table d'orientation
&perluette
Le gras, de ton assiette, tu éradiqueras
Dix ans de vie en plus, au bas mot tu auras.
Bannis le sel aussi, quinze ans de rab encore.
Le sucre, l'alcool, à la poubelle tu mettras !
Trois pater quatre ave, expie donc tes péchés !
Avec le chocolat, tu gagnes vingt-deux mois.
Au petit matin, cours ! à midi fais des pompes !
Tu sauteras la barre des cent ans à coup sûr.
N'oublie pas surtout de grimper aux rideaux,
Une heure de sexe par jour te vaut encore dix ans,
Par-dessus les moulins ton déambulateur !
Mais ne crois pas surtout t'en tirer à bon compte,
Les virus animaux dans l'ombre guettent leur heure
Pesticides, bisphénols auront quand même ta peau
Les ondes radio, wi wi, te laisseront idiot.
Ah j'oubliais : rire chaque jour un bon quart d'heure
Vingt ans de plus assurés ! Rire, oui, mais de quoi ?
pour les Impromptus littéraires

Tu te fous de moi ? dit Jean-Claude en décapsulant une nouvelle bière sur le canapé. Et il me tend le papier que je lui ai remis en arrivant de la gare. C'est quoi ce charabia ?
Je m'assieds et je n'en crois pas mes yeux en lisant ce que j'ai écrit il y a quelques heures :
Ecrit composé sur un sujet de dévotion, de philosophie.
On éprouve de l'affection, de l'amour ou de l'attachement pour quelqu'un ou quelque chose, suite à un événement dont on ne peut expliquer l'apparition, et que l'on ne peut prévoir, au cours d'une activité physique ou intellectuelle exercée dans le but de se divertir, par désir de connaître les secrets des autres,
Pour avoir déchiffré un texte et en avoir compris le sens, les éventualités, dans l'expression donnée par les yeux d'une personne.
Et puis, comme dans la partie la plus basse, la plus profonde, la plus éloignée de la totalité formée du conscient et de l'inconscient,
on éprouve pour la totalité formée de son propre conscient et inconscient beaucoup d'affection, d'amour ou d'attachement,
si quelqu’un éprouve pour vous de l'affection, de l'amour ou de l'attachement, on éprouve pour lui de l'affection, de l'amour ou de l'attachement
En raison de l'accord parfait avec celui des cinq sens qui permet de percevoir les saveurs.
On se bénit, on règle la note d'un repas.
On divise en plusieurs parts les sons d'une ou de plusieurs syllabes qui ont un sens, qui expriment une idée et sont susceptibles d'être transcrits graphiquement.
On prend manière par répétition
de s'adresser de façon réciproque des sons d'une ou de plusieurs syllabes qui ont un sens, expriment une idée et sont susceptibles d'être transcrits graphiquement.
Quand on les a rabâchés pendant une longue durée,
On les rabâche sans faire travailler son esprit, réfléchir, raisonner
Et alors, ô Être suprême, créateur de la Terre, on éprouve de l'affection, de l'amour ou de l'attachement pour quelqu'un ou quelque chose.
Parce qu’on est situé au début de quelque chose.*
Mince alors !
Quand je me suis rendue compte tout à l'heure, dans le train, que je n'avais pas le moindre cadeau de St Valentin pour Jean-Claude, j'ai arraché une page de mon agenda pour lui copier un poème de Paul Géraldy, le seul poème d'amour que je sache par cœur. Avec ce que j'avais sous la main, à savoir le stylo dont je ne me sers jamais, mais que je garde toujours dans mon sac en souvenir de Papa, qui était professeur de linguistique à la Sorbonne.
Méditation
On aime d’abord par hasard
Par jeu, par curiosité
Pour avoir dans un regard
Lu des possibilités
Et puis, comme au fond de soi-même
On s’aime beaucoup
Si quelqu’un vous aime, on l’aime
Par conformité de goût
On se rend grâce, on s’invite
À partager ses moindres mots
On prend l’habitude vite
D’échanger de petits mots
Quand on a longtemps dit les mêmes
On les redit sans y penser
Et alors, mon Dieu, on aime
Parce qu’on a commencé
Papa, dis-je, furieuse, en rangeant le stylo tout au fond du tiroir du bureau, Papa ! Je sais que tu n'as jamais pu blairer Jean-Claude, mais là, tu abuses !
