as bien relevé ce défi fait à ta propre plume... Merci Emma pour
ce beau travail, je t'embrasse ! JB

Martine du JdV 13/01/2012 16:46

une histoire fluide, crédible, une atmosphère bien rendue .. superbe exercice de style ! je suis épatée Emma ! surtout que c'est quelque chose que je suis bien incapable de faire !
merci et bonne soirée

Nina Padilha 13/01/2012 16:35

Le film est beau mais ne rend pas assez.
Le livre, en revanche, relate fidèlement la vie dans le sud.
Une sacrée suite de chroniques fourmillant de détails... Tu en as très bien rendu l'atmosphère.
Un grand bravo !

Martine du JdV 10/01/2012 13:29

à mon tour:
Félix avait toujours cru qu'il disparaîtrait avant son arbre ....
bonne journée à toi

valdy 05/01/2012 21:28

J'ai juste regardé les propositions .... j'attends la suite :)
Bonne soirée Emma,
Valdy

Lorraine 04/01/2012 01:58

"Ma nièce m'a dit: "Vodrais-tu me prêter ta robe de dentelle, tu sais, celle d'autrefois, toute garnie de volants, quand tu allais au bal"... "
Je te le concède, c'est une idée de femme. Mais pourquoi pas?...

Solange 03/01/2012 01:45

C'était samedi le jour ou elle va voir son frère en résidence... C,est une bonne idée pour faire travailler l'imagination.

Martine27 02/01/2012 18:34

Très bonne et amusante idée, je te propose : Elle saisit la loupe.

aimela 02/01/2012 13:10

"Il faut se faufiler, se gondoler en toute fluidité, se glisser..."
Essaie avec ça, bon courage

Quichottine 02/01/2012 11:01

"Elle ouvrit la fenêtre et se pencha un peu..."

J'ignore ce qu'il y avait dans la rue, ou dans le jardin, mais je sais que tu devrais pouvoir nous le dire.

Passe une belle journée, Emma.

jill-bill.over-blog.com 02/01/2012 10:54

Le vieux Joe prit son banjo au rocking-chair dans la soiré chaude d'un été, sa femme quitta son tablier...

Cela te va t'il Emma...

Nina Padilha 02/01/2012 10:25

Je veux bien jouer.

Je jour était parti en laissant derrière lui, ses écharpes de brume...

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