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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 14:44




C'est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l'on sent la musique et le parfum des herbes
Le fromage de chèvre et le pain de froment

Et du Mont-Saint-Michel jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant parler les gens de ce pays

On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il en a gardé toutes les harmonies

Dans cette langue belle aux couleurs de Provence
Où la saveur des choses est déjà dans les mots
C'est d'abord en parlant que la fête commence
Et l'on boit des paroles aussi bien que de l'eau

Les voix ressemblent aux cours des fleuves et des rivières
Elles répondent aux méandres, au vent dans les roseaux
Parfois même aux torrents qui charrient du tonnerre
En polissant les pierres sur le bord des ruisseaux

C'est une langue belle à l'autre bout du monde
Une bulle de France au nord d'un continent
Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
Enfermée dans les glaces au sommet d'un volcan

Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout,
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

C'est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre les trésors de richesses infinies
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

Et l'Île d'Orléans jusqu'à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays

On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie

Et de l'Île d'Orléans jusqu'à Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
Et qu'il a composé toute une symphonie.

Par alinea - Publié dans : videos du web et autres coups de coeur
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 08:18

le titre est proposé par Solange : le rital de l'aéroport


Deux heures de retard.

Pas assez pour retourner à la maison.

Donc poireauter  dans ce lieu que j’exècre.

Rien que penser au mot "avion" me terrifie. Il faudrait me ligoter pour me faire embarquer. Mais il faut bien  venir accueillir les amis, et c'est pourquoi me voilà coincée dans cette  demi- sphère de verre et d'alu perchée dans le ciel, comme un vaisseau de science fiction.

Et l'avion de Judy a 2 heures de retard !

Je m'assois sur un banc de métal rutilant.
Les silhouettes se découpent en ombres chinoises sur la lumière de la coupole panoramique. Peut être que ce ne sont que des ombres, des fantômes d'anciens vols jamais arrivés, ou des figurants qui jouent éternellement le même rôle…

Des hommes d'affaires cravatés : ils effleurent un écran tactile, ou  marchent de long en large, vissés à leur portable. La terre ne saurait tourner s'ils s'accordaient une minute d'inactivité. Peu de familles, on est en période scolaire. Une équipe de sport, il en faut une. Un groupe de retraités dont les valises arborent des autocollants voyants " Djerba, Airpascher ". Migrants accablés qui trimballent d'énormes sacs rayés sur des chariots à bagages. Des patibulaires que tout le monde espère voir embarquer ailleurs.

Je vais à la boutique acheter quelque chose à lire. Un polar en poche, ça convient à la situation. N'importe lequel. De toutes façons j'oublie toujours les titres de ceux que j'ai déjà lus.
Comme je vais prendre "Nina la rouge", un homme derrière moi allonge le bras vers "l'insomnie du chacal" et dit :

- Prenez plutôt celui-là, il vous ira mieux.

Je me retourne vers l'homme. Un italien, bien sûr, je l'avais entendu au soleil de son accent. Mûr, ma non troppo. Des yeux gris dans un visage bronzé, pull en cachemire noir, du genre par exemple à vous convertir illico au café en capsules alors que vous ne prenez que du thé.

Comme il me tend le livre, je reçois une légère bouffée de Acqua Di Gio.

Les play-boys sûrs d'eux ont le don de m'énerver.

- Comment savez vous ce qui me va ?

- Vous êtes une femme raffinée, cela se voit. Et "le chacal" vous plaira, plus subtil que violent.

Un bon point pour lui, s'il avait parlé de mes yeux ou autre détail anatomique, je l'aurais envoyé promener.

- Vous l'avez lu ?

- Mieux que ça, je l'ai écrit !

- Gino del Pozzo, c'est vous ?

-Nul n'est parfait, comme vous dites chez vous… Avez-vous le temps pour un café ? J'attends un ami, mais son avion a 2 heures de retard

- Ah, Amsterdam ?  Moi aussi j'attends ce vol. Volontiers, mais je préfère un thé.

Gino recule ma chaise avec élégance. Un écrivain ! Quand je raconterai cela à Judy !!!!

- Et vous, belle dame, que faites vous, laissez moi deviner… Antiquaire ? Libraire?  Comédienne ?