*Avec la complicité de linternaute.com
*
En Septembre, il eut une rémission.
Elle se reprit à espérer.
Car l'espérance est violente.
Il descendait au jardin, s'enquérait des fruitiers qu'il faudrait élaguer, des rosiers à attacher plus serré sur la tonnelle. Il restait de longs moments à regarder les oiseaux se chamailler.
Il souriait de la voir à nouveau coquette et enjouée.
On eût dit que le bonheur était revenu.
Un matin, il dit qu'il voulait retourner au Chemin des Dames. Elle demanda si ce n'était pas un peu tôt, s'il ne valait pas mieux attendre que les forces lui soient bien revenues.
Il dit que c'était maintenant, parce qu'on était en septembre, que c'était le 23 septembre que son père avait été tué là-bas ; il voulait voir le ciel comme son père l'avait vu ce jour-là.
Avant d'être pulvérisé près du bois de Blée.
Avant d'être emmené vers la ferme de D. , sur un tombereau, dans une bâche, mêlé à la bouillie de ses camarades.
Alors ils y allèrent.
Il dormit presque tout le temps pendant les trois heures de route.
Ils étaient venus plusieurs fois à Blée et connaissaient bien la campagne riante et vallonnée, qui n'avait rien à voir avec les tragiques cartes postales sépia qu'il avait dans son album.
Mais le ciel était le même.
Elle engagea la voiture dans le petit chemin près du bois. Pendant qu'elle cueillait quelques campanules sur le bas-côté, il s'appuya contre la voiture et regarda le ciel. Un ciel avec des petits nuages blancs immobiles, très haut, en attente.
Arrêt sur image depuis le 23 septembre 1914.
Il n'eut pas assez de forces pour monter la pente qui conduisait au petit cimetière où une plaque décatie honore ceux qui se trouvent là, intimement unis malgré eux dans une fosse commune. Elle y déposa les campanules.
Il avait vingt-cinq ans ! dit-il, tu te rends compte que je pourrais être le grand père de mon jeune Papa ?
Il ne voulut pas rester à l'auberge comme elle avait prévu.
Je veux rentrer chez nous, s'il te plait.
La nuit était noire quand ils arrivèrent.
Il frissonnait et se laissa mettre au lit, sans grommeler comme il le faisait d'habitude.
Il faudra, dit-il, que tu me conduises demain à Dancourt, je voudrais revoir mon école. Je voudrais voir s'il y a toujours le marronnier dans la cour.
Pardonne-moi, Marie, Dieu sait que j'ai aimé chaque minute que j'ai passée avec toi, mais sous ce marronnier, le monde était à moi...
Comme chaque soir, elle lui tint la main jusqu'à ce qu'il s'endorme.
*
à la façon d'Alexandre Vialatte, pour les impromptus littéraires
( la trompette fait quelques couacs, mais l'entreprise est énergique)
Taureau
Bien qu'il porte les cornes avec prestance, l'homme taureau est un faux battant.
En effet, conçu en période estivale voire caniculaire, au camping municipal de Palavas, il en garde une certaine indolence, ce qui
place son existence sous le signe de l'ambivalence.
Côté face il ne craindra pas les raids aventure, comme le 5 kms à la boussole en forêt de Fontainebleau. Côté pile, il cultivera le
match sur canapé, surtout après le mariage.
Il portera à merveille le pantalon à pinces et le gilet court à brandebourgs, ce qui ne lui sera d'aucune utilité, ses compétences ne
le conduisant pas vers la figuration cinématographique, mais plutôt la gérance de Lavomatic ou l'expertise numismate.
La femme taureau est une impossibilité biologique, handicap qu'elle surmontera en pratiquant l'humour vache. Elle ne cuisinera pas la
tête de veau. Elle porte avec grâce le pantacourt et les tops fluo. Si elle se fait décolorer, elle renoncera à la couleur anis qui lui fait le teint plombé.
