Sensations extrêmes

Publié le 3 Juin 2017

                     De la fenêtre de ma chambre où je soignais une gastro diplomatique pour cause d'interro de physique, je vis un type sortir d'une camionnette blanche et déposer vite fait un billet dans la boite aux lettres.

J'appelai Papa sur son portable pour le lui signaler, alors qu'il était dans la cour en train de charger les jumeaux dans la voiture, et il alla prendre le papier.

Je l'entendis râler en le donnant à Maman qui nettoyait la table du petit déjeuner.

Le billet du livreur déplorait qu'en notre absence il n'ait pu déposer un colis, et il nous invitait à aller le retirer dans la semaine, au relais de Bricourt.

Les parents se disputèrent, (rapidement, vu l'heure), au sujet des employés qui sabotent leur travail, et des patrons qui mettent une pression insupportable sur leurs épaules, puis sur la question de qui allait passer au relais.

Lequel relais est tenu par une dame extrêmement désagréable qui demande leurs papiers d'identité à des gens qu'elle connait depuis l'enfance, au prétexte qu'ils viennent chercher les colis sans acheter ses babioles. Et qui ferme à midi, moment de liberté de Maman, et à 18 heures, heure où Papa quitte son travail.

Bref, Maman ramena le colis le soir, dans un état assez lamentable, étiquette arrachée. Tout au plus voyait-on qu'il venait de chez "Colis surprise, sensations extrêmes".

Ah.

Une fois déballé, oh ! une grafanette !

Une grafanette…

Juju : Avec le bouton atomique !

Léa : Pousse pousse la chevillette, la grafanette cherra…

Papa : Ne touchez pas ! On ne sait même pas de qui ça vient !

Maman : de votre marraine Soizic, à Cancale, sans doute

Papa : Ou alors… de l'oncle Tonio de Bonifacio…

Maman : Pourquoi veux-tu que Tonio nous envoie un cadeau, nous sommes brouillés depuis 20 ans ?

Papa : Justement. Eloignez-vous, les enfants !

Avec précautions Papa sortit la grafanette dans la cour et l'attaqua à distance à la boule de pétanque.

Quand elle fut défoncée sans avoir explosé, on se risqua à explorer son contenu ; on découvrit alors le coffret sensations extrêmes à peine amoché, accompagné de la photo des collègues de Maman  rigolardes avec des oreilles de lapin, groupées dans le hall d'accueil de la banque.

Affectueusement  pour fêter tes cinquante ans était-il écrit au dos ;  dans le coffret  : " l'amour est une utopie", de Guillaume Lévy, un bon pour un repas pour quatre au Mac do du centre commercial, mais hélas les boules de pétanque avaient eu raison du bain moussant aphrodisiaque mauve qui avait noyé les chocolats au gingembre.

 

Rédigé par Emma

Publié dans #burlesque, #société

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Dédé 11/06/2017 20:18

Mince. Je suis une fan du chocolat au gingembre. J'aurais pu en manger en prenant un bon bain moussant. ;-) J'aime bien la chute du texte, marrante. A bientôt et belle semaine.

Solange 06/06/2017 16:26

Recevoir une grafanette, je m"éloignerais aussi ne sachant pas ce que c'est. Bravo pour ce texte.

Gérard 05/06/2017 20:08

Un cadeau donc j'ignorais l’existante du moins son nom "grafanette"

almanito 05/06/2017 11:16

eh bien sais tu? J'en ai trouvé une, de grafanette et je vais te l'envoyer alors surtout ne l'attaque pas à la boule de pétanque, l'oncle Tonio n'y est pour rien.

Adrienne 05/06/2017 10:53

j'adore :-)
tu m'as bien fait rire, super ton histoire, de bout en bout!

Quichottine 03/06/2017 12:24

J'adore !!!
Bon, tant pis pour les chocolats et le bain moussant, le texte est magnifique.
(et bien ancré dans la réalité... c'est souvent que le facteur fait comme si nous n'étions pas là)

Passe une douce journée Emma.

Eglantine 03/06/2017 09:31

une grafanette ! alors là tu m'expliques moi je ne connais pas :-) je me demande ce que j'aurais le plus regretté le bain moussant ou les chocolats ? les deux sans doute ....
bises

jill bill 03/06/2017 06:16

Voui je me souviens de la grafanette ;-) un mot mystérieux ce samedi-là !