le pianiste

pour les impromptus littéraires sur le thème du silence

 

Il l'a fabriqué morceau de bois après morceau de bois, qu'il a pu ramasser sans se faire prendre, et tailler avec une lame volée.
Il le cache sous sa paillasse, tout en haut des châlits superposés.

C'est un camp en Poméranie, ou en Sibérie ; peu importe, c'est là où il y a des chiens, des bottes, des barbelés, et des miradors qui balaient la neige jusqu'à la masse noire de la forêt.

Alors la nuit, il le sort, le pose sur ses genoux, jambes ballantes et dos courbé, il se concentre, hésite une seconde, comme il le faisait à Pleyel, et puis abat ses longues mains gercées sur le misérable clavier raplapla.

Et c'est Chopin qui déferle dans sa tête.

Bien qu'il ait toujours un peu de mal avec les arpèges du 2e scherzo.

 

 

aimela 30/10/2013 18:51

Une histoire très émouvante Emma

Carole 29/10/2013 22:57

Un xylophone, c'est encore un clavier. Et la musique, on la joue d'abord en soi.
Un très beau texte.

Solange 29/10/2013 19:21

Son petit bonheur. Un texte touchant.

Nina Padilha 29/10/2013 15:19

La musique avant tout...
Émouvant !

Pascale☼Nokomis 29/10/2013 13:05

Très beau texte, et j'écoute, c'est magnifique !!!!!
Bonne journée

flipperine 29/10/2013 11:55

ah quand on aime qu'est ce qu'on ne ferait pas

Mony 29/10/2013 11:32

Très beau texte, merci Emma.

jill bill 29/10/2013 08:18

Une évasion à sa façon, merci emma !

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