Eprise d'idéal, elle se parfumera au Crépuscule de Cardior, lira Marc Lévy et écoutera André Rieu. Elle utilisera sans compter les
produits hydratants, regalbants, raffermissants et repulpants. Native de Mai, et mariée, elle évitera le gloss "rose de chine" que son fiancé trouvait sublime, mais son mari immonde.
Elle trouvera la passion auprès du Bélier, et la tranquillité avec l'homme Vierge, bien qu'il ne l'avoue pas.
* Points de vente dans notre carnet d'adresse en page 78
pour Miletune, sur une image de D.Allard
- Tu vois, Camille, ce qui s’échappe des pages ?
- De la poussière ?
- En effet. Mais encore ? Regarde bien, petite....
Un oiseau bleu,
une dame blanche,
un prince noir,
et un chaperon rouge.
Une rose d’Ispahan,
un forget me not,
des roseaux qui chantent,
et une tulipe noire.
Un calife de Bagdad,
un empereur de Chine,
un vaillant petit tailleur,
et un joueur de flûte.
Un chat. Botté.
Un lapin. Blanc, avec des yeux roses.
Un vilain petit canard,
et un grand méchant loup.
Trois petits cochons,
sept nains,
quarante voleurs,
et ...mille et une nuits.
- et des princesses, dis ? Des princesses ?
- En pagaille !
Sinon, ma belle,
que mangeraient les ogres ?
Sur qui donc les belles mères
Passeraient-elles leurs nerfs ?
Et qui encore pour tester les matelas
posés sur des petits pois ?
Tout cela flotte, vois-tu,
dans la vieille poussière...
Mais la voix du conteur
l’emmène vers ton âme…
pour les impromptus littéraires (Cliché Toncrate)
Ma bonne Adèle, disais-je
à ma bonne,
(qui s’appelait Adèle)
laisse-moi, je te prie
aller jouer dans la tourelle
au bout du potager.
Monsieur, vous ne pouvez :
Nicolas le jardinier
y range ses outils.
Vous vous y saliriez.
Et même si je voulais,
je n’en ai point la clé.
Ma mère, ma chère mère
puis-je aller, s’il vous plait,
jouer au chevalier
dans la petite tour ?
J'ai tout l'air d’un benêt
sur mon cheval de bois
dans les allées du parc.
Mon fils, vous ne pouvez,
la clé en est perdue.
Tenez-vous le pour dit !
Jouez au bilboquet,
ou allez étudier.
Votre latin, à ce que dit l’abbé,
laisse beaucoup à désirer.
Mon père, je vous prie,
je voudrais conquérir
le petit donjon du bout du potager,
imiter vos victoires,
devenir comme vous
grand officier du roi.
Ma bonne ne veut pas,
et ma mère me dit
que la clé est perdue.
Et pourtant, de la petite fenêtre
de la bibliothèque, je l'ai vue
bien souvent y entrer,
avec Nicolas le jardinier.
Adèle, ma bonne Adèle
je ne veux plus aller
dans la tourelle.
Je crois qu’elle est hantée !
j’ai entendu des cris
à travers le grillage
que père a fait dresser
autour du potager.
Mais dis-moi donc, ma bonne :
quand reviendra ma mère ?
Je me languis tant d'elle.
Elle ne m'a pas embrassé
avant de partir en voyage
voilà plus de trois mois.
Et pourquoi, ma bonne Adèle,
te signes-tu toujours
quand je te parle d’elle ?
mais heureusement....
*
vraie fausse lettre pour MIletune
à Madame Marie Clémentine Valade
8 rue du Poteau
à Montmartre près de Paris
Le 8 novembre 1902
Ma très chère Mère,
Ainsi que vous le pouvez le voir, à peine arrivé de trois jours, je m'empresse de vous écrire, afin que vous n'ayez pas une fois de plus à vous plaindre de mon ingratitude.
Trois jours seulement, qui m'ont paru infiniment longs, comme le voyage lui-même, ce qui augure mal de ce séjour d'un mois à la montagne que vous m'infligez.