Je ne suis pas menteuse, mais, de même que les policiers se disent "fonctionnaires" en société, il m'est impossible d'avouer mon métier. Principalement en présence de Casanova en personne. Je suis professeur de mathématiques, et beaucoup trouvent que c'est un tue l'amour garanti. Mais il n'est pas question d'amour, évidemment.

- Je suis illustratrice. De livres pour enfants.

Je ne mens pas tout à fait, j'ai décoré récemment de clips arts  un poème écrit par mon neveu.

- Alors nous sommes collègues ! Parlez moi de votre métier.

- Vous d'abord.  C'est quoi, la vie d'un écrivain ?

Gino est charmant, plein d'humour. Les deux heures passent vite, trop vite. La voix d'outre galaxie qui tombe des hauts parleurs annonce l'arrivée du vol d'Amsterdam.

- Claire, ce n'est pas possible que nous ne nous revoyions pas, je vous note mon numéro de portable sur le ticket de caisse, appelez moi, je vous en prie.

Il pose légèrement sa belle main sur la mienne, et file.

Un peu chavirée, je me rends dans la zone de débarquement, il y a foule et je perds Gino de vue. Qu'importe, j'ai son numéro !

Voilà Judy, épuisée par les péripéties de son voyage. Elle a toujours une foultitude de bagages, je m'attelle à sa grosse valise à roulettes, tandis qu'elle harnache son énorme sac à dos.

Comme nous nous éloignons, j'entends crier "Fausto ! Fausto !". Je me retourne. Bien sûr, c'est l'ami que Gino attendait ! Elle a une somptueuse crinière blond foncé, un blouson de fourrure, un pantalon de cuir, et une silhouette à faire damner tout le vaisseau spatial. Elle se jette sur lui et, hélas, je ne peux que  constater qu'il manifeste le même enthousiasme.

Je fais une boulette du ticket du buffet, et le lance dans une poubelle.

- Allons, dis je à Judy, as-tu des souhaits pour ton séjour ?

 

 

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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 08:17
Par alinea - Publié dans : videos du web et autres coups de coeur
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 10:52

Cher portable


 


- Salut !
- …
- Ouais. Oh dis donc, c'est un truc que je ne souhaite à personne ! D'avoir des parents comme les miens ! Ça non alors ! Même à mon pire ennemi.
Quoique… à l'ignoble Mélodie, peut être. Et aussi à cette vieille toupie de Selena, et sa crête de punk, à son âge ! Bon, ça, c'est crétin, vu que c'est ma sœur, Selena. On voit où ça l'a menée d'avoir des parents comme ça ! " Pandora et Selena, les filles Alien, vous connaissez ?" Heureusement les copains croient que ce sont des noms de série télé ! S'ils savaient ! Mortes de honte on serait, la Sélène et moi.
Parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents Hellénistes. Hellénistes distingués on dit. Faut croire qu'il n'y a pas d'Hellénistes vulgaires. Selena, elle est née quand le pater finissait sa thèse "survivance des rites séléniens dans l'Athènes de Périclès". Kévin, il dit qu'on l'a échappé belle, on aurait pu s'appeler Mnémosyne et Tisiphone.
 -…
- Kevin! Mais si, tu sais bien, mon cousin, celui qui se la pète en moto, avec des dreadlocks supercrados et des ti shirt à triskel.
-...
- Ah, tu vois qui ?
-...
- Non je sais pas pourquoi le triskel ; il dit que c'est la marque de sa tribu, mais je crois bien qu'il est tout seul dans sa tribu. Ça empêche pas qu'il s'est fait étriller samedi dernier derrière le phare, par une autre tribu. Les "antimatière". Eux ils sont deux. Parait que l'endroit est à eux, ces nases. Il la ramenait pas après ça, le Kevin, tout péteux et pantelant, ils lui ont bombé sa moto, dis donc !
Pour en revenir à mes parents, tu sais ce qu'ils m'ont fait, hier ? M'ont carrément oubliée. OUBLIEE. Devaient venir me chercher après la repet' de "Ophélie et les asphodèles". M'ont oubliée. Pas de manteau, pas de change ! Ils étaient repartis avec mon sac en me déposant à la bourre.
Me suis retrouvée dans le métro en tutu, les chaussons trempés ! Rigole pas, c'est pas drôle. Et deux grands imbéciles en costard sont venus me serrer de près, un de chaque côté, pour se foutre de moi.
Et tu sais où ils étaient les parents Alien pendant que je me tapais en tutu l'aftershave des deux gugusses ? Eh ben madame Alien était chez Papy Alien qu'a un ictère
- …
- Un ictère ! Une cirrhose si tu veux.
Et monsieur Alien baladait dans le 16e la pétition pour la sauvegarde des mots anciens, tu vois l'urgence… des mots qu'on dit plus depuis Vercingétorix, mais qu'il est INDISPENSABLE de remettre en service au plus vite : "argousin, peccamineux "… À côté de leurs pompes je te dis ! Mais " gourgandine", et "lupanar", ça a un petit air bio tu trouves pas ?
Pu… non ! Gourgandine ! déjà 9 heures, j'raccroche, j'vais louper le cours de Frankenstein !  Salut, à c'soir, c'est toi qu'appelles, hein ?

