Le roi de la toundra (drame écologique)

pour les impromptus littéraires, le jeu consiste à employer dans leur sens littéral des expressions imagées , comme : Avoir un cœur d'or, Battre la campagne, Coûter les yeux de la tête, Faire les quatre cents coups, A dormir debout, C'est la mer à boire, Aimer à corps perdu, Passer l'arme à gauche, il tombe des cordes, Avoir la dent dure, Lécher les bottes, L'estomac dans les talons, Avoir un pied dans la tombe, Mettre les pieds dans le plat, Poser un lapin, Tenir la chandelle, S'envoyer en l'air, etc…

Le roi de la toundra (drame écologique)

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Dix jours que Boris et Sacha battaient la campagne et défonçaient la steppe à coups de serpe et de pioche ; déjà la remorque était bien chargée, principalement de défenses de mammouth que rendait  le permafrost, dont la boue dégelée leur léchait les bottes.
Et là, круто*! Une tombe ! Génial !  Les ancêtres ont toujours adoré se couvrir de bijoux pour le grand voyage.
Le recéleur d'Irkoutsk allait se frotter les mains !
Le coffre disjoint était planté verticalement, ils devaient dormir debout il y a  2000 ans !
Il y avait un  grand plat en métal oxydé sur lequel on avait dû, semble-t-il, poser un lapin, ou un chat, comme en-cas, ou compagnon de route ; et apparemment, en glissant, l'ancien avait mis les  pieds dans le plat ! Du moins  il avait un pied dans la tombe et l'autre à un mètre  de là ; le bas des côtes s'était effondré en accordéon, l'estomac était dans les talons de ce qui avait dû être des chausses  en fourrure, à en juger par les gros tas d'arêtes à cet endroit. Une sorte de poignard noirci était fiché dans le bois en travers, et Boris dut passer l'arme à gauche pour dégager le reste.
Le crâne était bizarre, orbites énormes, les yeux plus grands que le ventre, encore qu'il était assez difficile de situer le ventre. Une seule dent dans la mâchoire, mais il avait la dent dure, le bougre !
- Hourra** ! il a un cœur d'or ! s'exclama Sacha, et au même moment, sa lampe frontale s'éteignit.
- Allume la bougie, dit son comparse, on va devoir dégager fissa, la route est longue.
Alors que Boris tenait la chandelle devant le briquet de Sacha, la poche de méthane qui tenait compagnie à la momie depuis des millénaires s'enflamma.
 
Et c'est comme ça que deux filous s'envoyèrent en l'air avec un roi de la toundra.
 
(* krouta      ** hourra)
 
bonus >>>>clic
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Jeanne Fadosi 20/10/2016 10:27

un exercice pas facile du tout que tu réussis à faire oublier par une histoire qui tient debout et qui est agréable à lire en oubliant la consigne

Adrienne 12/10/2016 07:52

bien joué!

Solange 10/10/2016 16:44

Amusante à lire cette histoire, c'est bien réussi bravo.

Mony 09/10/2016 10:29

J'y étais dans la steppe aux côtés de ces deux olibrius mais ouf ! j'ai pu me dégager à temps !
Un régal que j'avais déjà découvert chez Impromptus.

Gérard 08/10/2016 17:59

photo de vitrail ? magnifique...et merci pour ce morceau de balalaïka

almanito 08/10/2016 10:30

Rien qu'au titre, je savais que j'allais encore une fois me régaler. L'histoire est très drôle et les expressions s'enchaînent dans le beau mécanisme de la rigolade sans en avoir l'air. Quel bon moment, Emma!
Balalaïka-men est un homme heureux, tout à fait dans l'esprit déjanté du récit, tout seul au milieu de la forêt et des petits oiseaux.

Pastelle 08/10/2016 08:26

Chapeau, super bien joué ! :)

Michele 08/10/2016 08:12

super histoire Emma et j'ai beaucoup apprécié le bonus. Bonne journée

jill bill 08/10/2016 07:05

De chasseurs insolites... mais qui gagne peut perdre aussi, bravo Emma !

Clara65 08/10/2016 06:51

Ces expressions que j'adore (j'en ai recensées plus de 1000) sont ici employées à contrecourant et c'est très amusant. Cela finit mal cette histoire, cela leur apprendra de vouloir s'enrichir à n'importe quel prix !
Bon week-end, amicalement.

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