Je ne doute pas que vous soyez animée des meilleures intentions du monde, mais ne croyez pas que je sois dupe de vos arguments.
Je sais bien que ce n'est pas la phtisie que vous craignez pour moi, et je devine que vous avez soudoyé les hôteliers pour qu'ils ne me mettent pas à la table des sympathiques employés du chantier du chemin de fer, mais à celle des buveurs d'eau, qui sont de la sorte qu'on rencontre obligatoirement en ces lieux, surtout en hiver, ainsi que dans les romans de Monsieur Balzac. C'est-à-dire la sempiternelle demoiselle prolongée, nantie d'une mère bavarde, un bourgeois ventripotent affligé de la goutte, accompagné d'une comédienne qui a dû faire les beaux jours des théâtres de province du siècle dernier, officiellement présentée comme son épouse, et un curé.
Dieu sait pourquoi il y a toujours un curé où qu'on aille. Sauf où vous savez, chère mère, à moins qu'ils ne s'y défroquent pour l'occasion. Ainsi, il y en avait deux dans mon compartiment, et ma foi ils ont agrémenté cet interminable trajet en chantant d'une fort belle voix des hymnes destinés à je ne sais plus quel pieux congrès qui se tient cette semaine à Lyon.
Mes compagnons de table ne sont pas aussi distrayants, hélas, et dès le dessert expédié, je fuis la pipelette. Encore que mon statut sulfureux d'artiste me mette probablement à l'abri de ses entreprises matrimoniales.
Il semble d'ailleurs que ces estimables personnes nous quittent demain : ils étaient venus prendre les eaux à Aix, et les thermes ont fermé fin octobre. Ils ont prolongé leur séjour aux Isards sur les conseils de leur médecin pour se remettre des fatigues de la cure. J'avoue ne pas leur avoir demandé où ils vont aller ensuite se remettre de la semaine d'ennui aux Isards.
Je vous promets quant à moi que je ne resterai pas ici une heure de plus que ce que votre générosité m'accorde.
A part parcourir la gazette du chasseur alpin, et errer parmi les autres clients de l'hôtel, à la recherche d'un éventuel partenaire au billard ou au jacquet, la distraction est rare, étant donné que le plus proche cabaret est à cinq kilomètres. Je reconnais bien là votre prévoyance, assurée que vous êtes que ces cinq kilomètres en pleine nature sont au-dessus de mes forces, aussi soif que j'aie. Je rends une fois de plus hommage à la multiplicité de vos talents.
Enfin, hier, par un effort surhumain, j'ai décidé d'aller peindre dans la nature, puisque tel est votre souhait. J'ai donc loué un âne pour porter le matériel, et son ânier, en la personne d'Edouard, le jeune frère de l'aubergiste, un garçon assez simplet et souriant qui fait ici office de bon-à-tout-faire.
Il faut que je vous dise que j'ai eu une bonne surprise quand le propriétaire m'a proposé d'utiliser un grand chevalet qu'un de leurs habitués laisse à l'année dans l'appentis. Il s'agit d'un pianiste Ecossais, Lord Mac-je-ne-sais-quoi, qui entretient pour la peinture une passion secrète, (que je qualifierais de "coupable" tant ses croûtes sont infâmes). Il vient là chaque printemps exercer son "hobby". Quelques-uns de ses paysages, vivement colorés à la façon des almanachs, ornent la salle à manger.
"Allez donc au bout du haut" a suggéré l'hôtelier. Et nous y partîmes de bon matin, Edouard, moi, et l'âne équipé d'un invraisemblable harnachement de sangles pour maintenir le chevalet, un siège pliant et une toile arrimés par-dessus, et chargé d'un double panier enjambant son dos pelé, l'un contenant les provisions, l'autre mes précieux tubes, pinceaux et chiffons.
"Le bout du haut" porte bien son nom : c'est haut, et c'est le bout du monde. J'ai demandé à Edouard si la prochaine fois on irait au "bout du bas", mais il m'a regardé d'un air niais et vaguement inquiet, et mes efforts de conversation se sont limités là.
Donc nous déballâmes le matériel sur un terrain ras et pentu, une sorte de steppe boueuse à peine garnie de maigres sapins.