Par alinea - Publié dans : société - Communauté : mémoire et écritures
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /Sep /2009 10:39

 



La première partie du voyage, impec ! Pas trop de monde encore. Juju dort comme un bienheureux.

Trop beau pour durer. Au péage de Brise les Banesse, le voila qui se met à hurler à pleins poumons.

- Ah, s'il te plait, fais taire ton fils, dit l'homme.

- Ah oui ? et comment je fais taire MON fils ?

- Donne lui son Barnabé.

- Barnabé ? Barnabé, Barnabé, où il est Barnabé ? Tu l'as mis où son Barnabé ?

- Ecoute je conduis, zut, cherche, il est sans doute tombé.

- Non il n'est nulle part. Quand même c'est toi qui as installé le petit.

- Mais c'est toi sa mère, non ?

- Ça c'est l'argument qui tue ! Patrick ? Patrick, retourne, il va pas pouvoir passer quinze jours sans Barnabé…

- Retourner ? ça va pas, non ? 200 bornes plus 200 ; ça fait 400, tu te rends compte ? Juju, la ferme !

- Parle pas comme ça à Juju, c'est pas de sa faute !

- C'est la faute à qui ? Qui est ce qui a téléphoné à sa mère pendant une heure au lieu de vérifier les bagages ?

- Patrick, qu'est ce qu'on fait ? mon Juju pleure pas, s'il te plait, tais toi… Tu vas voir, la mer c'est chouette, il y a des petits crabes, on va faire des pâtés…

- JE vais faire des pâtés pendant que tu feras ta bronzette…Mais fais le taire ! Ecoute, j'en peux plus, on s'arrête à la prochaine aire de repos, tu prendras le volant et je m'occuperai de mon fils.

- D'accord.

C'est pas croyable les ressources d'énergie contenues dans un si petit bout de chou. Nous descendons, Juju toujours couinant, de façon pathétique maintenant, hoquetant, son petit visage congestionné et tordu de détresse, suivis par le regard suspicieux d'un couple de Hollandais entre deux âges qui saucissonnent sur une des deux tables en bois grisâtre de la petite aire. Nous nous installons sur l'autre.

- Tiens Juju, regarde le bel escargot, il est pas beau l'escargot à son papa ?

Juju tend la main vers la bestiole gluante et s'arrête brusquement de pleurer.

- Tu vas pas lui donner ça, c'est dégoûtant !

- Dégoûtant peut être, mais ça lui plait.

Juju est visiblement sous le charme. Il pelote l'escargot dans tous les sens, le met à sa bouche.

- C'est sale, Juju, donne à maman

Juju pousse un cri strident. Je lui rends l'animal. Juju est ravi, accepte son biberon…Nous voilà repartis. Juju s'endort, serrant la chose baveuse dans sa menotte potelée.

Ce qui m'évite provisoirement d'avoir à avouer que je viens de retrouver Barnabé dans le sac où j'ai rangé les pulls au dernier moment.

 

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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 11:39



Le début est proposé par Nadine : le fantôme de l'Opéra de Paris  vient d'arriver à l'Opéra de Detroit.  

