Café de la gare.

Publié le 20 Février 2015

pour les , le jeu consiste à placer les mots

cataracte, enchevêtré, illicite, mufle, raidillon, azimut, Bourg-La-Reine, chameau, fantasme, ranimer.
 
Aimable visiteur, ne prends pas la peine de commenter, ce n'est qu'un jeu.! Un logorallye est réussi quand, s'ils ne sont pas soulignés, les mots imposés ne se remarquent pas. Et c'est un défi excitant, mais qui souvent n'excite que celui qui le fait.!
 
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Le récit ci dessous fait suite à une histoire, visible  sur le site des impromptus, où l'on croise la mythologie de l'Egypte ancienne, écrite par Vegas sur Sarthe, ABC, et Tisseuse. Berenice est guide conductrice de felouque (diplôme obtenu par correspondance). A la suite d'expériences traumatisantes, elle revient à Bourg la Reine, sa ville natale et se reconvertit dans la rédaction de guides touristiques.
 
Café de la gare.

Après avoir tant bourlingué,  Bourg la reine apparut d'abord à Bérénice comme un havre de tranquillité. Néanmoins, après quelques mois, elle se surprit à traîner les pieds dans ses babouches éculées, et  soupirer chaque matin  en allumant son ordinateur. De plus en plus souvent elle rêvassait, sans même les voir, devant les lignes psychédéliques enchevêtrées qui zébraient son écran de veille dans tous les azimuts.

Son travail de rédacteur de guides touristiques, bien que chichement payé,  ne lui déplaisait pas, bien heureuse qu'elle était  d'avoir trouvé ce gagne-pain, avec pour tout CV un permis de conduire les felouques.

Docile, elle suivait les directives de son manager éditorial. Il lui avait martelé :

" Notre job, Bérénice, c'est de vendre du rêve, nos lecteurs ont besoin de croire qu'ils vont pouvoir réaliser leurs fantasmes. Ils sont pour la plupart d'âge canonique, et ils ont de l'argent. Ils croient qu'avec l'argent qu'ils ont enfin, ils vont pouvoir  ranimer leurs passions de jeunesse. Entre nous, je vous le dis, il est plus aisé pour un chameau d'entrer par le trou d'une aiguille*, que pour un vieux de retrouver sa jeunesse. Mais ils ont de l'argent, et nous avons le pouvoir de le leur faire dépenser."  

Un mufle dépourvu de scrupules : peu lui importait que Bérénice n'ait jamais mis le pied dans les endroits qu'elle faisait "vendre", ce qui frisait  l'illicite.

Et puis, un jour de grosse pluie, alors que des cataractes dégringolaient bruyamment de cette foutue gouttière crevée, en éclaboussant  la fenêtre de son bureau, elle réalisa qu'il serait bien agréable d'avoir sous la main un bricoleur pour faire toutes les réparations dont la vieille maison avait besoin. Comme retaper la bibliothèque ou empierrer le raidillon qui mène à la boîte aux lettres.

Et elle réalisa le vide de sa vie affective, elle prit conscience qu'elle était à l'aube de la quarantaine, et qu'il était grand temps de rencontrer des célibataires exigeants.

 Oh, elle avait bien croisé quelques Indiana Jones de pacotille, et des archéologues distraits, principalement obsédés par l'urgence de démentir ce que venaient d'affirmer leurs prédécesseurs, mais aucune aventure n'avait survécu à une saison de fouilles.

Alors elle se connecta aux sites où commencent les plus belles histoires. Comme celles qu'elle-même racontait aux candidats touristes de son guide.

Elle écarta plusieurs Titus, qui tous trouvaient son pseudo "Bérénice"  délicieux.

Son choix se porta finalement sur Aurélien, un coiffeur de Mâcon, dont le portrait qu'il faisait de lui-même : pas riche, entre deux âges, aimant le jurançon et Agatha Christie lui parut gage de sérieux. Ils décidèrent de se rencontrer au café de la gare de Bourg la Reine.

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes**.

Bérénice, qui ne s'attendait à rien, ne fut pas déçue. Aurélien était effectivement entre deux âges, mais qui ne l'est ? Et quelque peu efféminé, ce qui laissait présager de la délicatesse. Tous deux se découvrirent une passion pour le scrabble, ce qui leur parut suffisant pour  convenir de se revoir le dimanche suivant,  au café de la gare de Mâcon.

* Qui vous savez. ** L. Aragon.

 

Rédigé par Emma

Publié dans #romanesque, #jeux d'écriture

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Aude terrienne 26/02/2015 12:00

Mais comment passe t on de Bourg la reine à Mâcon ?
En tous cas j'aime bien ton histoire et j'attends la suite ;-))

Solange 22/02/2015 01:24

Intéressant à lire, j'en aurais pris encore, bravo pour le défi.

jackie 21/02/2015 08:26

La suite dira… Mais ça commence pas mal…
Bonne et belle journée

marine D: 21/02/2015 07:21

J'adore ! Bon, pour le scrabble ... il faudra trouver autre chose !!!

Jeanne Fadosi 20/02/2015 10:15

et pourquoi pas commenter ? en effet si les mots imposés n'étaient pas surlignés, on ne les remarquerait pas. Bravo.

almanito 20/02/2015 08:53

Emmaaa! C'est trop court, j'aurais bien aimé connaître la suite de ces amours...surréalistes!

eMmA MessanA 20/02/2015 08:34

Vous êtes formidables ! C'est un exercice assez difficile et là, tout est fluide et captivant. Bravo.

jill bill 20/02/2015 08:12

Alors s'ils décident de se revoir... un bon début.... ;-)