Et là je fus pris de désespoir !
Il est possible que le lord pianiste-peintre trouve quelqu'agrément à ce lieu au printemps, surtout si d'aventure une bergère y folâtre, mais en cette saison, Mère, non seulement il fait un froid à être changé en statue sur le pliant, mais tout est MARRON.
Vous savez, depuis notre expédition à Barbizon, combien le vert m'écœure, par son agressivité, et me désespère à reproduire sur la toile tant il a de variantes, en se mariant sournoisement à toutes les couleurs de l'arc en ciel, de telle façon que, si vous commettez une erreur minime, votre paysage sonne faux.
Mais le marron, mère, je l'exècre. Ce n'est pas qu'il soit difficile à rendre, mais il pue la pourriture, la rouille, et la décomposition.
Pourtant j'aime le brun, qui s'unit voluptueusement au doré du bronze, au bleu insondable du café, au rouge profond et mystérieux de la laque de Chine, ainsi qu'à l'infinité des reflets dans les chevelures des brunes.
Mais dès qu'il s'y mêle une pointe d'ocre, il devient un marron répugnant.
Pour couronner le tout il s'est mis à pleuvoir. J'ai donc ordonné à Edouard de remettre tout le fatras sur l'âne, et, soulagés tous les trois, sommes redescendus par la route. C'est un peu plus long, mais au moins nous avons pu faire halte dans l'épicerie-buvette d'un hameau pour déballer nos provisions à l'abri. Ma foi, chère mère, vous eussiez apprécié autant que moi le petit vin de pays.
Aujourd'hui, il pleut encore. Ce qui me laisse le loisir de vous écrire longuement. Heureusement, Edouard, qui semble barboter à l'aise dans ce climat aquatique, a accepté d'aller faire pour moi dès demain de menues emplettes au village, il est ravi de recevoir quelques pièces. Nul doute qu'il y trouvera de quoi me distraire un peu. Et je ferai son portrait.
Je vous laisse donc, ma chère mère.
Dites à la butte combien elle me manque, soyez sage, et ennuyez-vous un peu de moi.
Votre fils affectionné
Maurice
rappel :
1. dans l'extrait du film "out of Africa" qui figure sur la page d'accueil dans la colonne de droite, Karen Blixen disait, par la bouche de Merryl Streep : quand je raconte une histoire à mes nièces, je leur demande toujours de me donner la première phrase....
Alors, passant qui passe, le plus souvent sur la pointe des pieds, voudrais-tu jouer, et pourrais-tu proposer la première phrase d'une possible histoire ?
soit dans un commentaire ci-dessous, soit en utilisant le formulaire "contact " ci-contre à droite, ou autrement
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2. Les phrases proposées
Le jour était parti en laissant derrière lui, ses écharpes de brume... Nina
Le vieux Joe prit son banjo au rocking-chair dans la soirée chaude d'un été, sa femme quitta son tablier...Jill
Elle ouvrit la fenêtre et se pencha un peu... Quichottine
Il faut se faufiler, se gondoler en toute fluidité, se glisser... Aimela
Elle saisit la loupe. Martine27
C'était samedi le jour où elle va voir son frère en résidence... Solange
Ma nièce m'a dit: "Voudrais-tu me prêter ta robe de dentelle, tu sais, celle d'autrefois, toute garnie de volants, quand tu allais au bal..." Lorraine
Félix avait toujours cru qu'il disparaîtrait avant son arbre ....Martine du JdV
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Un soir à Tara
Ma nièce m'a dit :
- "Voudrais-tu me prêter ta robe de dentelle, tu sais, celle d'autrefois, toute garnie de volants, quand tu allais au bal ? Allez,
Tante Scarlett, s'il te plait, tu avais promis que tu me permettrais de la mettre quand j'aurai seize ans.
Je les ai eus hier.
