médiatic attitude

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          L'info vit le jour dans l'épinette d'Epinal, feuille de chou dont les observateurs les plus avisés murmuraient qu'elle était  à la botte de crapuleux mafieux, pléonasme recouvrant une mouvance polymorphe à géométrie variable.

 

Mais ne nous égarons pas, voilà le fin mot de l'histoire.

Dans son discours d’intronisation sous la coupole, l'amiral Kléber Tranchant de la Tranchette - qui ne supportait plus  le Champagne depuis Mers el Kébir - avait lâché le morceau qui n'eût jamais dû quitter le glauque capiton des attachés cases diplomatiques : une partie de notre flotte était encore équipée de moteurs au radon, ce qui était dérogatoire à la législation internationale. 

Entraîné par sa fougue, l'amiral préconisa, d'une voix rendue rauque par l'émotion, que ces bâtiments fussent coulés sans sommation, solution plus conforme à l'honneur qu'un déboulonnage dans un port exotique, aussi friand de radon soit- il.

Visiblement l'amiral prenait l'eau, mais nul dans l'assistance ne s'en aperçut : tous  opinaient du chef en souriant,  attendant comme à l'habitude que l'orateur se fût rassis pour rebrancher leurs sonotones.

Or l'amiral avait eu un auditeur, un jeune  roule-ta-bille, qui se morfondait depuis 2 heures, que l'épinette d'Epinal avait envoyé là comme qui dirait en bizutage ; croyant le desservir, son chef de service teigneux avait sans s'en douter provoqué  l'essor de  sa carrière.

Aussitôt paru, l'article "radon en rade" fit grand bruit. Tout ce que le pays comptait de putatives victimes du radon  se trouva battre le pavé sur les remparts de Saint Malo devant la statue de Duguay Trouin, dont l'implacable regard de bronze défiait les siècles, la rade, le radon, et accessoirement et globalement  tous les empêcheurs de naviguer en rond.

Or,  ce jour là, il se trouva justement qu'un ministre,  rose et un peu  humide, car en rupture de thalassothérapie,  se trouvait à faire son jogging sur les remparts, un peu dépité que seule une minuscule paparazette de Voici ait pris la peine de se déplacer pour  prendre des clichés de ses mollets qu'il savait fiers et bien galbés. Déjà la semaine avait été un peu creuse en matière de communication, avec une seule intervention de sa part (d'ailleurs tronquée  au JT) au salon des confiseurs.

 Le rassemblement qu'il découvrit lui parut donc une excellente opportunité.

Se mouvant en crabe dans la foule et sifflotant pour donner le change, il s'empara brusquement du micro et coupa la parole au Vert rouge d'indignation  qui s'enferrait dans d'obscures ratiocinations :

"- Inepties !"

Cette assertion laissa la foule sans voix quelques secondes, et on entendit alors distinctement une des deux petites dames assises sur un banc en contre bas dire à l'autre : "alors je lui ai dit : Simone, tes relations ne sont pas les miennes. Tel que".

La réponse de l'autre se perdit dans l'explosion des hurlements de la foule, soutenus par  les cris lugubres des mouettes rieuses...

almanito 26/07/2014 11:19

Quel humour et quel talent! Je savoure, bravo.

Carole 14/05/2013 14:35

C'est ainsi, on parle, on parle, on parle.
Mais qui supporterait un monde de silence ?

Solange 12/05/2013 19:22

Il y en a qui ne doute de rien pour se faire voir. Faut profiter de l'occasion.Bonne soirée.

Mony 12/05/2013 13:49

Un pastiche plus vrai que nature. J'aime quand tu manies l'humour.

Aimela 12/05/2013 12:55

Ils ne sont pas lugubres les cris des mouettes, seulement un peu bruyants par moments et puis cela fait moins peur que les hurlements de la foule :)

flipperine 12/05/2013 11:55

quelle histoire et oser prendre le micro il faut le faire

Quichottine 12/05/2013 09:51

Morte de rire !!!
Je comprends maintenant pourquoi certaines lois sont votées... Si personne n'écoute... :)))

Bravo en tout cas pour ce morceau d'anthologie !

Bises et douce journée.

jill bill 12/05/2013 07:14

Bonjour emma... eh eh ! J'aime bien les histoires d'eau !

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