Le chef lève sa baguette et...

 

celle-ci se recourbe gracieusement comme la tige d'une tulipe fanée.

En même temps, les cordes font des noeuds, les bois se tordent comme des boas, le triangle s'arrondit.
Matière molle.

La violoncelliste bouddhiste, le pianiste exhibitionniste, le flûtiste cryptocommuniste, la harpiste idéaliste, le cornettiste naturiste, le trompettiste pessimiste, le hautboïste unijambiste  et les violonistes tristes restent cois.

Quoi ?

Cois.
Silence.
Pas un son.
Pause.

Derrière le rideau, la grande haridelle qui joue Giselle devient toute blanche et fait une syncope. Glissendo.
Octave le régisseur, pris de peur, fait une fugue.

Contretemps majeur.

Un soupir d'impatience monte de la salle. Un trio laid est secoué par une  quinte nerveuse.

Les choristes syndicalistes se lèvent. Ils se sont trompés de jour, ils croyaient qu'on donnait Aïda .

Dans les cintres le fantôme se lasse. Il tape le velours rouge de son éventail (il n'a pas eu le temps de se changer depuis le chevalier à la rose qu'il a perturbé à Berlin), et part s'enfiler une absinthe au bar. C'est pas tout ça, il doit encore faire le Met et les émirats dans la soirée.

La baguette se redresse, les cordes se tendent, slancio ! Giselle se met à gambader gaiement.

Un petit canard passe inaperçu : c'est Annette, la brunette à lunettes qui ne retrouve pas le do de sa clarinette.

Beau succès ! dira la presse demain, malgré quelques bémols : le tuba un peu bas, le basson molasson, trop de sanglots longs chez les violons, galipettes des trompettes dans les grimpettes, mais les cors étaient raccord, et le violoncelle a fait des étincelles...

 

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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 11:37
hélas l'épatante vidéo de Poiret et Serrault qui figurait ici a été supprimée. Il ne reste accessibles que quelques extraits

Par alinea - Publié dans : videos du web et autres coups de coeur
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 10:36


l'introduction est proposée par Joëlle

- Très chère… vos homards bretons étaient parfaits ! Certes ils avaient beaucoup voyagé mais votre mayonnaise africaine a beaucoup aidé. Belle âme et tête sublime, j’aimerais tant pommader votre chair de cette sauce crèmeuse d'oeufs, d'huile et de moutarde et broyer vos os si délicats avec une pince à crabe toute de vermeil. Je vous dégusterai alors par petits bouts gourmands, tout en finesse sur un lit d’asparagus et nous serons comblés… Très chère dites-moi oui.

 

- Je me demande, Gonzague,  s’il ne faudrait pas vous interdire le champagne. Vous délirez, très cher, après deux coupes.

Et il passe alors, dans vos yeux gris, vos beaux yeux gris - vous rappelez-vous comme je les aimais, vos yeux, Gonzague ? - il passe dans vos yeux comme un voile glauque, peut être l’aboutissement de tous ces siècles de consanguinité. Votre sang bleu vire au glauque, Gonzague.

Vous rêvez de broyer mes os, très cher, Taïaut ! Moi je verrais bien votre belle tête à côté de celles des cerfs et sangliers que vous avez achetées  à la brocante pour décorer les murs. Un peu mitées, d’ailleurs. Cela vous siérait à merveille, j'ai toujours trouvé que votre visage a quelque chose de l’austérité mélancolique de l’élan du Canada.

Nonobstant vos fantasmes de meurtre érotico-gastronomique, suggèreriez-vous, Gonzague, que mes homards n’étaient pas frais ? Ils viennent de chez Vraichon, "à la fraîche nasse", la crevette au prix du caviar.

Demain vous aurez des radis.  

 

- Huguette, votre temps de parole est dépassé…

 

- Exact, mon ami. C'est donc à vous. Passez moi le rince doigts, je vous prie.
Par alinea - Publié dans : burlesque
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 08:10

  Sans queue ni tête

 

 

version audio cliquer en bas à gauche de l'image

 

autre version, improvisation par la Compagnie Tous azimuts le théatre, de Roubaix

 


 


C'est un petit soldat de plomb                                  

Qui monte la garde sur le pont d'Avignon,

Et ron et ron petit patapon

 

Sous le pont

Se morfond Cendrillon,

Las, hélas, si lasse,

De laver ses haillons,

Servir et desservir

Écuelles et chaudrons.

