la dernière rencontre

La première phrase est proposée par Vianney




C'est donc ici que je vais mourir. Dans cette chambre. Avec vous. Vous qui serez ma dernière rencontre…

Je suis désolé, Marcelline. Mais je ne pouvais pas prévoir que vous alliez entrer dans ma chambre avec un passe  pour faire le ménage.  Vous comprenez bien que je doive vous garder avec moi. Vous le comprenez, n’est ce pas ? Vous avez vu mon flingue, et il n’est pas question que vous sortiez. Vous iriez aussitôt piailler dans le couloir. Il ne me reste que quelques minutes, une heure tout au plus. J’ai vu leur voiture en bas. Ils doivent être en train d’explorer les deux hôtels de la place. Donc ça ne durera pas longtemps, Marcelline. Mais j’y tiens, à ces quelques minutes.

C’est pourquoi je vous ai bâillonnée et attachée derrière le lit. Ça n’est pas très confortable, excusez moi, mais quand ils entreront, ils ne feront pas le détail, alors derrière le lit, vous serez plus en sécurité. Je tiens à vous Marcelline. Vous êtes la dernière personne à qui je peux parler.

N’ayez pas peur, je ne vous ferai aucun mal, vous êtes actuellement ce que j’ai de plus précieux au monde. J’espère que vous vous en sortirez, Marcelline.

Vous devez penser que je devrais téléphoner, appeler le standard ? Allons donc,  vous pensez bien qu’ils y sont déjà, au standard.

Ou la police avec mon portable ? Me faites pas rire. La police, c’est eux. Mais les sommations et tout le bazar, n’y comptez pas, on n’est pas à la télé. Ils ne feront pas de quartier, moi non plus, je n’ai plus rien à perdre.

Vous ne pouvez pas me répondre, mais cela ne fait rien. Il est probable que si je vous avais rencontrée avant, je ne vous aurais même pas vue. Vous n’avez rien de particulier, Marcelline. Rien qui séduise, rien même qui attire le regard, vous êtes aussi transparente que votre chariot à balais. Sans votre badge, je ne saurais même pas votre nom.

Vous ne devez pas être bien heureuse, Marcelline, n’est ce pas ? Laissez moi deviner. Votre mari vous a quittée il y a bien longtemps, et vos enfants se moquent pas mal de vous, c’est bien ça ? Peut être que vous buvez un petit coup le soir pour le  réconfort ? Une vie de merde quoi. J’en voulais pas, moi, de cette vie là. Vous me direz, c’est pas une réussite. Je l’ai même pas eue, la grande vie.

Tiens je vais vous demander quelque chose, Marcelline, vous pouvez pas refuser d’exaucer mon dernier souhait. Vous irez voir Simone Velicci, 3 impasse des  Bourdons. Ce n’est pas loin, c’est chez elle que j’allais quand j’ai repéré leur bagnole. Dites lui que j’allais chez elle. Dites lui ça, oui seulement ça. C’est ma vieille. Peut être que ça lui fera plaisir si elle se rappelle de moi. Dites lui qu’il y a un bon paquet de fric dans le sac de la moto que j’ai laissée chez Francis. Elle sait où. Ça, par contre, je suis sûr que ça lui fera plaisir ! J’aimerais vous dire qu’elle partagera avec vous, Marcelline, mais je la connais, cette vieille radine.

Mais j’y pense, dites lui que vous irez à la police si elle ne le fait pas.

Voilà, finalement c’est la chance qui vous a fait entrer dans ma chambre, Marcelline, vous allez pouvoir vous acheter un beau petit appartement ! Après tout, vous êtes la dernière femme de ma vie.

Couchez vous, Marcelline, ils sont là !
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Armide+Pistol 07/05/2011 00:25


Très touchée par la véracité de vos textes, je viens de chez Emma.
A bientôt.


l'oeil qui court 05/02/2011 08:29


Il était une fois l'histoire du bandit aux égards.


Quichottine 26/01/2011 12:36


J'espère qu'ils ne l'auront pas trouvée... et qu'elle s'achètera un bel appartement.

Bon, je sais, c'est une fiction, mais qu'est-ce qu'on s'y laisse prendre !

Merci !


soledad 20/01/2011 20:08


Voilà déjà le soir, le village dans le noir, mais heureusement, dans mon foyer brille le soleil. Je viens donc le partager un peu avec toi. …Comme toujours, je reste sur ma fin... Encore... Ou je
ne sais pas, une fin, plus fin... Si je puis dire...LOL Bisous


Solange 17/01/2011 19:11


Dommage que tous les braqueur ne soit pas comme ça,il y aurait moins de mort.Bravo pour ce récit.


aimela 17/01/2011 12:01


Lorsque l'on a plus l'envie de vivre et que l'on ne peut pas se suicider, voici le résultat :( La pauvre Marceline en fait les frais hélas !


Mony 16/01/2011 18:29


Quand on n'a plus rien à perdre que la vie que représente une pauvre Marcelline ? Réussira-t-elle a surmonter son traumatisme ? Que vaut l'argent en regard de la peur et de l'humiliation ?
Un plaisir de te lire. Mony


Martine27 16/01/2011 09:51


Un braqueur le coeur sur la main, fort aimable !


Nina 16/01/2011 08:50


Un sacré scénario, dis-donc...


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