La vie d'Adélaïde.

pour Miletune, sur une image de Ben Heine ( clic)

La vie d'Adélaïde.

C'est l'unique héritière de la famille de B.


(chaine de palaces, banques, et autres casinos).
Alanguie sur ce banc, la belle Adélaïde
contemple sur le gravier son pauvre coeur brisé.
Vingt-cinq ans demain, bien triste anniversaire.

Entre son père et elle, le deal était fort clair :
puisqu'elle ne voulait pas assurer la lignée,
demain c'est ainsi, il va la déshériter,
adoptant pour ce faire, son neveu Jean Clotaire.

Le destin a voulu que depuis ses quinze ans,
elle aime à la folie ce Marcelin Martin,
avec son air absent, ses yeux de chien battu.
Il n'a pas, (c'est peu dire), le profil d'un bon gendre.

Cet homme était alors son maitre de flute à bec.
Passe encore. Mais l'argent de papa n'aurait pu
gommer cinquante ans bien tapés, et sept enfants.
Dans son vieux pardessus râpé il s'en allait
l'hiver, l'été, parce qu'il faut bien gagner sa graine
à des gamins bornés parler de Beethoven.

L'amour est un profond mystère. (Mais c'est l'amour).

La petite fut donc illico expédiée
dans un pensionnat suisse se changer les idées,
apprendre les bonnes manières, se frotter au Gotha,
révérence, bal des deb's… Rien ne toucha son cœur.

Pauvre Adélaïde, l'échéance est arrivée :
la voilà sans amour et bientôt sans fortune.
Marcelin a pris sa retraite (bien méritée)
sans avoir jamais su la passion qu'il inspire.

Elle n'a pas vu venir un bien joli garçon
Un bouquet à la main, sur le banc d'à côté.
C'est un petit génie de silicon valley,
qui, un soir, a ressenti le mal du pays.
Il est revenu y chercher fiancée.

Cette demoiselle a des jambes spirituelles :
"Bonjour Mademoiselle, je m'appelle Giuseppe
Peut-être que cela vous semble inusité,
c'est le goût de mon père, professeur de musique.
Vous allez rire sans doute, mes frères et sœur s'appellent
Ludwig, (c'est mon jumeau), Frédéric, Cosima
Wolfgang, Richard et le petit Jean Sébastien…"

 

Nalo 21/03/2015 10:31

Tes écrits sont un continuel régal !!

almanito 20/03/2015 16:19

Alors ça, c'est une histoire qu'elle finit bien! Le hasard fait si bien les choses, n'est ce pas...

Nalo.soul 16/03/2014 13:39

Magnifique description !!

Latil 06/03/2014 20:18

Elle était riche d un amour impossible, sa famille a essayé de lui ouvrir les yeux. Quand on est aisé, on a des obligations, sinon on ne le reste pas. Les galipettes c est pour ceux qui sont fauchés, il leur reste au moins cela
Amicalement Latil

Louv' 04/03/2014 23:04

Sourire...Sept prénoms, sept enfants et un père professeur de musique ! Non, mais, quelle coïncidence, Emma :)

Solange 03/03/2014 23:11

Il avait de la suite dans les idées ce père. Beau récit.

Michèle 03/03/2014 09:44

Bien tourné ce poème Emma, comme toujours un plaisir de te lire. Adélaïde sans succès avec sa symphonie n°1, réussira, c'est certain, sa symphonie n°2 qui semble à priori plus harmonieuse ! Bon Lundi. Amicalement

Joëlle Colomar 03/03/2014 09:19

Saura-t-elle trouver le chemin du bonheur au milieu de tous ces illustres prénoms ? Je crains qu'elle ne sois pas trop douée pour, mais sait-on jamais ! Bises amicales. Joëlle

erato 02/03/2014 23:08

Qui sait ?Le bonheur est si imprévisible? Des prénoms prestigieux , tout comme le sien, mis à l'honneur par Beethoven et Ravel. Alliance de la musique!
Douce soirée Emma

Quichottine 02/03/2014 18:28

Elle va connaître le bonheur, c'est chouette !

flipperine 02/03/2014 17:24

pauvre fille et tous les prénoms que tu donnes à la fin sont des prénoms de musiciens

Carole 02/03/2014 16:36

Elle aurait pu être la Traviata. Pauvre Adélaïde !

jlill bill 02/03/2014 14:04

Eh oui eh oui.... Merci emma

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