Tu es tellement belle dans cette robe sur le portrait en pied qui est dans le hall de Tara. Je voudrais la mettre pour aller à la fête aux douze
chênes ! Tu ne la mettras plus, puisque tu ne portes plus que du noir…"
Je regardai ma nièce Mélanie, toute excitée à l'idée de son premier bal. Je n'étais pas sûre que le blanc crémeux qui allait si bien à mon teint de
brune soit exactement ce qui siérait à sa pâle peau de blonde. Elle ressemblait à la pauvre Carreen.
Je doutais d'ailleurs qu'elle ait la taille assez fine pour entrer dans la robe.
-" Allons", lui dis-je, "sortons là du placard".
- "Quelle merveille" dit-elle, en dépliant le papier de soie qui l'enveloppait.
Elle saisit la loupe sertie d'écaille sur le petit bureau en bois de rose.
-" Incroyables, ces petits points délicats. Est-ce toi Tante Scarlett qui les as cousus ?"
- " Bien sûr que non, c'est Mamma et Odalia qui ont tout fait.
Tu sais, ces robes anciennes sont très ajustées, baleinées pour hausser la poitrine, c'est tout un art pour les enfiler, Il faut se faufiler, se
gondoler en toute fluidité, se glisser. Ensuite il faut une poigne solide pour lacer le dos. C'est Mama qui me le faisait, autrefois. Et je m'abstenais de respirer toute la
soirée.
-" J'y arriverai, j'y arriverai " chantonna-t-elle, en sautillant comme une gamine sur le dallage à carreaux comme à la marelle.
Elle ouvrit la fenêtre et se pencha un peu...
-"Tante Scarlett, cria-t-elle, j'aperçois Mamma qui monte dans la calèche, où va-t-elle? J'ai besoin d'elle demain pour lacer la robe !"
Je me rappelais que c'était samedi, le jour où elle va voir son frère en
résidence.
-"Tu sais bien qu'elle va voir le pauvre Félix chez les sœurs, à Atlanta. Il ne va pas fort ces derniers temps. Tu te souviens de Félix ? Il était si
serviable avant de recevoir ce coup de baïonnette …"
-"Mouais, sacrément fêlé !!! Il priait devant le grand chêne près du portail, je l'ai entendu plusieurs fois l'appeler " mon grand bon
Dieu"."
- "Félix avait toujours cru qu'il disparaîtrait avant son arbre. Et puis un soir, la foudre a fendu l'arbre en deux, il a fallu
le couper. Et Félix est resté prostré pendant des jours.
Il fait moins chaud, Mélanie, veux-tu faire quelques pas dans l'allée ?"
J'aimais bien Mélanie, de qui j'étais curieusement plus proche que de Ella, ma propre fille. Elle avait le visage pâle et romantique de ma sœur
Carreen, mais une impétuosité qui me rappelait la mienne à son âge.
Le jour était parti en laissant derrière lui ses écharpes de brume qui s'effilochaient au loin sur les champs de coton.
Nous passâmes devant la maisonnette de Joe, le gardien. Il avait orienté sa jolie terrasse de bois de façon à bénéficier de la brise qui arrive
certains soirs du lac Sidney Lanier. Une lampe à pétrole était suspendue à l'angle du toit, assez loin, pour canaliser vers elle les nuées de moustiques.
Dans l'ombre on voyait rougeoyer le bout de son cigare.
Je revis cette fois, du temps du bonheur, où toute la famille était réunie sur la pelouse : le vieux Joe prit son banjo au rocking-chair
dans la soirée chaude d'un été, sa femme quitta son tablier et se préparait à nous servir une citronnade rafraichie, quand des soldats étaient arrivés du village en tirant des coups de fusil
: "C'est la guerre !!!"
Allons, le vieux sud était encore vivant.
-"Joe, dis-je à l'ombre noire sur la terrasse, Joe, je te prie, peux-tu nous jouer " oh Suzannah" ?"
réédition
Simone en a sa claque du concert du nouvel an.
Elle déteste les Valses de Vienne. Mais, comme chaque année, son mari, Albert, a invité sa mère au déjeuner du nouvel an. Et pas de déjeuner du nouvel an sans concert du nouvel an !
Mère et fils somnolent sur le canapé à côté du portait du petit père du peuple qui n'a jamais quitté Albert depuis son adolescence.
Simone en profite pour changer de chaîne.