 

Sur le pont

Le chat Michel

(que son père,

Un "De Gouttière"

Ma chère,

N'a jamais  reconnu)

Court le marathon,

Passe et  repasse,

Et chaque fois crie au soldat

D'une voix de plus en plus rauque :

"Aide moi, aide moi,

Dis moi comment faire

Pour retirer les bottes de l'ogre !

J'en ai plein les bottes,

J'ai les pattes en compote.

 

Arrive une citrouille

Conduite par Charmant

(oui , oui, LE prince !)

Qui se meut  lentement.

Une citrouille, (c'est bien connu)

N'est pas aérodynamique !

Il s'enferre, le pauvre

Il n'a jamais appris,

Titi carabi,

À diriger des rats !

Et voilà qu'il doit

Ramener à bon port

Chez Madame Neige

(Blanche, pour les intimes)

Une pleine cargaison

De nains en goguette

Qu'il vient de  ramasser

Sur le bord de la route.

Ils sifflotent, ces nuls,

Ma tante tirelirelire !

Alors qu' il a rencart

À deux heures moins le quart

Avec la fée Clochette

Sur un nénuphar bleu

 

Les rats ont aperçu le chat !

Veulent filer,

Mais ce sont rats de villes

Moustaches vernissées,

Mollets en guimauve

Voila la citrouille  versée

Et cul par-dessus tête

Les sept nains larirette

Braillant à tue tête.

 

Charmant, crie le chat qui repasse

Pour la centième fois

Délivre moi,

Coupe le cuir de ces bottes

Du tranchant de ton épée !

 

Qu'ai-je fait de ma pantoufle ?

Pleurniche Cendrillon,

Cherchant dans son panier,

 

Pas de  morale à cette histoire

Larirette larirette,

Cendrillon qui pleure sa pantoufle

N'aperçoit pas Charmant

Qui lui irait comme un gant.

Destin cruel

Qui  fait  courir le  chat Michel

Qui ne voulait que faire ronron.

Seulette la fée Clochette,

À la volette.

Et le soldat dans tout ça ?

Il ne pense pas.

Un soldat, ç'est pas fait pour ça.

Par alinea - Publié dans : burlesque - Communauté : mémoire et écritures
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 08:33

Les jeux de l'été.

Récréation pour long trajet en voiture

 

 

version audio, cliquer en bas de l'image à gauche

 

Annabelle

Avec deux L

Si belle,

Intemporelle,

Avait le cou frêle

D’une tourterelle

(Avec deux ailes).

Sous la tonnelle,

Sa robe en  dentelle

Fleurant  la citronnelle

Sur la balancelle

Nimbait d'irréel

Ses jambes de  gazelle.

Ouf,  pas d'ombrelle !

On l'a échappé belle.

 

Mais là, c'était la veille de Noël.

Annabelle

Sirotait une mirabelle

A la cannelle

Aux Trois Chandelles.

Avec Estelle

Une grande  sauterelle

Intellectuelle,

Isabelle,

Sensuelle jouvencelle,

Et sa jumelle

Adèle,

Un peu caractérielle.

Or ces quatre belles

Etaient encore demoiselles.

 

Aux trois chandelles

Cette veille de Noël,

C’était le banquet annuel

De la Manivelle Tourangelle,

Il y avait  Kamel

Le roi de la semelle,

Trois  Michel

Et deux Daniel,

Quelques industriels,

Louis-Armel

Et Jean-Gabriel,

Contractuels

Dans l'audiovisuel.

Le pt'it râblé, c'était Marcel,

En conditionnelle,

Bretelles

Et mortadelle.

C'était pas un demi-sel

Marcel.

 

Dans le crépuscule

Du vestibule

Une pendule

Minuscule

Offerte par un Théodule

Jadis à une Ursule

Dont il était le Jules

Et la pendule

Se disait : c'est nul,

Et même ridicule

De n’être plus qu’un réticule

Pour  des pilules

Capsules,

Gélules

Et granules.

