Histoire courte

Ruiz

 

 

Ruiz se tient droit sur le balcon, près de Marco, tous deux en costume sombre et souple, pieds légèrement écartés ; derrière eux, les hommes de la garde rapprochée en uniforme,  main sur la mitraillette.

Le tribun est légèrement en avant, sur la marque de craie qui indique la position de sécurité, abritée des tirs qui pourraient venir des maisons voisines par l'avancée des murs qui fait écran.

Ruiz peut voir le réseau des fines rides blanches sur le cuir tanné de sa nuque, sous le poil gris qui dépasse du képi. Il remarque un fil blanc sur son épaule gauche.

Son regard balaie la houle de cheveux  noirs et drus sur la place  cernée par les militaires.

La voix du tribun est métallique ; de temps en temps elle enfle puis s'interrompt, laissant déferler les applaudissements.

Une  pause plus longue : des milliers de voix scandent le surnom du gamin des cabellas qu'il a été : "Carlito, Carlito !"

Maintenant ! dit la voix dans l'oreillette.

La main de Ruiz cherche sous sa veste le fil relié à la ceinture d'explosifs.

- Désolé, mon vieux, dit- il, alors que son regard croise celui de Marco. 


 

 

Douce vitta 13/03/2011 20:46


bonsoir
je viens en douceur te souhaite une bonne soirée
et un bon début de semaine
amitié


Domidel 08/03/2011 13:19


L'art de camper une ambiance en quelques mots, en quelques phrases. Pas besoin d'images. les mots seuls suffisent ; on a l'impression d'y être. Froid dans le dos. Touchée avant même l'explosion
finale !


Solange 08/03/2011 01:58


C'est texte court mais qui dit tout et très poignant.


Quichottine 08/03/2011 01:32


C'est un texte très fort.

Poignant.


ludmilla 06/03/2011 12:47


Pas un mot de trop pour cette écriture minimaliste très réussie. Mais comment prononcer "désolé, mon vieux" et faire tout sauter ? Détestables guerres !


aimela 06/03/2011 09:40


Tes personnages ne sont que fictions mais dans le monde, combien ont sauté en tuant des innocents ? Il faut être fou, désespérés et manipulés pour en arriver là. Cela me terrifie


Mony 06/03/2011 08:05


Histoire courte mais sans pitié. Les kamikazes sont des êtres terrifiants. Mony


Nina Padilha 06/03/2011 06:40


Cent précautions.
Mais la vie ne tient qu'à un fil...


Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog