La fin des haricots.

pour Miletune

La fin des haricots.

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Alors, au début… au début…

Non, pas au début du début, plutôt au début de la fin…

Au début donc, personne ne s’inquiétait.

Sauf les pauvres bien entendu.

Les riches, tant qu’ils pouvaient s’exploser de décibels sous les nuits étoilées, boire et fumer des choses sur leur yacht, pianoter sur la peau bronzée de Milena ou Tatiana,  peu leur importait que d’année en année on doive rehausser les pilotis des discothèques…

Vint le moment pourtant où ils se rebellèrent, les riches, fatigués de devoir  reconstruire leurs villas toujours plus haut sur les collines. Ils mirent les politiques en face de leurs responsabilités : les océans montaient, certes, mais il suffisait de les repousser, les assécher, tiens, les dessaler puis les refroidir pour reconstituer la banquise.

L’argent ne manquait pas, c’était plutôt la main d’œuvre qui faisait défaut. Les pauvres commençaient à manquer.

Alors, vers le milieu de la fin, les riches durent se résoudre à se replier dans leurs chalets. Le ciel était toujours bleu, et s’exploser la tête de décibels, en fumant des choses sur les grandes terrasses de bois blond faisait oublier que les montagnes étaient uniformément grises.

Et puis l’argent ne manquait pas.

Jusqu’à cette nuit, (d’été ou d’hiver, difficile à dire), où les montagnes elles-mêmes commencèrent à s’écrouler : de partout des blocs de taille et forme diverses dévalaient les pentes jusque dans les vallées inondées, faisant jaillir en plongeant d’immenses gerbes  d’eau salée.

Le scandale était que sur leur passage elles ne fracassaient pas seulement les maisons de berger, mais aussi les chalets luxueux…

Et à la fin de la fin, avant de sortir en zodiac par une fenêtre du studio de TVplanet sur le mont Ararat, le journaliste du  JT, déclara, serrant sur son  cœur une bouteille vide : Madame, Monsieur, qui me voyez peut être, c’est la fin des haricots, nous voilà dans  la même galère, et après nous le déluge !

Mais aucun bêtisier ne reprit la scène.

 

Pastelle 27/05/2014 14:13

Grâce à toi je sais où je passerai mes prochaines mini vacances. Je veux absolument voir cet endroit ! :)

Pascale@nokomis 27/05/2014 08:23

La fin des haricots, en avons nous seulement conscience ?
Magnifique cet endroit et totalement incroyable !
Bises

Solange 25/05/2014 01:23

Pour une fois qu'il n'y avait pas que les plus démunis. Espérons que ça n'arrivera pas.

erato 23/05/2014 22:17

Un village vraiment étonnant ! Ton récit est peut-être une vision du futur .... pour une fois personne n'est épargné ! Mais quand tiendrons nous compte des erreurs passées.
Douce soirée, bon week end Emma

Carole 23/05/2014 18:05

Il y avait déjà "danser sur un volcan". Mais on ne retient jamais les leçons. Je pense que nous finirons plus ou moins comme tu le racontes ici.

jamadrou 23/05/2014 16:46

Science fiction
ou prémonition
le dernier chaos sera chaud
les carottes seront cuites
et signeront la fin des haricots.

Nina Padilha 23/05/2014 11:45

Pas si incohérentes que ça, tes diatribes...
Ça donne à réfléchir !
Bisous !

Jeanne Fadosi 23/05/2014 10:58

si les riches ne sont plus épargnés, alors ... bien vu et qui sait prédit

Quichottine 23/05/2014 09:54

J'aime beaucoup ce final... mais je ne suis pas sûre que j'aimerais que ce soit ainsi demain. :(
Passe une douce journée.
Merci pour ce très beau texte.

Louv' 23/05/2014 09:40

Eh oui, H.G.Wells a l'air un peu ridicule maintenant, avec son 1984 ! C'est toi, Emma, qui a sûrement raison. Le processus a commencé, les carottes sont cuites.

Michèle 23/05/2014 08:21

Ca finira sans doute comme cela géniale Emma...mais nous avons encore un peu de temps avant la fin des haricots et comme le chante JR Caussimon "Que tout flambe ou que tout se glace nous aurons déjà notre place dans la légende des amants, nous deux, alors quand sautera la planète, si jamais sonnent les trompettes, on s'en foutra divinement, nous deux ". Profitons !!! amitiés et bises

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