50 nuances de romantisme

50 nuances de romantisme
lecture : Extrait des oiseaux se cachent pour mourir, de Collyn Mc Cullough
 
( passage où Mary Carlson, 75 ans déclare sa passion au prêtre Ralph, avant de se suicider )
 
- Moi, je vous ai aimé, dit-elle, pathétique
 
- Non Je suis le stimulant de votre vieillesse, sans plus. Quand vous me regardez, je vous rappelle tout ce que votre âge vous interdit.
 
- vous vous trompez. Je vous ai aimé. Dieu sait combien ! Croyez- vous que mon âge me l'interdise automatiquement ? Eh bien, père de Bricassart, laissez-moi vous dire quelque chose :
A l' intérieur de ce corps ridicule, je suis encore jeune... je ressens encore, je désire encore, je rêve encore, je piaffe et m'irrite encore devant les restrictions imposées à mon corps. La vieillesse est la plus amère punition que nous inflige notre Dieu vengeur. Pourquoi ne communique-t-il pas cette même vieillesse à nos esprits ?
(Elle se rejeta contre le dossier de son fauteuil, ferma les yeux, et ses dents apparurent sous un rictus).
J'irai en enfer, évidemment. Mais, auparavant, j'espère avoir la possibilité de dire au Très-Haut quel pitoyable, mesquin, vindicatif et piètre personnage il est.
 
- Vous avez été veuve trop longtemps, Mary. Dieu vous avait accordé la liberté du choix, vous auriez pu vous remarier. Si vous avez choisi de rester seule et de l'être intolérablement, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous, pas à Dieu.
 
Pendant un instant, elle garda le silence, ses mains étreignant farouchement les accoudoirs, puis elle commença à se détendre et souleva les paupières. Ses yeux scintillèrent, rouges sous la lumière déversée par la lampe, mais sans larmes ; quelque chose de plus dur, de plus brûlant que les pleurs les habitait.
 
Il retint son souffle, ressentit de la crainte. Elle ressemblait à une araignée...
 
***
analyse du roman par Ode, sur Babelio
 
Ce titre connu de tous, immortalisé par la série télévisée avec Richard Chamberlain dans le rôle du père Ralph de Bricassart, cache un roman exceptionnel. Alors que le feuilleton met en avant l'aspect mélodramatique des amours interdites du prêtre avec la jeune Meggie Cleary, le livre offre une passionnante saga familiale sur trois générations avec, en toile de fond, une fresque historique de l'Australie allant de 1915 à la fin des années 60.
Le titre original, "The Thorn Birds", évoque la légende d'un oiseau n'ayant de cesse de trouver un certain arbre aux rameaux épineux, et qui libère son plus beau chant alors qu'il va mourir, transpercé par une épine de l'arbre tant convoité. Une image qui résume parfaitement le destin des personnages créés par Colleen McCullough : on n'obtient jamais rien sans souffrir en ce monde.
Dans ce livre, il est en effet beaucoup question d'efforts, d'ambition, d'amour et de souffrance, à commencer par celle des Irlandais, poussés par la misère à émigrer vers l'Australie et la Nouvelle-Zélande, pour y tenter une nouvelle vie. le plus bel exemple de réussite est celui de la richissime veuve Mary Carson, qui a su mener sa barque pour épouser un des hommes les plus puissants du pays et qui règne désormais seule sur l'immense domaine de Drogheda, en Nouvelle Galles du Sud. C'est elle, le personnage fort du roman. Son art faustien de la manipulation va conditionner l'avenir de son entourage : son frère Paddy Cleary, sa femme Fiona et leurs 7 enfants (dont une unique fille, Meggie), qu'elle a recueillis pour superviser le domaine et l'élevage des moutons, ainsi que l'ambitieux père Ralph de Bricassart, attaché à la paroisse de Gillanbone dont dépend Drogheda.
La religion catholique est évidemment très présente, rappelant chacun à son devoir : Ralph à l'amour de Dieu par opposition à son amour terrestre pour Meggie, ou la fière Fiona à son mariage en-dessous de sa condition avec Paddy... L'aridité de la vie en Nouvelle Galles du Sud, au milieu d'une poussière permanente, comme les épreuves subies par la famille Cleary, sont décrites avec réalisme et sensibilité. L'intrigue est pleine de finesse et les personnages extrêmement attachants, tout particulièrement Meggie, tourmentée par ses frères et ignorée par sa mère au prétexte qu'elle est une fille, donc un rappel de ses souffrances et de ses désillusions. le thème de la relation mère-fille est d'ailleurs un fil conducteur du roman, et l'auteur va montrer l'importance salvatrice de la parole pour sortir de schémas familiaux négatifs.
Un livre que j'emporterais sans hésiter sur une île déserte, surtout si elle ressemble à l'île Matlock, au large de l'Australie... Oui, je suis une incorrigible romantique, mais j'assume !

Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ? François Coppée

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
À la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril, où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

Martine 29/03/2016 08:06

Bonjour Emma,

Un roman que j'ai dévoré. Que j'ai aimé également regardé à la tv avec le beau Richard. Mais j'ai tout de même préféré le livre.

Que de passion dans ce roman, de descriptions qui le sont tout autant.
Merci Emma
;)

Jeanne Fadosi 28/03/2016 19:08

tu ne seras pas seule emma à avoir préféré le livre à sa transposition à l'écran. Quant à l'emmener sur une île déserte, si cette éventualité s'annonce, il faudrait que je dote d'une liseuse à rechargement solaire. Je pourrais ainsi avoir de nombreuses lectures en réserve pour un poids minime

Solange 22/03/2016 21:08

Je n'ai pas lu ce livre mais tu m'en donnes sérieusement envie.

Michèle 21/03/2016 16:43

Tu donnes envie de relire ! ce que je vais faire.
Amitiés

Quichottine 21/03/2016 11:51

J'avais adoré le film... et je n'ai pas été déçue par le livre, acheté après.

Je sais, je suis un peu trop "fleur bleue", mais ça ne fait de mal à personne.
Merci pour cette page, Emma.

anne condomine 19/03/2016 10:43

Rien à ajouter, ton papier est très complet, merci Emma! Il a un seul défaut: Il n'arrête pas le temps... Mais qui peut cela? Il faut juste accepter...

mireille du sablon 18/03/2016 16:54

...j'ai rêvé, pleuré devant ma télé...quelle série!
Bises de Mireille du Sablon

aimela 18/03/2016 16:05

si j'ai lu le roman et je n'ai pas manqué un seul des épisodes de la série car je n'étais pas insensible au charme du prêtre( rire) Je ne connaissais pas le très beau poème de François Coppée alors merci de l'avoir déposé sur ton blog

Nina Padilha 18/03/2016 15:02

La vieillesse est un outrage à mes jeunes années, à ma hardiesse, ma vitalité.
J'ai adoré ce film...

almanito 18/03/2016 14:18

Tous les animaux se cachent pour mourir et les humains, s'ils n'avaient perdu leur vraie nature, le feraient aussi, à l'image des vieux Indiens qui partent dans la montagne quand ils sentent qu'il est temps. Je suis une grande amatrice de sagas, j'ai lu le bouquin il y a très longtemps.

eMmA MessanA 18/03/2016 14:12

J'avais dévoré ce livre et bien apprécié la série télévisée.
Quant à la légende, je pense au délicieux conte, "Le Rossignol et la rose", de l'auteur irlandais que j'aime beaucoup, Oscar Wilde.
Merci pour cette belle page dont j'ai tout goûté, notamment la musique irlandaise.
Bonne fin de semaine Emma.
eMmA

jill bill 18/03/2016 13:57

Je connais le poème de Coppée mais j'avoue n'avoir jamais regardé le film cité ni lu le livre.... pourquoi, je ne sais ! Merci Emma...

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