 

Moi qui vis tant de conciliabules

De flamboyants noctambules

Des somnambules

Des poètes funambules

Chassant  des libellules

Moi qui vis des hercules

Vider de grosses crapules.

Certaines avec particule.

(Les Trois Chandelles

Furent un temps un bordel)

 

Encore une fois sonner une heure belle

Où, tiens, Annabelle

Rencontrerait Marcel…

 

Mais pour Marcel

Et ceux  de "la Manivelle",

C'était  l'heure rituelle

Des chansons traditionnelles,

Confraternelles,

Et obsessionnelles :

"Les  deux  pucelles "

Et  " Quand Margot achetait des quenelles"

Qui firent fuir les demoiselles.

 

De dépit, la pendule

Explosa en un monticule

De molécules.

 

Par alinea - Publié dans : burlesque
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 08:35
Par alinea - Publié dans : videos du web et autres coups de coeur
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 13:31
posologie

cliquer sur image pour la version audio

 

Dix petites pilules d'oubli font un rond blanc sur l'assiette verte.

 

La première est pour le ciel bas, il  m'écrase et me noie. Restent neuf.

 

Neuf petites pilules blanches forment un chapelet sur la faïence épaisse.

 Celle-ci sera pour le boulot de merde, ce boulot qui me broie. Huit.

 

Huit petites pilules soulignent en arc la pomme fanée sur l'assiette de Maman.

Une pour Maman qui m'a faite orpheline. Il n'en reste que sept.

 

Sept petites pilules, je les pousse en  montagne pointue sur le dos de la pomme.

Celle du haut, pas parce que tu ne m'aimes plus, mais parce que je ne t'aime plus. Six.

 

Six petites pilules en tas informe font une tache blême sur l'assiette ébréchée.

Celle-ci me nargue, elle sera pour Jeannot qui ne m'écrit jamais. Ça fait  cinq ?

 

Cinq petites pilules au bout de mon doigt dessinent une étoile sur l'assiette si douce.

Une pour Justine qui ne m'appellera pas. Il n'en reste que quatre.


Quatre petites pilules ne sont plus qu'un carré déplumé au milieu de la pomme.

Celle de l'angle droit pour mon tendre bébé  qui n'est jamais né. Plus que trois déjà?

 

Trois petites pilules se suivent joliment sur la queue de la pomme.

Je prends... celle du milieu pour oublier que j'ai avalé  les autres. Deux ?

 

Deux petites pilules blanches sont des moutons troubles sur une pairie verte

Une pour la vilaine figure que je vois dans la glace qui ondule. Une, une, une ?

 

Une petite pilule que je ne trouve plus dans l'assiette cassée.

Maman, je suis si fatiguée…


musique : Sibelius, valse triste


Par alinea - Publié dans : vaguement poétique - Communauté : Ruche de beaux mots
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 06:35

 

1.  Recueils


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* au delà des apparences, petite prose poétique illustrée

 

 


 

 

 

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2. photos et peintures


 

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   les photos disponibles sont visibles ici (clic) 

 

 

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et tableaux disponibles ici (clic)

 

              

 (pour tout renseigement, utiliser le formulaire "contact"  ci dessous, ou sur la page d'accueil)

 

 

Par alinea
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au passant égaré

au passant égaré... 


 C'est à dire toi, que Google a guidé jusqu'ici, parce que tu lui as demandé  "soubrette de charme", ou encore "grosses fesses", pour ne citer que les émanations les plus poétiques de tes promenades nocturnes sur la toile...

Sache que je ne peux rien pour toi, et j'en suis désolée.

Certes tu trouveras peut être ici, si tu veux te donner beaucoup de peine, (mais je pense que ta quête est beaucoup plus urgente), quelques allusions libertines, mais vraiment à dose homéopathique, pour ne pas dire subliminales. (Pense quand même à effacer l'historique de navigation  au cas où ta Maman aurait la malencontreuse idée d'aller  jeter un œil sur tes révisions de bac)


Mais puisque vous êtes là, viendez donc prendre un petit verre, c'est la maison qui offre !

 

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