* Télé 51 - émission juke-box : Enrico Macias déchaîné pousse des youyous enthousiastes pour accompagner un groupe de rock touareg.
Albert se réveille à demi.
- c'est les girls du Crazy ?
- mais non, mon gros, rendors toi, le Crazy c'était hier. Et maintenant c'est tintin jusqu'à l'année prochaine…
* ARTE - Longue vue, animé par Antoine, destins fulgurants de grands aventuriers, toujours prêts à larguer les amarres pour aller présenter des lunettes de soleil sous les cocotiers.
* Canal Z - "Guillemets", un copié collé d'Apostrophes. En beaucoup plus moderne. Patrick Sébastien a invité sur la grande roue quelques personnalités de l'année, afin de commenter le bêtisier des bêtisiers. Ce qui renouvelle le genre.
Pour avoir été un temps (exactement du 13 avril 58 au 13 avril 59) la petite amie d'un perchman de l'ORTF, Simone sait bien comment cela se passe. L'assistante de l'animateur fait son marché dans les people à louer de l'agence "Select", selon le budget de la production.
Visiblement Georges Clooney doit être au dessus de leurs moyens !
Parce que là on voit dans la première nacelle Bernard-Henry Levy et Mireille Mathieu, et on les entend parler d'omégas 3 pendant le générique ; dans la seconde Léo, de la Star AC, en blouson de peau retournée rose, et le Dalaï lama, souriant et un peu frigorifié, ont l'air de bien s'entendre ; et dans la suivante !!!! Horreur ! Mais c’est cette grosse vache de Mathilde de Blautschild, dans une fourrure blanche, hilare et à demi vautrée sur l'animateur !
Une bonne haine fait plus d'usage que l'amour. Elle
peut vous soutenir toute une vie.
C'est le cas de la haine que Simone Maraîcher voue à Mathilde de Blautschild, haine toujours aussi vivace qu'au premier jour.
Tout avait été parfait ce 12 avril 1958 : Simone Martin avait été élue Miss Chic Français,
tandis que Mathilde Durand devait se contenter du titre de première dauphine.
Tout s’était bien passé, à part la peignée homérique qui avait jeté sur la scène miss Chic Strasbourgeois et miss Chic Rouennais échevelées et la couronne en bataille, devant un public ravi de
l'incident.
Seulement voilà ! le baron de Blautschild, président de la manifestation, avait ensuite convié Miss Chic Français et sa dauphine à un dîner fin au "tire bouchon", annexe très privée du Crillon, où se traitent et se sous-traitent nombre de contrats que la finance et la morale ignorent. Et au mépris de la hiérarchie, ce sémillant banquier aux tempes argentées s'était entiché de la première dauphine, au point de l'épouser, et d'en faire l'arbitre des élégances du Tout Paris…
Tandis que Simone était repartie ce soir là avec Claudio, stagiaire perchman à l'ORTF, avec qui elle vécut une aigre romance dans un studio humide, avant de rencontrer Albert Maraîcher, présentement endormi sur le canapé, entre l'auteur de ses jours et le portait de Joseph Vissarionovitch Djougachvili.
Voir Mathilde parader lui est insupportable. Simone remet le concert du nouvel an.
La marche de Radetsky réveille les dormeurs.
- Simone, j'ai la dalle ! dit Albert.
au passant égaré...
C'est à dire toi, que Google a guidé jusqu'ici, parce que tu lui as demandé "soubrette de charme", ou encore "grosses fesses", pour ne citer que les émanations les plus poétiques de tes promenades nocturnes sur la toile...
Sache que je ne peux rien pour toi, et j'en suis désolée.
Certes tu trouveras peut être ici, si tu veux te donner beaucoup de peine, (mais je pense que ta quête est beaucoup plus urgente), quelques allusions libertines, mais vraiment à dose homéopathique, pour ne pas dire subliminales. (Pense quand même à effacer l'historique de navigation au cas où ta Maman aurait la malencontreuse idée d'aller jeter un œil sur tes révisions de bac)
Mais puisque vous êtes là, viendez donc prendre un petit verre, c'est la maison qui offre !
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