N'oublie pas les chevaux écumants du passé

de Christiane Singer

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N'oublie pas les chevaux écumants du passé

extraits

N'oublie pas les chevaux écumants du passé, du fond des temps ils ont galopé jusqu'à toi et jusqu'à moi ; ils sont harassés et couverts de sueur ; depuis les steppes interminables des temps, ils nous ont rejoints dans l'aujourd'hui...

....fermez les yeux, et entendez bruire cette foule humaine dans votre dos. Toute cette humanité dont vous procédez ! sentez derrière vous cette chaine d’amants et d’amantes (P Eluard) dont vous êtes à cet instant les seuls maillons visibles ...

Dans la jeunesse, l'âme n'est pas jeune. Elle est percluse du rhumatisme des modes, plie sous les idéologies, les normes en vigueur.

 L'Alzheimer juvénile la ronge : l'oubli de tout ce que l'enfant savait encore sur le sens profond des choses.

La jeunesse transbahute tous les préjugés qu'on lui a inculqués, les jugements féroces, les catégories assassines. Elle est souvent dure comme le monde qui l'accueille. Sa lumière est sous le boisseau.

Ce long travail de la libération de l'intelligence, ce déminage du terrain après tant d`années d'occupation étrangère sont l`œuvre de la maturité.

Quand l`obligation de faire un avec sa génération n'est plus une question de survie, on peut enfin écarter les œillères, laisser venir la clarté. Comme dans les grandes forêts où l'automne, en dépouillant  les branches, donne le ciel à voir.

"Il faut toute une vie, écrit Jean Sullivan, pour élargir son cœur, ses opinions, pour conquérir sa liberté spirituelle. "

Toute une vie. Voilà une chance à ne pas manquer.

"Je dessine depuis l'âge de six ans toutes les formes qui me rencontrent. Quand j'ai eu cinquante ans, j`avais déjà publié des masses de dessins, mais tout ce que j'ai fait avant soixante-dix ans n'est pas digne d'être évoqué. A soixante-treize ans, j'ai commencé à saisir la vraie nature des bêtes, des arbres, des herbes, des oiseaux. A quatre-vingts ans, j'aurai fait des progrès. A quatre-vingt-dix ans, j'aurai peut-être approché le secret des choses. A cent ans, j'aurai atteint un grade de perfection qui touchera. Et à cent dix ans, tout ce que je dessinerai, ne serait-ce qu'un point ou une ligne, sera vivant."

Ces mots d'Hokusai, le grand peintre japonais qu`on a comparé à Rembrandt et à Goya, décrivent ã merveille la dynamique secrète de l'âge. Pas à pas, le monde 'se laisse rejoindre. Tout ce qui n'était que schéma, toile de fond, accompagnement sonore ou visuel glisse lentement au centre de la perception

Le monde existe vraiment ! Voilà la révélation.

………

Avec les années, le corps se métamorphose, s’affine, perçoit le monde à des registres autrefois inconnus, capte des multitudes de signaux et d’informations sur les choses et les êtres. La peau a cessé de le limiter. La carezza n’est plus la haute œuvre de l’amant seul ; un regard, un reflet, le vent dans les cheveux, et ce frisson se déploie, se déroule comme une jetée de soie. L’éros s’est dilaté. L’amoureuse aussi. Son corps ne la contient plus. Un jour l’enveloppe s’en déchirera sous la poussée d’une autre naissance. Deux amies se sépareront à la croisée des chemins. La femme avec un corps et la femme sans corps se diront adieu. Deux reflets dans l’eau de la mort. Deux rêves qui retourneront vers le rêveur des mondes...

Nombreuses fois

Nombre de fois

L’homme s’endort
puis une fois
rien qu’une fois
 l’homme s’endort
et perd son corps
                 (René Char)

marine D: 18/12/2014 16:49

Avec OB explique moi comment décocher et où, je ne vois pas ce que tu dis à ce propos
Tu m'expliques ? Ce sont les réponses des autres que je ne reçois pas, par exemple si tu répond ici, et puis je n'ai pas toujours le temps de revenir, sauf si je pose une question Emma .
je ne veux pas recevoir en tout cas les commentaires des autres de tes visiteurs .
Bises
http://dans-les-voiles.over-blog.com/

marine D: 18/12/2014 12:32

Je comprends Okusaî, oui, plus le temps passe plus on comprends les choses, qui nous échappent parce que le temps passe encore plus vite, alors on VOIT mieux les choses.
Je t'ai répondu ceci dans mon jardin mais tu ne recevras pas la réponse peut-être car je ne dépose pas mon adresse mail dans les identifiants pour ma part chez mes visiteurs comme ici en tout cas, sinon je reçois Toutes les notifications de leurs commentaires (c'est compliqué, est-ce que tu me comprends ?...)... Quant à Eluard je l'aime depuis si longtemps, mon fils Arnaud, l'artiste, me traitait de "maman perpétuellement éluardisante" !

Ma réponse :

J'aime Aragon, et il porte un beau nom en plus, merci Emma, voilà, et pourquoi se plaindre alors que le monde est si beau et que les saisons passent mais... reviennent ! Vivre, et vivre aujourd'hui pleinement même pour de courts moments de bonheur... Tu as tout compris !

As-tu un rapport avec EmMa des collages Eperluette ? Je m'y perd !
Très belle publication Emma.

erato 17/12/2014 22:45

J'aime beaucoup cet écrivain , je ne connaissais pas ce livre.J'ai réentendu avec plaisir l'entretien.
Douce soirée Emma

jamadrou 17/12/2014 19:26

Merci Emma

jill bill 17/12/2014 17:31

Ah oui superbe... Quand je pense à Jeanne Calment, 122 ans... Hokusai n'a pas écrit jusque là... 110 seulement...et les mots de René Char, en veillissant j'appréhende cette fois-là... merci Emma

almanito 17/12/2014 16:42

Cette femme est lumineuse, une belle personne comme tu dis. J'ai écouté tout l'entretient et certainement j'y reviendrai. Merci Emma.

Nina Padilha 17/12/2014 15:40

Whouaouh !
Superbe !
Bizzz

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